Les actes que Paul Kagame a posés et pose encore au Rwanda mais qui sont inadmissibles et impensables ailleurs [série5]

5.1: Expansion du Parc National des Volcans en chassant la population des terres de leurs ancêtres sur demande et payement à Kagame par une multinationale américaine qui doit gérer ce parc.

 

Le Parc national des Volcans est situé à cheval sur les frontières de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Rwanda.

 

C’est actuellement le plus grand parc naturel du pays bien qu’il ne s’étende que sur 160 km2. Sa superficie est pourtant modeste, comparativement à la partie du parc en RD du Congo (le Parc National des Virunga) qui couvre lui 7 900 km2.

 

L’intérêt touristique de ce parc réside en ce qu’il est le sanctuaire d’une espèce de primates rares et en voie d’extinction : les Gorilles de montagne. Le régime de Kagame met le paquet pour exploiter le potentiel touristique de ce parc, comme il en met à tout ce qui peut rapporter du cash sans tenir compte des intérêts vitaux de la population autochtone, comme le font tous les conquérants en pays occupé.

 

C’est ainsi que, pour augmenter le nombre de touristes et surtout les sites dans lesquels ces fameux gorilles viendraient vivre et y être visités, Kagame a adopté en catimini un projet tendant à augmenter la superficie de ce parc de quelques 75 km2 supplémentaires. Quand on pense que le Rwanda ne s’étant que sur 26 338 km2 et que la région concernée est l’une des régions rurales plus surpeuplées du pays avec plus de 600 habitants au km2, on croit rêver !

Le projet, confié à une multinationale américaine contre payement à Kagame, était tenu secret, mais les populations concernées le connaissaient car elles étaient indirectement prévenues qu’un jour elles pourraient être délogées des proximités de ce Parc :

Finalement, c’est en 2021 que l’Agence Marocaine de Presse (MAP : Agence Marocaine de Presse-Ecology du 22/04/2021) a éventé le projet en se gardant de ne pas révéler les vrais acteurs, mais donnant quelques détails en ces termes :

 

Rwanda : L’AWF mènera un projet phare pour l’expansion du parc national des volcans

L’organisation internationale de conservation de la faune, Africa Wildlife Foundation (AWF), mènera un projet phare pour l’expansion du Parc national des volcans, situé dans le nord du Rwanda, a révélé Kaddu Sebunya, président de l’AWF.

Un accord a été signé dans ce sens entre le ministère rwandais de l’Environnement et l’organisation mondiale, a déclaré M. Sebunya à la presse rwandaise, indiquant que l’AWF contribuera également à l’amélioration de la conservation de la faune et de la biodiversité dans le célèbre parc, mondialement connu pour être le dernier sanctuaire des gorilles de montagne, une espèce menacée d’extinction.”

 

Comment ce projet sera concrètement mis en exécution.

 

Il s’agira d’agrandir le parc en lui ajoutant une bande de 2,5 km prélevée sur les étendues habitables jouxtant ce parc et dont elles étaient séparées par des délimitations datant des années 1930, du temps de la tutelle belge. Cette bande de 2,5 km de large, s’étendra donc sur toute la longueur de la région faisant frontière avec la RDC à travers le Parc. Quatre communes sont donc concernées, celles allant de Mutura (Gisenyi) à Kinigi (Ruhengeri) en passant par Nkuli et Mukingo (Ruhengeri). Ces communes touchent à ce parc, soit sur une distance de plus de 30 km. Le parc gagnera donc en superficie de quelques 75 km2 (2,5Km x 30 Km), ce qui représente les trois quarts de sa superficie initiale.

 

Impact et conséquences sur la population.

 

Ce projet diabolique et criminel va spolier pas moins de 45.000 habitants de leurs terres sans être ni indemnisés, ni relocalisés. Certains de ces nouvelles victimes de l’avidité sans bornes de Paul Kagame pour les dollars américains perdront ainsi la terre de leurs ancêtres dont certains avaient défriché cette forêt et s’y était établi depuis le XIVè siècle. Quel déracinement ! Même les Amérindiens chassés de leurs terres pour être parqués dans des “ Réserves” n’ont pas subi ce sort. L’Amérique du Nord était étendue et vaste et il y avait toujours des espaces quelque part. Même en Afrique du Sud de l’Apartheid, les noirs étaient regroupés dans les “ Bantoustans”, car il y avait de l’espace pour les y regrouper. Tandis qu’au Rwanda, quand quelqu’un est chassé de la terre de ses ancêtres, c’est pour ne plus avoir où appeler “chez soi” sur le sol rwandais. Curieusement, au lieu de dénoncer ces crimes pires que l’Apartheid et l’extermination des Amérindiens réunis, et tout faire pour les faire cesser, la “Communauté Internationale” est en passe de décerner au dictateur du Rwanda Paul Kagame le Prix pour la conservation de l’environnement et pour avoir installé des gorilles, une espèce animale en voie d’extinction, sur les terres des populations hutu. Sachant que les rares tutsi qui ont habité ou habitent cette région concernée étaient des féodaux venus pour mater ces hutus et les soumettre à la domination de la féodalité dans les années 1920. L’histoire se répète : Paul Kagame détache dans cette région, depuis 1994, des fonctionnaires et des soldats dans le même but d’écraser toute voix contestataire de parmi ces populations hutu qui sont ainsi condamnées à disparaitre avant ces gorilles. Et dans ce cynisme, Paul Kagame fait tout pour aussi pécuniairement gagner dans les opérations destinées à faire périr ces populations, comme dans cette expansion du Parc National des Volcans.

 

5.2: Offrir, contre payements occultes, l’espace aérien du Rwanda à des sociétés de construction de drones pour mener des essais en vue de leur homologation.

 

La Société Zipline fut fondée en 2014 par Keller Rinaudo et Keen Wyrobec et a son siège à South San Francisco en Californie, USA.

 

Sans tarder, cette entreprise américaine défrayait la chronique en annonçant être pionnière dans le domaine d’approvisionnement des fournitures par drones. C’est ainsi que sa transaction avec le dictateur Kagame fut dévoilée mais en de termes élogieux alors qu’il s’agissait d’un contrat qui offrait à cette société américaine le territoire du Rwanda, soit 26 338 Km2 comme un terrain d’expérimentation de son matériel. La presse complaisante disait en effet : “Le californien Zipline International Inc, pionnier dans l’utilisation des drones pour livrer en urgence des fournitures médicales dans des zones reculées, notamment au Rwanda, a levé 190 millions de dollars (170 millions d’euros) en avril 2018”.

 

Ainsi, pour les amateurs des sensations fortes et de superlatifs, le Rwanda devenait premier pays au monde à utiliser les drones pour approvisionner ses hôpitaux et pharmacies.

 

D’autres parlent de cet accord en termes élogieux et admiratifs en vantant le gouvernement de Kagame par rapport au reste du monde en disant :

En partenariat avec le gouvernement, une start-up californienne, Zipline, bouleverse le système de soins rwandais en assurant l’acheminement des traitements jusque dans les campagnes les plus isolées… par drone !

 

Justifications

 

C’est en analysant les justifications fournies pour faire du Rwanda de Kagame le premier pays du monde à approvisionner ses hôpitaux par drones que le ridicule et la contradiction flagrante apparaissent. Les tenants de ce projet (en fait un marché entre Kagame et la Société Zipline International Inc, pour faire du Rwanda un champ d’expérimentation du matériel de cette société en vue de leur homologation et à peu de frais…), avancent que des coins les plus retirés du Rwanda seraient inaccessibles par d’autres moyens de transport (véhicules, avions…) et qu’il faut donc y utiliser des drones.

 

Ces justifications fallacieuses se résument en deux postulats: 1) le Rwanda serait trop vaste pour approvisionner tous les coins de ce pays. 2) les routes du Rwanda seraient en mauvais état  et presque impraticables qu’il faut tout faire pour éviter de les utiliser surtout pour approvisionner des produits essentiels et vitaux comme des médicament ou du sang.

 

Superficie du Rwanda

 

Quand on sait que la superficie du Rwanda est égale à plus ou moins un département français et qu’il est dix fois moins étendu que les provinces du Nord et du Sud Kivu en RDC que le même Kagame occupe illégalement depuis 1976, on commence à douter de la justification qu’il y aurait des coins de “ce vaste pays !”, inaccessibles par les moyens de transport classiques.

 

En effet, du point le plus éloigné de l’Est à l’Ouest (poste frontalier au pont de Rusumo frontalier de la Tanzanie, à Gisenyi-Grande barrière à la frontière avec la RDC, il y a tout au plus 200 km et donc pas plus de trois heures de route en voiture roulant à vitesse raisonnable.

 

Du point le plus au Nord (poste frontalier avec l’Ouganda de Kagitumba) au point le plus au Sud (poste frontalier de Kanyaru-Haut frontalier avec le Burundi) il y a à peu près 350 km et en voiture, même en roulant moyennement, le trajet ne prendrait pas plus de 4 heures.

 

Une autre justification donnée est que les routes du Rwanda seraient en très mauvais état, ce qui justifierait l’usage des drones même pour de courtes distances. Or, en disant cela, les thuriféraires du régime Kagame ne se rendent pas compte qu’ils se contredisent et cela maladroitement. D’une part, ils crient au monde entier, et avec raison et même avant la conquête militaire du pays par Kagame venant d’Ouganda, que le Rwanda dispose d’un des meilleurs réseaux routiers de la région et même de l’Afrique ; d’autre part, ils affirment que pour y circuler en auto sur une centaine de kilomètres, cela prendrait plusieurs jours, d’où pour les urgences, il faut utiliser les drones de Zipleline Inc.

 

Comme nous l’avons affirmé, le projet relève de l’exploitation du pays conquis par Paul Kagame pour retirer ce qu’il peut dans tous les domaines, au détriment du peuple rwandais dont le sort et la situation ne l’intéressent pas du tout.

 

La réalité est que, pour honorer sa part du contrat avec la Société Zipline Inc., Paul Kagame a offert le Rwanda à ce constructeur de drones pour servir de cobayes afin de faire valider ses engins.

 

C’est sous cet angle que l’on comprendra l’obsession de Kagame à donner à ses agents encadrant la population conquise des ordres absurdes comme quoi ils doivent les obliger à transporter du sang par drone sur une distance de 50 km jusqu’en un lieu beaucoup plus accessible par véhicule et plus vite.

 

Devant l’incompréhension et les hésitations de la population soumise à ces règles ridicules, certains agents de santé (médecins, infirmiers…) pour qui le serment prêté devant Paul Kagame prévaut face à celui d’Hippocrate dans l’exercice de leur profession, se sont adonnés à soumettre leurs patients et leurs proches aux contraintes inhumaines et cyniques pour justifier l’usage des drones.

 

Le cas le plus caricatural est celui d’une femme de la région de Byumba (environ 40 km de Kigali) à qui l’on a annoncé que sa fille, qui avait fait une fausse couche, devait recevoir un don de sang aux caractéristiques compatibles (groupe sanguin, Rhésus…) d’une personne de sa famille. Après analyse, elle pouvait donner son sang pour qu’il soit transfusé à sa fille. Mais à sa grande surprise, on lui a dit que son sang sera mis dans un sac plastique et que c’est elle même qui devait le transporter jusqu’à Kigali où était hospitalisée sa fille. Elle a demandé si elle ne pouvait pas aller dans cet hôpital en vue d’y subir une transfusion et que son sang soit administré directement à sa fille, mais on le lui a refusé. Après lui avoir puisé un demi-litre de son sang, on le lui a donc emballé dans un sachet plastique et on l’a congédiée. Elle a attendu sur la route Byumba-Kigali pour le transport en commun pendant des heures, le sachet de sang dans son sac à main. Elle n’est arrivée à Kigali qu’après les heures ouvrables et est allée chercher où passer la nuit. Le lendemain, elle s’est rendue, avec son sac rempli de son sang, à l’hôpital de Muhima et a remis le précieux liquide. Mais hélas ! après analyse, on lui a dit que le sang avait été avarié et donc non transfusable!

 

Aussi cynique que cela puisse paraître, la presse de Kagame a rapporté cet incident, non pas pour s’indigner du sort infligé à cette maman et à sa fille, mais plutôt pour faire la promotion de la Société Zipline Inc. en insistant sur le fait que chacun doit recourir à ses drones (en payant la facture eux-mêmes), car les ambulances des hôpitaux et des centres de santé n’étaient plus autorisées à transporter les produits comme le sang d’un hôpital à un autre.

 

Et voilà le type de “leader” que certains intellectuels ou plutôt “idiots utiles” francophones de l’Afrique de l’Ouest souhaiteraient qu’il vienne régner chez eux ou alors en copier le modèle pour l’imposer à leurs peuples.

 

Le prochain article de la série parlera de comment Paul Kagame rase des quartiers entiers des faubourgs de Kigali sous prétexte que la capitale doit accueillir un sommet des Chefs d’Etats (Union Africaine ou Commonwealth dit CHOGM…) et qu’il faut que la capitale soit propre et présentable. Mais en réalité, l’objectif caché est de chasser de la capitale le menu peuple au revenu modeste pour faire de la place aux seigneurs et riches aristocrates de tous bords. Donc un vrai “ Apartheid” qui ne dit pas son nom.

 

Emmanuel Neretse

 

 

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