Remarques et commentaires sur les propos du Prof. Uwizeyimana Laurien sur Radio Urumuri

Remarques et commentaires sur les propos du Prof. Uwizeyimana Laurien sur Radio Urumuri (Emission intitulée « Prof. Uwizeyimana Laurien-Umwuka waliho watumye intambara y’inkotanyi yarabaye ndetse zikanayitsinda ».

 

Je m’adresse à tous les intellectuels et aux chercheurs en particulier.

 

Je les entends souvent déclarer sur les radios, TV, médias, réseaux sociaux, journaux, … : „Ndabizi“, « ndi umushakashatsi ». „nabikozeho ubushakashatsi“. Et puis c’est la grande déception. Ngo « utajya ibwami abeshywa menshi ». N’importe qui peut chercher, mais il ne devient pas pour autant chercheur. Tout diplômé d’université n’est pas chercheur. Un chercheur est, par définition, une personne qui se consacre à la recherche scientifique, par exemple chercheur de l’ISAR, de l’Institut Pasteur, … La fonction de chercheur répond à une déontologie particulière, comme dans toutes sciences, également dans la sociologie et la science politique.

 

Pour mériter ce titre de chercheur, il est nécessaire d’adopter une démarche scientifique car „la science se construit contre l’évidence, contre les illusions de la connaissance immédiate. Le chercheur doit se détacher de ses préjugés qui se sont construits sur la base d’expériences passées, qui peuvent altérer son objectivité. Accéder à la science, c’est accepter d’oublier qui l’on est, d’où l’on vient, et surtout ce que l’on croit savoir. “ (Gaston Bachelard : La formation de l’esprit scientifique (1938), Vrin, 1983).

 

La recherche est sincère et honnête. Il y a un effort personnel et original. Les résultats sont authentiques, les références claires, l’apport personnel est visible. Le texte n’est pas surchargé de références de « seconde main » ou de développements d’origine douteuse. Ce n’est pas un « véhicule d’occasion ». C’est peut-être une voiture de cylindrée modeste, mais neuve…“.  

 

Cela sous-entend qu’un chercheur suit plus ou moins quelques étapes : faire des observations, poser des questions, recherche des données déjà collectées par d’autres chercheurs, décider d’une hypothèse, recueillir des données, les analyser, tirer des conclusions après avoir interprété les données.

 

Si un chercheur s’éloigne de cette démarche, il risque de manquer d’objectivité et de rigueur scientifique.

 

Pourquoi un journaliste (dans notre cas ce sera Simpunga Aloys de Radio Urumuri) recherche un expert (ici Prof. Uwizeyimana Laurien) sur un sujet ? Parce qu’il croit ou du moins suppose, que celui-ci (un professeur, chercheur polyvalent de surcroît) ne va pas inventer ce que sa recherche n’a pas démontré.

 

En effet, il ne faut jamais mentir car ça finit toujours par se savoir et le public perdrait confiance en vous et éviterait de vous écouter une nouvelle fois. On ne sait jamais exactement à quel public on s’adresse. Dans ce public, il peut y avoir des gens qui en savent aussi bien ou même plus que vous sur le thème que vous traitez. Alors, pour être crédible, s.v.p., chers chercheurs, ne communiquez que sur des faits réels, utiles, vérifiés et vérifiables.

 

Même dans l’emballement et l’enthousiasme, ayez un plan de votre exposé. Cela vous évitera de présenter vos idées dans la confusion. Pensez également à ce vous voulez que le public retienne. Ne vous contentez pas de donner une information avant d’ajouter : simbizi, sinamenya, niko bavuga. Enfin, revoyez-vous dans l’interview, vous serez étonnés de ce que vous avez dit.

 

Michel Foucault, philosophe français constate que «Contrairement à « l’intellectuel universel », autrefois un simple écrivain qui a un avis sur tout, « l’intellectuel spécifique » s’immisce dans des secteurs déterminés3: il se politise là où il dispose de savoirs spécifiques3, ou bien là où il exerce ses compétences professionnelles3. C’est un intellectuel « modeste »3 qui ne cherche pas à s’ériger en conscience universelle3, surtout lorsqu’il s’aventure en dehors de son domaine universitaire.

Ceci dit, je vais baser mon analyse sur un exemple pour illustrer mon propos.

Un jour du mois d’août 2020, Radio Urumuri (Simpunga Aloys) présente l’intervenant : „Laurien Uwizeyimana, Umuntu w’umuhanga, w’i Nyaruhengeri, i Kansi. Professeur, chercheur polyvalent. “

Je le connais. Il est hautement qualifié pour susciter ma curiosité. Il a fait ses études en Géographie à l’IPN (bachelier) puis à l’UNR Butare (licence). Professeur à l’IPN jusqu’à la fusion en 1981 et professeur à UNR Nyakinama jusqu’en 1994. Doctorat par intermittence comme beaucoup d’autres professeurs à l’UNR. 3ème cycle à Toulouse.

Le journaliste de la Radio Urumuri (Simpunga) poursuit : „Icyatuzinduye ni ukugira ngo twumve neza, impamvu zitandukanye zatumye abanyarwanda twinjira mu bihe byatugoye. (….) Intambara yavutse taliki ya 1/10/1990, FPR Inkotanyi zateje zivuye i Buganda. Ese ntabwo FPR Inkotanyi zashoboraga kutayigaba ? Abari mu gihugu ntako bashobora kuyirinda, cyangwa se ngo bayiburizemo itaratangira ? Ese mu gihugu byari byifashe bite, ubutegetsi bwari bwifashe gute ? Ese mu gihugu, mbere batararyana, intambara itaraza ngo ibaryanishe, bo ubwabo babanaga bate? “

Intéressantes questions ! J’imagine que le professeur savait le sujet à traiter lorsque le journaliste l’a invité. Par conséquent, qu’il a eu le temps de se préparer et de rassembler les informations concernant le sujet. Donc que les réponses seront à la hauteur de la qualité d’un chercheur et des attentes du public. Je m’accroche sur mon siège pour l‘écouter pendant 1 heure 44 minutes, ce qui dépasse largement ma patience habituelle. J’entends souvent le journaliste ramener l’intervenant qui dévie sur le sujet du jour. Celui-ci persiste, il veut parler de tout à la fois. Enfin vers les dernières minutes, le professeur se ressaisit et se souvient qu’il doit être plus académicien qu’un conteur de fables.

« Dukeneye ukuri kutubakiye ku binyoma », dit le professeur assez souvent. Je ne critique absolument pas cette déclaration de foi, je dis tout simplement que ça me choque de voir de plus en plus de « chercheurs » abuser de leur notoriété et de l’ignorance du public pour l’enfumer avec du n’importe-quoi.

Alors, aidez-moi à trouver une trace de recherche de la vérité (ukuri) dans l‘exposé en question.

 

  1. Sur la forme :

* Les explications sont simplistes, lapidaires et souvent superficielles :

  • Les réfugiés rwandais auraient voulu rentrer parce que dans les pays voisins « ntacyagendaga » :

Cela veut dire quoi ? A quel(s) point(s) de vue ? C’est très vague, une expression où chacun peut comprendre ce qu’il veut.

 

  • Des raccourcis et associations gratuites, imaginaires pour justifier de fausses informations :

Le fait d’expliquer les soi-disant mésententes chez les Bashiru dans la 2è République par les rivalités du début du 20è siècle ou même d’avant au sein des lignages…

 

« Ntabwo bumvikanaga… »

« Bararwanaga buri gihe… »

 

Où sont des preuves ? Comment cela s’est manifesté au fil des années (quand, où, dirigés par qui) ?

* Quel crédit peut-on accorder à des propos basés sur des on-dit, on m’a dit… ils n’ont pas de place dans le discours de quelqu’un qui a fait des recherches :

Bavuga ko“, « Niko abantu bavuga », « Barabivuga ko ngo… », « Biravugwa … »

(43′)Nsekalije bavuga ko ari umututsi, ko muri 1988 yinjiye mu nkotanyi, niko abantu bavuga. Icyo nshobora kwemeza ni uko mushiki we, yanyibwiriye ati « muri 1994, urugo rwacu rwarindwaga n’Inkotanyi. » Simpunga : « Urugo rwahe? » Laurien : « Hariya i Kigali niba ari i Remera, simbizi. »

 

* A certains moments, on est même dans la pure manipulation, avec une accumulation d’imprécisions :

Wumvise ko bavuga ko Prétendre que l’auditeur connaît aussi l’information qui reste malgré tout non étayée, non vérifiée : Qui ? Où ?

(49.00) „Hari biriya by’AbanyaGitarama, wumvise ko bavuga ko Lizinde atashoboraga kugenda ngo abwire Biseruka ngo nafate abasilikari, ngo nibagire gutya, ni Etat-major ibikora.“

 

Hari abavuga ko : (46 :41′) „Reka mbikubwire rero, uwitwa Sagatwa, ngo we ni Umuzirankende, ariko nyina ni Umugogwe. Niko bavuga. Hari abavuga ko yahaga Inkotanyi …, urumva yageraga hose, ahubwo hari n’uwambwiye, ati « njyewe, uriya muntu ntagomba kwinjira muri Etat-major, kandi ubona ukuntu yari iruhande rwa Habyarimana. »

 

* L’appui sur des sources imprécises :

En parlant des lignages (amoko) du Bushiru et des conflits entre eux, il dit :

Nahimana Ferdinand, nawe yanditse igitabo cy’aho ngaho : quel est le titre du livre ? dans quel chapitre, et surtout dans quel contexte traite-t-il les lignages, clans et familles du Bushiru et leurs conflits du passé récent et lointain ?

Nakoresheje umunyeshuri witwaga Alexis Hakizimana, sinibuka izina rye, wakoze mémoires ku Bushiru : et…c’est tout !

(31.45′) „Ba uretse, ntiturabigeraho, ndatinya iki se ? Kuko ibyabaye ni ukubivuga. Njyewe naravuze nti baravuga Serubuga, ko tuzi ko ari Abashiru bishoboka bite ko bakwica undi Mushiru nkabo. Ntangira kubitekerezaho, nsanga bariya twavugaga ko bari hamwe, ari « panier de crabes« , ni panier de crabes zimwe zirirwa ziryana. Nakoresheje umunyeshuri kera witwaga Alexis Hakizimana, sinibuka izina rye, wakoze mémoires ku Bushiru. Hari na Nahimana Ferdinand, nawe wanditse igitabo cy’aho ngaho. Hakaba n’abantu benshi twavuganye b’aho ngaho. Nicyo cyatumye mvuga nti twari tuzi ko ari abantu bumvikana, naho ari panier de crâbes, iri hejuru mu butegetsi mu Rwanda. “

 

Qu’est-ce qu’ils ont dit qui soutient le propos avancé ? N’est-ce pas une façon de donner l’illusion d’utiliser une source documentaire existante, mais sans vraiment prouver une vraie concordance ou convergence ?

 

* La déformation de la vérité et le mensonge dans les propos sciemment attribués à un ancien chef de l’Etat :

Le président Habyarimana aurait dit dans un meeting à Ruhengeri, le 15.11.1992, que les accords d’Arusha étaient « igi chiffon umuntu yakaraga akajugunya mu musarani… » !

„Habyarimana nawe akora amakosa. Akora diskuru mu Ruhengeri, ngo ni chiffons. Ni igipapuro umuntu yakaraga akajugunya mu musarani. Nyuma yisubiyeho. Inkotanyi, Arusha ntacyo yari ibabwiye. “

Comment inventer de tels mots dans un sujet aussi sérieux et hautement sensible ? Le discours existe ! Que le Prof. Laurien l’écoute encore !

« Turashaka rwose ko amahoro yagaruka mu Rwanda. Niyo mpamvu dushyigikiye iriya mishyikirano ibera Arusha. Birirwa bavuga ngo MRND ntishyigikiye imishyikirano. Yabyerekana ite kugira ngo yerekane ko ishyigikiye rwose imishyikirano ? Nanjye ubwanjye mu izina rya MRND, mvuga ko MRND ishyigikiye imishyikirano (amashyi). Nanjye ubwanjye ndayishyigikiye kugira ngo izatugeze… itugeze ku mahoro koko. Ariko amahoro si impapuro, amahoro ni ku mutima wawe. Amahoro azaza ari uko Abanyarwanda bumvise koko ko uwagiye kubavugira Arusha yabavugiye ibyo bashaka, ko atavugiye ishyaka iri n’iri. Ko yabavugiye ahubwo ibyo bumvikanyeho muli Guvernoma. Nicyo tumusaba. Ntagende afindafinda ibintu ngo yazanye urupapuro ngo ubwo azanye amahoro. Amahoro se ni urupapuro. (amashyi n’impundu). » (Le président Habyarimana à Ruhengeri, le 15.11.1992)

 

Il n’y a aucune ombre d’un doute que Habyarimana appelait son peuple et les négociateurs à intérioriser les accords de paix. Il y croyait et il les a signés le 4.8.1993. Plus tard, son pressentiment ne fut-il pas confirmé par les faits ? „Inkotanyi, Arusha ntacyo yari ibabwiye“, “ kuri Kagame, Arusha ntacyo yari imaze“. Les accords d’Arusha furent enterrés après la mort du président.

* Des confusions étonnantes :

Répondant à une question sur les relations entre les Rwandais avant la guerre, il donne ses avis, quelques preuves à l’appui, mais la confusion est totale :

(1.27′.26 ») „Mbere y’intambara, rwose nta kibazo cyari gihari. Iwacu hariya, barashakanaga. Hari mushiki wanjye baramundeze, ngo yarongowe n’umututsi, abahutu banshira urwo gupfa, bandega ngo nakubise bourgmestre mu Ruhengeri, ngo Abakiga ndabanga, banshira urubanza hariya i Butare. Ikindi ngo narongoye umututsikazi.“

 

  • Mushiki wanjye baramundeze, ngo yarongowe n’umututsi: abahutu banshira urwo gupfa, (façon de parler bien sûr… mais, quelle contradiction au passage !)
  • Bandega ngo nakubise bourgmestre mu Ruhengerisans préciser quel rapport avec le sujet?

En résumé, on est en présence d’un discours qui, tout en s’appuyant sur des éléments ou faits qui ont marqué un passé récent du Rwanda et bien souvent connus de beaucoup de rwandais, a versé dans des explications et considérations hasardeuses et tendancieuses. A qui était-il destiné ? Quel en était le but ?

Le Prof. Uwizeyimana a manifestement « livré » une commande qu’il a cherché à « pimenter » et à bien habiller pour qu’elle convienne bien à une audience avide de sensationnel ou de matière susceptible de créer encore la zizanie au sein d’une partie de la diaspora rwandaise qui semble vivre plus ou moins harmonieusement en exil. Comment expliquer autrement cette volonté de vouloir susciter l’émotion en dramatisant à outrance ?

Ce dialogue entre Mayuya et son assassin est ahurissant !

„Akandi katuma ibintu bimwe twabyumva cyangwa abantu bakabyumva kurushaho. Kakaba kagera kuri byinshi ni urupfu rwa Mayuya. Ku italiki 19/4/1988, Colonel Mayuya yarashwe n’umu-sergent witwa Birori mu ma saa saba, asohotse mu biro bye, aramubaza ati rwose urampora iki? Undi aramurasa aramwica. “

 

Le Prof. Laurien fait penser à une scène de légende (umugani) … la subjectivité a pris le pas sur l’objectivité ;

Encore un exemple :

„Ndibwami rero twaraganiriye, yewe yewe yarafite urwango ruteye ubwoba. Uwari kumuha Serubuga yari kumusya akamukuramo ivu akarinyanyagiza. Twarivuganiye si ibyo mpimba. “

 

Cette subjectivité apparait dans l’utilisation des termes d’injure et de diffamation : ex. panier de crabes (collectivité dont les membres se détestent et cherchent à se nuire à tout prix).

Simpunga: Mayuya bamwishe kubera iki?

Laurien: Reka se nkomeze, uribuze kwihitiramo, kuko igisubizo sinkizi. Abo bashyizeho ni uwitwa Nkuliyekubona BEM, Mutambuka, bombi ni abanyaByumba, bashyiraho rero n’undi witwa Ndibwami, …, ni we wategekaga abaGP barindaga Habyarimana. Ubwo bakoze enquête basanga, ariko urumva ni …, ngo biragana kwa Agata na Serubuga. Abo bantu uko ari batatu twarahuye, narababajije “.

„Icyo gihe bamaze kwica Mayuya, nibwo Kajeguhakwa yamubwiye (Pasteur Bizimungu) ati ushobora kwihorera, ngwino tukwereke aho wihorera. Nibwo agiye mu nkotanyi. Na Bagosora yigeze gushaka kugenda kubera ko nta mwanya ugaragara bamuhaga. Bagosora ni Umugesera w’Umuzirankende“.

Et après ces révélations, silence radio !

Un chercheur digne de ce nom doit éclairer l’opinion. Il ne profite pas de la tribune qui lui est offerte pour régler des comptes ou exprimer ouvertement ses positions politiques ou ses rancœurs.

Quand on force sur ce registre, c’est qu’on n’a pas assez de vérité à dire, qu’on manque d’apports originaux dignes de foi ; on comble alors les vides en touchant à tout, en se répétant, en se contredisant, en se laissant aller à l’exagération, en affirmant des propos non vérifiés (au moment de la mort du Colonel Mayuya en avril 1988, le Colonel Ndibwami n’était plus commandant de la Garde présidentiel. De plus le Colonel Ndibwami n’a pas fait partie de la Commission d’enquête sur les auteurs et les causes de l’assassinat du Colonel Mayuya).

Le résultat est là : le propos est décousu ; le discours est une collection d’approximations, de ragots et de contenus invérifiables (apparemment le Prof. Laurien est le seul à avoir parlé aux personnes ressources et croit être le seul à les connaître). Forcer l’argumentation, inventer des paroles de quelqu’un ou les travestir, c’est tout le contraire de ce qu’on attend de quelqu’un, chercheur de son rang.

 

  1. Sur le fond

Je reviens sur les cinq thèmes de l’émission, thèmes traités exprès avec amalgames, demi-vérités et fausses informations, indignes de la qualité d’un professeur, d’un chercheur polyvalent.

 

  • Ikibazo cy’amoko mu Bushiru

Le professeur Laurien parle des luttes intestines et séculaires entre Abashiru eux-mêmes en les comparant à un « panier de crabes » (collectivité dont les membres se détestent et cherchent à se nuire à tout prix). Il visait à les insulter et les discréditer, rien de plus.

Il dit que Abashiru Sagatwa et Bagosora allaient partir (ngo bari bagiye kugenda). Ils partaient où ? quand ? Selon le Prof Laurien, ils allaient rejoindre le FPR parce que Pasteur Bizimungu venait de suivre Kajeguhakwa! Imaginer que le chef de sécurité du président, de surcroît son beau-frère (le Colonel Sagatwa), et celui que la propagande bien ourdie, nourrie et soutenue allait par après appeler et tenir comme l‘auteur de l‘ “Apocalypse“ (le Colonel Bagosora), allaient aussi tous deux rejoindre le FPR inkotanyi, c’est de la démence ! Et quand c’est un professeur attitré qui le dit, ça donne à réfléchir !

Simpunga, étonné : « Ibyo uzanye ni imvugo nshyahya. Ndetse n’Abazungu, n’abitwa ngo ni abashakashatsi, abahanga mu bibazo b’u Rwanda, icyo kintu ntabwo bigeze, nanjye ndasoma ariko ntaho nigeze mpurira nabyo. »

 

„Ababakomokaho b’Abagesera-Bazirankende ni Sagatwa, Mbonabaryi, Bagosora, Buregeya, na ba Zigiranyirazo. (….). Serubuga ni Umubanda w‘Umuhoma, Rwendeye, Mayuya, na Pasteur Bizimungu agomba kuba ariho akomoka, (…). Bagosora ni Umugesera w’Umuzirankende. Ntabwo bumvikanaga. Serubuga ni Umubanda, ni Umushiru, ariko ni Umuhoma. Ntuze ni uwo mu Bwanamwari. Ntabwo bumvikanaga cyane. Bashoboraga gusubiranamo. Bashobora kuba bafitanye inzigo twe tutazi, kuko bararwanye kera, bararwanaga buri gihe“. …  » Ibyo byose wabiteranya ugasanga mu by’ukuri, bariya bategetsi b’Abashiru, twavugaga ngo ni Akazu, nta kazu karimo. »

Certes, Abashiru ne formaient pas Akazu (une fiction de l’opposition inventée pour la propagande politicienne) et il ne paraît jamais nulle part une ombre de conflit profond entre eux et surtout pas de conflit de type inzigo ! « Inzigo » signifie ressentiment, rancune, haine atavique implacable contre un meurtrier ou un malfaiteur, qui peut entraîner une vendetta (Cf. Nyamunini, Dictionnaire bilingue et encyclopédique kinyarwanda-français, 2019). Abashiru (du moins ceux-là dont les noms sont cités par le Prof Laurien dans l’émission) ont fréquenté les mêmes écoles, ont fait carrière ensemble dans la politique et/ou l’armée, participé ensemble dans les activités socio-culturelles de leur région natale, le Bushiru. Les révélations du professeur sont tout à fait étranges en soi.

(41′) „Habyarimana we ni umuntu wavuye i Buganda, muri Kigezi. Nta ngufu ahafite na busa. Nyina ni Umuzirankende. N’umugore we ni Abazirankende.“

 

Sur ces propos ci-haut affirmés par le Prof. Laurien, laissons Abashiru (dont certains sont membres de ces familles) parler d’eux-mêmes et démentir le professeur :

Max Segasayo, Umugesera w‘Umuzirankende (lire dans les commentaires sur l’émission en ligne) :

„Nibyo koko twicengezemo iyo nyigisho yawe : kworoherana ariko duhereye ku gushaka ukuri. Gusa harimo twa détails (tutari na ngombwa cyane kugira ngo umuntu atohoze amateka) ushyiramo utwita ubushakashatsi kandi ari rumeurs zidafite ishingiro. Urugero dufatiye ku byo wavuze ku Bushiru: Ntabwo Bwanamwali yigeze yomekwa kuri Kingogo. Amateka avuga imirwano yabaye rimwe gusa ihuza ingabo za Bwanamwali n’iz’u Bushiru. Zigiranyirazo na Sagatwa ni Abagesera b’Abazirankende. Ariko ntabwo bari muri lignage ya Nyamakwa. Bagosora si umugesera-muzirankende. Ni Umusindi w’Umusigi. Buregeya ni Umusinga w’Umuyovu. Nibyo Nsekalije we ni Umwega kandi mu Bushiru hari Abega benshi b’Abahutu nka Nzabagerageza witiriye kuba umwungura nka Habyarimana. Ibyo tuzi ni uko sekuru wa Habyarimana, Rugwiro, yaje ari mu bakozi bazanywe n’abapadiri bari baje gushinga Misiyoni ya Rambura muri 1912. Ahageze yakirwa na bene wabo b’Abungura. Mu karere ka Rambura bitwa Abashyushya. Pour votre gouverne, Abungura, c’est le deuxième clan le plus important démographiquement, après celui des Bagesera-Bazirankende. Kuvuga rero ko Habyarimana nta bene wabo agira mu Bushiru si ukuri. Icyo narangirizaho ni uko wazareba mu gitabo cya Alexis Hakizimana wavuze ko yabaye umunyeshuri wawe. Mu gisekuru cya ba Nyamakwa bo mu Bushiru nta Manyoli urimo. Harimo Gasiga ka Gasani wa Kimenyi cya Bazimya wa Ruregeya, bamwe mu bami ba nyuma bo mu Gisaka. Icyo wavuze ngira ngo nshyire imbere ni uko le Bushiru est une terre d’immigration. Kandi ababuhanze bakabugira igihugu nta handi bakomokaga usibye muri Rwanda central (à l’Est de la Nyabarongo) uhereye kuri Ndiza na Nduga biri aho hafi. Hari n’Abagesera baturutse mu Gisaka. Amateka yacu ni insobe“.

 

Valens Maniragena, Umwungura w’Umushyushya :

„Ibyo Max avuga ni byo. Aho tudahuza ni aho avuga ko Rugwiro yazanye n’abapadiri baje gushinga paroisse ngo akakirwa na na bene wabo b’Abungura. Ibyo sibyo. Vers la fin du 19ème siècle umuryango w’Abashyushya wari utuye mu Birembo. Baje mu Birembo bavuye ku Mwiyanike bamaze kugirana amakimbirane na la famille frère yaje kuba Abungura b’Abaramba (les Mpabanzi …). L’autre famille yabahunze yaje kwitwa Abungura b’Abashyushya. Abapadiri baje basanga Abashyushya batuye aho mu Birembo. Rugwiro mwene Ruhara rwa Ndabateze wa Mahinda wa Mpaka yahawe akazi n’abapadiri kubera ko yari yayobotse idini. C’est ainsi que la famille de Rugwiro est restée à Gasiza et Birembo alors que les autres membres de la famille y’Abashyushya s’est continuellement déplacée vers l’ouest à la recherche des terres au fur et à mesure que les familles s’agrandissaient. Ils se sont installés d’abord à Kinihira, puis à Linganiza, Kiraza, Rebero, Manyegamo et Buremera. C’est à ces endroits où étaient concentrés les familles des Abashyushya dans les années 1960. “

 

Max Segasayo :

“Ko Rugwiro yazanye n’abapadiri nakomeje kubyibazaho ariko mbura uwanyunganira. Iby’uko Abungura b’Abashyushya baje baturutse muri Sud (côté de Birembo, donc bahunga bene wabo b’Abaramba bo ku Mwiyanike) ndabyemez a nanjye. Rambura yatemwe entre 1895 et 1905, environ. Itemwa n’abaturutse muri direction Nord (mu Maninda) n’abaturutse direction Est (Ntebe). Abashyushya nabo bari bayisatiriye bari hakurya ku Kibihekane na Gasiza. Birashoboka ko Rugwiro yari ahasanzwe ahubwo akaba umunyakazi wabo nka Data (Munyagara), bakishakira amasambu hafi ya Misiyoni. C’est un complément d’information que j’accepte volontiers. “

 

Dr Bararengana Séraphin, umwungura w’umushyushya, petit frère du Président Habyarimana :

„Mu kiganiro Prof. Uwizeyimana Laurien yagiranye na Radio Urumuri yarangije avuga ko ashobora kwibeshya. Ko habonetse uwamukosora byaba byiza. Ku byo yavuze ku Bushiru, abaje kuhatura bari bavuye mu Rwanda, nk’uko byavuzwe na un autre auditeur w’iyo radio que le Bushiru est une terre d‘immigration. Bakomokaga dans le Rwanda central bagenda begera ishyamba. Habyarimana ntabwo ava i Buganda. Ibyo byahimbwe bikwirakwizwa dans un but purement politique n’abataramukundaga. En effet, sekuru Rugwiro we ntabwo yazanywe n’abapadiri. Mbere y’uko abapadiri baza gushinga misiyoni ya Rambura muri 1912, ishyamba ryo ku musozi wa Rambura ryari ryaratemwe n’Abagesera n’Abungura b’Abashyushya hagati ya 1895 na 1905 bagenda batura aho bamaze gutema. Abungura b’Abashyushya bagiye begera i Rambura bavuye mu Birembo, mu majyepfo y’i Rambura. Muribo harimo Rugwiro. We n’umuryango we batuye ku musozi wa Rambura aherekeye mu Gasiza. Abapadiri bahageze bafashe ahari haratemwe, bigizayo abari bahatuye. Rugwiro n’abandi bari bamaze guhabwa akazi mu bapadiri bagumye hafi ya misiyoni. Abungura, barimo Abashyushya, ni benshi mu Bushiru no mu tundi turere. “

 

  • L’assassinat du Colonel Mayuya

 

La mort du colonel Mayuya a eu de graves conséquences : (1) l’arrestation et l’emprisonnement des trois officiers : Col Ndibwami et son beau-frère Col Havugwintore et le Lt Col Nkuliyekubona qui supervisait la commission d’enquête sur cette question et ; (2) la suspicion et la perte de cohésion au sein de l’armée. Le major Neretse Emmanuel en parle en peu de mots dans son livre (Grandeur et décadence des Forces Armées Rwandaises, pp. 48-50). Le major Ntilikina Faustin en donne de plus amples détails (Rwanda. Les Forces armées répondent à l’histoire, pp. 171-177).

Le colonel Mayuya est mort tué par balles par le sergent Birori, le 18 avril 1988, vers 12h30. Birori s’était préparé parce qu’il avait chargé son fusil pendant que les militaires de sa section n’étaient pas armés. Ceux-ci ont témoigné que Birori a dit au colonel Mayuya : « vous nous avez épargnés, nous, nous ne vous pardonnerons pas » avant de tirer plusieurs balles. Ces mots laissent penser (pour ceux qui connaissent notre histoire) celui qui fut le commanditaire de l’assassinat.

Birori venait de rentrer d’un stage de formation en Belgique. Et c’était la première fois qu’il dirigeait une section de garde devant le commandement du camp Kanombe. Il y eut beaucoup de spéculations sur les circonstances et les causes de sa mort : intoxication alimentaire, surdose médicamenteuse ou électrocution. Ce qui est possible et vraisemblable est que le forfait de Birori fut l’œuvre de ceux qui avaient intérêt à diviser les FAR et que l’auteur était un infiltré du FPR qui préparait déjà sa guerre d’invasion du Rwanda. Ceci est confirmé par le rapport de l’attaché militaire belge au Rwanda. Celui-ci affirme que, pendant son stage en Belgique, Birori était toujours isolé et fréquentait uniquement les milieux des réfugiés Tutsis.

Il est regrettable que le professeur Laurien répande des discours de salons et de cabarets en prêtant la mort du colonel Mayuya au colonel Serubuga et Madame Habyarimana sans mentionner des références crédibles, en particulier les livres du major Neretse Emmanuel et du major Ntilikina Faustin, lesquels affirment que beaucoup de choses n’ont pas été dites publiquement pour raisons de secrets d’Etat et de sécurité nationale.

  • La vérité sur les assassinats des politiciens de Gitarama

Le sujet est très important et délicat. Il est préférable que nous laissions les débats en cours parmi les Rwandais dans les médias suivre leur cours. Nous espérons que ces débats sur les circonstances du coup d’Etat de la nuit du 4 au 5 juillet 1973, l’emprisonnement, l’assassinats et la mort des politiciens de la Première République, dont l’immense majorité sont originaires de Gitarama (d’où l’appellation abanyapolitiki b’AbanyaGitarama), dégageront des éléments nouveaux essentiels pour la vérité. Nous souhaitons que la vérité éclate par les témoins et les acteurs directs de ces événements.

 

  • Ikibazo cy’impunzi z’Abatutsi

 

Simpunga lance cette question importante au professeur Laurien: « Intambara yavutse taliki ya 1/10/1990. Ese ntabwo FPR Inkotanyi zashoboraga kutayigaba? »

Chercher et lancer la guerre contre son propre peuple pour résoudre la question des réfugiés fut un alibi, une raison fausse, un prétexte qui masquait de la mauvaise foi. Cet alibi est toujours avancé pour les besoins de la   propagande politique ou par ignorance. Mais ce qui reste encore une énigme est que même des intellectuels rwandais considèrent toujours que le fait que le président Habyarimana et le Comité Central du MRND aient dit que « U Rwanda ni ruto » était une raison suffisante et nécessaire pour mener une guerre fratricide.

Dans une large documentation y relative, il y a le discours-conférence de presse du président Habyarimana sur cette question des réfugiés en 1992, les interrogatoires et contenus des Jugements du TPIR sur la question des réfugiés (Cf. TPIR, les procès MRND et Militaires I) et les commissions tripartites Rwanda-HCR-Ouganda qui avaient étés créées bien avant que la guerre ne soit lancée le 01-10-1990, commissions dont les travaux réalisés avant le 01/10/1990 sont plus qu’assez documentés.

Lors de son discours-conférence de presse en 1992, le président Habyarimana Juvénal répond à une question sur les motivations des INKOTANYI en rapport avec cette question des réfugiés :

« Abo bitwaza byinshi. Habyarimana ntashyigikiye démocratie. Habyarimana ni we wazanye intambara, n’ibindi. Namwe musesenguye ibyo bavuga byose mwabisubiza. Habyarimana yazanye intambara se ni ubwa mbere inyenzi zitera u Rwanda? Inyenzi zateye u Rwanda rukibona indépendance muri 1962 mu kwezi kwa 7. Zateye mu birunga, nari sous-lieutenant, bampa abasilikari bari bamaze kurasa nka 3 gusa, turajyana. Zateye muri 1963 mu Bugesera. Hapfa 1er sergent Mbonankira. Zarateye muri Nshiri. Zateye mu Bugarama. Hapfirayo Felisi. Igihe se Inyenzi zitateye u Rwanda ni gihe ki ? …. Ubungubu ziyise « Inkotanyi ». Ni na zo zari ziyise « Inyenzi ». Ntawazise Inyenzi. Ubu ziyise Inkotanyi. Ibyo aribyo byose ni ba bandi cyangwa abana babo. Baza batera igitero gikaze, kubera ko bari bavuye mu ngabo z’amahanga. Bafashe ibikoresho byabo. Bategekaga ibigo bikomeye. N’iyo amasasu abashiranye, bajya kureba muri ibyo bigo. Ikibazo cyose bafite bajya aho bategekaga. Ariko impamvu ni yayindi. Icyatumye batera muri 62, muri 63, muri 67, impamvu ni yayindi y’icyo gihe ni na yo y’ubungubu. Icyo gihe ntibateraga batera Habyarimana. Si we wari ku butegetsi. Niba ubu bashaka Habyarimana, icyo gihe bashakaga nde ? ».

 

Sur les directives et lois relatives au retour des réfugiés (Amabwiriza yariho), le président Habyarimana dans la même conférence de presse.

« Icyo nemera u Rwanda rwaba rutoya rwaba rugari, impunzi ishaka gutaha yataha. Ariko u Rwanda ni rutoya ibyo biraboneka. Ariko kuvuga ngo kugira ngo u Rwanda ntacyo rwakoze ngo impunzi zitahe. Wirengaza se amategeko ariho kuva muri 1966 ? Nabonye agatabo kandikiwe muri ministeri y’ubutegetsi bw’igihugu, kanditswe muri 1979 (« Règlements et instructions relatives à la réintégration des réfugiés et réclamations diverses »), uzarebe uwari ministri w‘icyo gihe. Yashyize hamwe amategeko ariho agenga itahuka ry’impunzi. Ashyiraho arrêté présidentiel ya Président Kayibanda yo 1966, ashyiraho amabwiriza yose yari yarabayeho mbere. Amabwiriza arahari kuva icyo gihe. Ako gatabo uzagasome. Urashaka se kunyemeza ko ari mu bakozi ba Leta, ari abikorera ku giti cyabo, nta mpunzi zatahutse kuva icyo gihe ? Zatahutse se zikurikije ayahe mategeko ? Zatahutse se zinyuze iyihe nzira ? Barazihohoteye se ? Ariko ayo mategeko ariho. Uzarebe uwashyizeho ayo mategeko, wayashyize hamwe (Colonel Kanyarengwe Alexis) ni we uvuga ngo izo mpunzi ntizitaweho, ngo niwe utegeka abo ngabo. Yahunze ubwo bumwe. Ese icyo gihe yavuga ko yahunze iki ? Yahunze avuga iki ? … Amategeko ariho, uzarebe ako gatabo. Ayo mategeko ariho, bayashyize hamwe kuva muri 1979, ntibigeze bayahanagura. Kandi rero muri ibi by’intambara, twongeye kwemeza i Dar es Salam ko u Rwanda rwemera ko impunzi zatahuka. U Rwanda rusaba gusa ko amahanga yadufasha kuko u Rwanda ari rutoya. Ntabwo ari urwitwazo, ariko…

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