Les actes que Paul Kagame a posés et pose encore au Rwanda mais qui sont inadmissibles et impensables ailleurs [Série 9].

Les contradictions flagrantes de Paul Kagame et de son régime mais que l’on  ne peut relever ou commenter au risque de sa vie au Rwanda

 

Introduction

 

Depuis la conquête du Rwanda par les éléments tutsi de l’Armée ougandaise en 1994, le régime qui en est issu et personnifié par Paul Kagame se distingue par des contradictions dans les principes et les actes caractérisant sa gouvernance. Ce vice de se déclarer favorable à une chose et à son contraire en même temps, semble être dans les gènes du FPR et spécialement dans tête de Paul Kagame.

 

Ceci, les Rwandais le savent et assistent impuissants, depuis maintenant 30 ans, à ce spectacle affligeant qui souvent détermine leur vie ou la mort dans leur pays conquis par Paul Kagame. Ils ne doivent surtout pas les relever et encore moins se poser des questions là-dessus ou même en parler entre eux au risque d’être accusés de crimes graves et sanctionnés comme tels.

 

Mais le comble est que ce qu’on appelle la “communauté internationale” et sa presse se doivent de les amplifier et de les accompagner conformément à la propagande du même Kagame, comme en sont contraints les pauvres rwandais conquis et donc réduits à se soumettre aux conquérants. Cette “communauté internationale” n’a donc point d’excuse.

 

Nous allons relever certaines contradictions du régime et de la gouvernance de Paul Kagame parmi celles qui ont eu ou ont encore un impact négatif sur le peuple rwandais. Nous présentons celles que dont la “communauté internationale” fait la promotion en les présentant comme des “coups de génie” de Paul Kagame, alors qu’elles sont tout simplement impensables et donc inapplicables nulle part ailleurs au Monde.

 

9.1. Le dévoiement et l’usage abusif du terme et du statut de “réfugié” ; actes pourtant avalisés même par le HCR dans le cas du FPR de Kagame

 

Quand des officiers (dont Paul Kagame) et hommes de troupe de l’armée régulière de l’Ouganda ont envahi le Rwanda en octobre 1990, ceux-ci se sont présentés aux médias pour justifier leur invasion comme des “réfugiés” qui exercent leur droit de rentrer au pays de leurs ancêtres. Or la Convention de Genève de 1951 qui créa le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui a pour but originel de protéger les réfugiés, de trouver des solutions durables pour les aider à reconstruire leur vie,  est claire dans la définition du “réfugié”qui est placé sous ce statut et dans quelles conditions il le perd.

 

Mais à la surprise générale et sans que cela n’interpelle personne, le HCR fut parmi les premières instances internationales à se contredire en reconnaissant que des éléments armés, en plus qui appartenaient à une armée régulière d’un pays membre de l’ONU, étaient restés reconnus comme “ réfugiés” et donc protégés par le même HCR. Or, dans pareil cas, un groupe armé ou même une personne armée ne peut plus se prévaloir du statut de réfugié bénéficiant de la protection du HCR.

 

De même, un ancien réfugié qui obtient la nationalité du pays d’accueil et qui, en plus, entre dans les forces armées de ce pays, perd automatiquement le statut de “ réfugié” sous la protection du HCR. Mais dans le cas des tutsi descendants des réfugiés rwandais et ayant reçu la nationalité ougandaise et occupant de hauts postes de commandement dans l’Armée et la Police de l’Ouganda, en envahissant le Rwanda en octobre 1990, ils exerçaient leur droit de rentrer dans le pays de leurs ancêtres et le HCR qui se doit de favoriser le retour des réfugiés sous sa protection, dans leurs pays d’origine, a salué cette “agression armée” comme une heureuse initiative de ses réfugiés !

 

De même, la « Convention de l’Organisation de l’Unité Africaine du 10 septembre 1969 régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés » est sans équivoque. Son article III précise, notamment en son point 2 : « Les États signataires s’engagent à interdire aux réfugiés établis sur leur territoire respectif d’attaquer un quelconque État membre de l’OUA par toutes activités qui soient de nature à faire naître une tension entre les États membres, et notamment par les armes, la voie de la presse écrite et radiodiffusée ».

 

Pour l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA), ancêtre de l’Union Africaine (UA) actuelle, ce fut encore plus facile de piétiner un de ses principes créateurs comme énoncéé plus haut, que cette organisation était alors aux mains de ceux qui avaient conçu et décidé de l’invasion du Rwanda par les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda.

 

En effet, en 1990, le président de l’Ouganda Yoweri Museveni, était président en exercice de l’OUA. Il a donc utilisé cette position pour justifier une agression injustifiable et contraire à la charte de l’OUA. Il fut facilité dans cette tâche par le fait que le Secrétaire Général de l’OUA à l’époque n’était autre que son ami, le tanzanien Salim Ahmed Salim.

 

Même feu Béchir Ben Yahmed patron de l’hebdomadaire parisien “Jeune Afrique” qui pourtant roulait pour les lobbies tutsi, s’en était scandalisé à l’époque et en novembre 1990 dans son numero1559, il écrivait: “Actif, Monsieur Museveni l’a été : dans le mal. I1 vient de perpétrer ce que d’autres font mais qu’un président de l’OUA aurait dû absolument s’interdire : la déstabilisation d’un voisin par des hommes, de l’argent et des armes. Le voisin est la République du Rwanda (…). C’est en effet du territoire ougandais que des centaines d’hommes armés ont envahi le Rwanda ». Hélas, ses héritiers professionnels dans cette entreprise qu’est le groupe de presse Jeune Afrique vont la transformer en “Jeun à Fric” voué essentiellement à promouvoir contre payements exorbitantss le régime du FPR de Paul Kagame. Il suffit de constater les activités d’un François Soudan ou un Mehdi Bâ pour se rendre compte de la dérive vers la bassesse de “Jeune Afrique’’ de Béchir Ben Yahmed transformée en “Jeun à Fric”.

 

Mais Museveni et Salim Ahmed Salim vont user de la tribune de l’OUA pour légitimer cette agression et même pour la soutenir ouvertement par des actions diplomatiques, médiatiques… qui allaient booster la montée en puissance de ce corps expéditionnaire tutsi venu d’Ouganda pour conquérir militairement le Rwanda.

 

Ainsi, lorsque l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) a décidé de mettre en place un Groupe d’Observateurs Militaires (GOM), un général tanzanien fut désigné pour le commander. Il se révélera d’une mauvaise foi ou d’une incompétence si flagrantes qu’il fut rappelé chez-lui sans délais. La réalité était qu’il jouait le jeu de son ami Museveni, alors Président en exercice de l’OUA et celui de son compatriote et inconditionnel du FPR, Salim Ahmed Salim qui était à l’époque Secrétaire général de l’OUA, tous sous l’emprise du Mwalimu Julius Nyerere maître de la Tanzanie et qui avait décidé d’éliminer Habyarimana.

 

Tant que le FPR n’avait pas de terrain conquis à exhiber, le GOM devait rester muet quant à sa provenance et sa localisation sur le territoire rwandais. Il en sera de même pour son successeur nigérian le général Oparaye.

 

Par contre et curieusement, des pressions énormes furent exercées sur le régime Habyarimana pour que d’abord il n’insiste pas à accuser l’Ouganda d’agression par les éléments de son armée. Ceci obtenu, il lui sera aussi imposé de reconnaître le caractère de “guerre civile” à ce conflit pourtant ouvertement et légalement de type international. Même son seul et unique “allié” parmi les puissances étrangères qu’était la France, usa de son influence pour contraindre le régime Habyarimana à se faire “hara-kiri” en ouvrant un front intérieur favorable à l’envahisseur et cela dès 1991, ce qui allait semer la zizanie entre les populations et favoriser les actes d’espionnage et de déstabilisation des envahisseurs tout en démoralisant et en démobilisant les Forces Armées. La suite on la connaît.

 

Cessation de la clause des réfugiés par le HCR dès 2018 sur demande de Kagame ! : La plus grande et étonnante contradiction du HCR dans la défense à outrance des thèses de Paul Kagame a éclaté vers 2015 quand Kagame a exigé au HCR de retirer sa protection aux réfugiés qui l’ont fui en leur appliquant tout simplement la   “Clause de cessation”. Le HCR s’exécuta et depuis 2018, des milliers de réfugiés disséminés à travers le monde, mais surtout en Afrique tout en étant reconnus par le même HCR comme réfugiés, ne doivent réclamer aucun droit adhérant à ce statut (par exemple contre le rapatriement forcé) et surtout ne plus reprendre le Rwanda parmi les pays de la région ayant ses réfugiés dans les pays voisins ou éloignés. Pourtant ils sont encore des milliers à errer dans les forêts ou à croupir dans des camps partout en Afrique de l’Est, Centrale et Australe : RDC, Centrafrique, Congo Brazzaville, Ouganda, Kenya, Zambie, Zimbabwe, Malawi, Mozambique… Le total dépasserait le million. Mais le HCR, sur recommandation de Kagame (ou plutôt de ses créateurs), se garde de les mettre dans les effectifs des réfugiés sous sa protection et surtout ne pas leur faire bénéficier des opportunités offertes aux réfugiés d’autres pays, comme les programmes de “ Ressetlement”. Et ce qui est encore plus tabou, c’est de parler de réfugiés rwandais qui se trouveraient encore en RDC. Ceci pour couvrir les rapatriements forcés couverts par le même HCR en violation de ses principes fondateurs.

 

9.2. Confusion savamment entretenue sur la nationalité des conquérants issus de l’armée de l’Ouganda

 

Les militaires tutsi de l’armée ougandaise avec à leur tête Paul Kagame comme rappelé plus haut, avaient bien évidemment acquis la nationalité de ce pays. Ce qui signifie que quand ils ont conquis le Rwanda en juillet 1994, ils n’avaient pas (ou plus pour ceux qui en avaient eu) la nationalité rwandaise.

 

En effet, la Constitution comme la Loi organique en la matière ne reconnaissaient pas la double nationalité au Rwanda. Ce n’est qu’en 2003 quand Paul Kagame imposa une nouvelle Constitution taillée à sa mesure et lui permettant de rester président à vie du Rwanda (en fait un monarque qui restaure la monarchie féodale abolie en 1961 par le référendum KAMARAMPAKA organisé par l’ONU), que la double ou triple nationalité fut permise au Rwanda. Ceci pour régulariser les cas des enfants tutsi nés en Ouganda et n’ayant jamais été réfugies et en plus ayant appartenu à l’armée ougandaise et qui donc ne pourraient prétendre être rwandais.

 

C’est donc dire que depuis 1994 jusqu’en 2003, le Rwanda fut gouverné, non seulement pas des envahisseurs tutsi venus d’Ouganda, mais en plus qui, juridiquement, n’étaient pas encore des rwandais, mais édictaient des lois et engageaient les rwandais par leurs actes: émission de passeports rwandais, attribution de la nationalité rwandaise,  représenter le Rwanda à l’étranger dans les ambassades ou organisations internationales…

 

C’est pourquoi nous disons que le moment venu, il faudra revoir les actes posés entre 1994 et 2003 par les envahisseurs issus de l’armée de l’Ouganda avec à leur tête Paul Kagame, actes posés au nom du peuple rwandais, alors qu’ils n’en étaient pas habilités car pas encore rwandais. De tels actes ne pourront donc plus engager le peuple rwandais.

 

9.3. Pas d’ethnies au Rwanda sauf l’ethnie tutsi

 

L’une des contradictions les plus déroutantes du régime du FPR de Paul Kagame concerne la définition, la terminologie et la gestion du problème ethnique ou communautaire dans son Rwanda conquis.

 

L’on se rappellera que le régime du FPR issu d’une conquête militaire par des éléments tutsi appartenant à une armée d’une puissance étrangère, tire sa légitimité au fait qu’il fut complaisamment présenté comme étant venu “arrêter un génocide qui se commettait contre l’ethnie tutsi”.

 

Mais la première surprise à ce propos fut que, après la consolidation de son pouvoir, le FPR de Paul Kagame décrétera que les ethnies n’existent pas et n’ont jamais existé au Rwanda. Il va alors s’employer à édicter de lois (Code pénal) qui établissent de nouveaux crimes et en prévoient des sanctions. C’est ainsi que sont apparus des crimes d’“idéologie du génocide”, de “divisionnisme”, de ‘‘négationnisme’’, etc. Mais ces lois très répressives contiennent des contradictions que peu de personnes sur cette terre peuvent concilier avec la vie de tous les jours. Ainsi, lorsqu’au Rwanda de Kagame quelqu’un serait entendu en prononçant le vocable “Hutu ou Twa”, il serait immédiatement accusé de “divisionniste” et traité comme tel donc, lourdement sanctionné. Mais parallèlement, si quelqu’un parle de génocide au Rwanda sans utiliser l’expression de “génocide contre les tutsi”, il serait encore plus lourdement sanctionné car accusé de “négationnisme ou de minimisation du génocide des tutsi”.

 

Les Rwandais sont donc tiraillés entre ces contradictions du FPR de Kagame qui affirme une chose et son contraire. Si les ethnies n’existent pas et n’ont jamais existé au Rwanda, comment les tutsi auraient-ils été victimes d’un génocide ? Ou bien ils se seraient “génocidés eux-mêmes” ou bien alors d’autres qui n’étaient pas tutsi les ont visés. Mais le régime du FPR de Kagame tient tellement à ce que l’on parle seulement de tutsi au Rwanda en évoquant des ethnies, qu’il en a fait un objectif diplomatique majeur de telle sorte que partout dans le monde où est écrit ou gravé les mots “génocide rwandais’’ pour évoquer le drame rwandais d’avril à juillet 1994, on y remplace rwandais par “tutsi”. En même temps, en interne, il réprime férocement toute personne qui oserait invoquer ses racines hutu ou twa, arguant que ces groupes ethniques ou communautés n’ont jamais existé et que donc seuls les tutsi ont toujours existé jusqu’au génocide contre eux en 1994, mais par qui alors ?

 

Mais Paul Kagame n’aura pas à répondre à cette question car ses contradictions sont soutenues et encouragées et même dictées par ceux-là même qui devraient la lui poser.

 

9.4. Non reconnaissance des tribunaux internationaux mais exigence pour qu’ils jugent ses opposants

 

L’une des premières contradictions du régime de Paul Kagame est apparue dès sa conquête du pays en 1994. Quoique flagrante et donc incompréhensible, elle fut pourtant occultée et par la presse et par les institutions internationales concernées.

 

Le cas du TPIR : Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) est une juridiction pénale internationale mise en place par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans sa résolution 955 du 8 novembre 1994 sur la création du TPIR afin de juger les personnes responsables d’actes de génocide des Tutsi au Rwanda, et d’autres violations graves du droit international humanitaire commis sur le territoire du Rwanda, ou par des citoyens rwandais sur le territoire d’États voisins, entre le 1er janvier et le 31 décembre 1994.

 

Mais chose étonnante et que certains se gardent de révéler, c’est que le nouveau gouvernement du Rwanda fut le seul pays de l’ONU à ne pas avoir approuvé la résolution mettant en place le TPIR. Mais dès l’installation de ce Tribunal qu’il ne reconnaissait pas, le même régime du FPR de Kagame fut aux avant-postes pour lui donner des indications sur qui il devait poursuivre et il a détaché un procureur permanent à Arusha (Martin Ngoga) pour piloter et guider les Procureurs officiels du TPIR. Et ceux qui n’obtempéraient pas à ses injonctions étaient tout simplement limogés et remplacés par les plus dociles. Ce fut le cas de ceux qui, au départ et en conformité à la résolution créant le TPIR, ont eu la mauvaise inspiration d’enquêter aussi sur les crimes commis par les combattants tutsi sous le commandement de Paul Kagame dans la période qui tombait sous le mandat du TPIR soit du 01 janvier au 31 décembre 1994.

 

Mais le plus ahurissant est que le même régime de Kagame qui n’avait pas approuvé la mise sur pied de ce tribunal ait par la suite piloté le TPIR durant toute la période de son existence avant de cesser ses activités, pour lui indiquer qu’il devait poursuivre et même en lui exigeant de ne pas appliquer ses statuts prévoyant des libérations anticipées (détenus ayant effectué les 2/3 de leurs peines) sans l’accord du même régime du FPR de Kagame.

 

Et toutes ces contradictions passent comme une lettre dans la poste et ni l’ONU ni les puissances ayant œuvréé pour la création du TPIR n’osent les relever et encore moins les dénoncer.

 

Même le MTPI, ce Mécanisme créé par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour les tribunaux pénaux internationaux ayant pour mission de mener à bien un certain nombre de fonctions essentielles du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), lorsque ces tribunaux auront terminé leurs mandats respectifs, est l’objet de pressions et de chantage de la part du régime Kagame depuis sont entrée en fonction en 2012.

 

N’ayant pas voté pour la création du TPIR en 1994 et donc ne reconnaissant pas cette juridiction internationale, le régime du FPR de Kagame devrait en toute logique ne pas reconnaître aussi le Mécanisme qui l’a remplacé et cesser de s’immiscer dans son fonctionnement. Mais comme ce régime est caractérisé par des contradictions flagrantes, hélas non dénoncées par les puissances qui le soutiennent, il en est arrivé à exiger et à obtenir que le Président du MTPI pour appliquer le règlement de cette instance installée par le Conseil de Sécurité de l’ONU, il doit demander l’autorisation et l’aval du gouvernement de Kagame avant de prendre toute décision conforme au règlement interne.

 

Ainsi, les statuts du TPIR et donc du MTPI prévoient qu’un condamné ayant purgé 2/3 de sa peine pouvait bénéficier sur sa demande d’une libération anticipée si les responsables pénitentiaires donnaient un avis favorable sur son comportement durant sa détention. Nulle part les statuts ne stipulent que c’est le gouvernement rwandais qui devrait donner son aval. Mais depuis la prise de fonction du maltais Carmel Agius comme Juge Président du MTPI en 2019, le régime rwandais lui a imposé et il a obtempéré ; que c’est bien lui (le gouvernement rwandais) qui devra désormais avoir le dernier mot sur la décision d’une libération possible.

 

Il est donc évident que tant que c’est Kagame qui décidera de leur libération, personne ne sortira d’autant plus que lui estime que les peines infligées n’étaient pas assez lourdes. Bizarrement ni l’ONU, dont le Conseil de Sécurité a créé ce Mécanisme, ni les organisations de défense des droits de l’homme…, personne ne dénonce cette main-mise du régime du FPR de Kagame sur une instance internationale que pourtant il ne reconnaît pas officiellement et juridiquement.

 

Les contradictions du régime du FPR de Paul Kagame dans le domaine de la Justice Internationale ne s’arrêtent pas là. Quand le traité de Rome qui créa la Cour Pénale Internationale (CPI) fut signé, le régime de Kagame, sur conseil des Etats Unis et d’Israel (qui eux-aussi n’en font pas partie), refusa de signer ce traité. Ils lui firent comprendre qu’en devenant Etat-Partie de la CPI en signant et en ratifiant ce traité, cette Cour pourrait enquêter et poursuivre ses officiels pour les graves crimes de guerre et contre l’humanité qu’ils ont commis et continuent de commettre.

 

Curieusement, dès la mise en marche de la CPI installée à La Haye en 2002, le régime de Kagame n’a cessé de lui demander de poursuivre ses opposants ou ses rescapés qu’il lui désigne alors qu’il n’en est pas Etat-partie. Parallèlement, Kagame refuse à cette Cour tout droit à enquêter sur ses propres crimes en relevant qu’il ne reconnaît pas cette Cour n’étant pas signataire du traité de Rome qui l’a créée. Mais toujours miné par ses contradictions, le même régime de Paul Kagame négocie avec ces instances judiciaires internationales (qu’il ne reconnaît pourtant pas officiellement) pour qu’il reçoive contre paiement, des condamnés par ces cours pour purger leurs peines dans les geôles du Rwanda.

 

9.5. Contradiction canonique

 

L’Eglise catholique est accusée par le FPR de Kagame d’avoir été à la base du génocide des tutsi. Mais en même temps cette église est associée quand il s’agit de faire régner l’impunité au Rwanda de Kagame et pour asseoir l’hégémonie tutsi sur les autres communautés pourtant majoritaires dans le pays.

 

Dès sa conquête militaire du Rwanda en 1994 et pour justifier l’exécution publique sans jugement d’une dizaine de membres du clergé dont trois Evêques et un Archevêque : Mgr Vincent Nsengiyumva, Archevêque de Kigali, Mgr Thaddée Nsengiyumva, Evêque de Kabgayi, Mgr Joseph Ruzindana, Evêque de Byumba et Président de la Conférence Episcopale du Rwanda, auxquels il faut ajouter Mgr Phocas Nikwigize, Evêque de Ruhengeri tué en 1996, a reconnu ces crimes et a fourni ses justifications.

 

En effet, les services de propagande de Kagame relayés par leurs soutiens étrangers, ont fait savoir que ces religieux hutu étaient des planificateurs et des complices dans le génocide contre les tutsi. Mais tout le monde sait que parmi les exécutés du 04 juin 1994 à Gakurazo (Kabgayi-Gitarama), figuraient aussi des tutsi y compris même un petit enfant de 5 ans.

 

Le Vatican, confronté à ce chantage du nouveau régime tutsi qui venait de décapiter l’Eglise catholique du Rwanda après la conquête militaire du même Rwanda très chrétien  dédié au Christ Roi par le monarque tutsi  Mutara III Rudahigwa en 1956, et peut-être et sûrement pénétré et gangréné par la nébuleuse tutsi, n’a trouvé autre chose que de faire “profil très bas” jusqu’à ignorer l’exécution extra-judiciaire de ses quatre princes de l’Eglise.

 

Le Vatican a poussé la courbette dans ce dossier jusqu’à accepter et à occulter que les restes de ces Evêques restent sans sépulture jusqu’aujourd’hui car jetés dans une fosse commune à Kabgayi près du lieu de leur exécution. Pourtant, le Droit canon et les pratiques de l’Eglise catholique prescrivent qu’un Evêque soit enseveli dans sa cathédrale. Mais dans le cas du Rwanda, comme le pouvoir du tutsi de Kagame ne le veut pas, Mgr Vincent, Thaddée, Joseph, et Phocas n’auront jamais de sépultures même hors de leurs cathédrales respectivement de Kigali, Kabgayi, Byumba et Ruhengeri car tous hutu.

 

Mais la contradictions dans ses relations avec le Vatican ne s’arrêtèrent pas là. Le même Kagame imposa au Vatican de “créer un Cardinal”, un ancien séminariste tutsi venu d’Ouganda en éclaireur en 1987 pour espionner au Rwanda avant l’invasion du FPR dont il était membre. Nous voulons parler d’Antoine Kambanda.

 

Antoine Kambanda, comme tous les autres jeunes tutsi qui ont participer à la conquête du pouvoir par les armes en 1994, a grandi et étudié en Ouganda. En 1987, à la création du FPR et quand la décision fut prise d’envahir le Rwanda, Kambanda était encore séminariste en formation en Ouganda. Voulant rejoindre les autres jeunes qui faisaient partie de l’Armée régulière de l’Ouganda et qui allaient être le fer de lance de cette conquête, il fut convenu qu’il devait rester dans les ordres car là aussi il pourrait servir efficacement la cause des conquérants.

 

Sans tarder, une occasion lui fut offerte. Dans le cadre des échanges interdiocésains, entre l’Eglise catholique du Rwanda et celle d’Ouganda, il fut parmi les premiers qui furent choisis pour aller poursuivre les études de théologie au Grand Séminaire de Nyakibanda au Rwanda. Il fut ordonné prêtre en septembre 1990 par le Pape Jean Paul II lors de sa visite au Rwanda du 15 au 17 septembre 1990, soit quelques jours avant l’invasion du Rwanda par le FPR

 

Après la conquête de tout le pays par le FPR, l’Abbé Antoine Kambanda connaîtra une ascension fulgurante dans les rangs de l’Eglise catholique du Rwanda. De retour de Rome, il fut un petit moment professeur au Grand Séminaire de Nyakibanda avant d’être nommé Evêque du Diocèse de Kibungo en 2013. Sans tarder, il sera nommé Archevêque de Kigali donc Primat du Rwanda en 2018. Il monta sur le Siège de son prédécesseur et Supérieur hiérarchique feu Mgr Vincent Nsengiyumva assassiné au grand jour par les combattants du FPR le 04 juin 1994 et toujours sans sépulture, tout comme trois autres Evêques assassinés en même temps que lui à Gakurazo près de Kabgayi. Et voilà que deux ans plus tard, il est “créé’’ Cardinal.

 

Lors de son intronisation comme Archevêque de Kigali, le président Paul Kagame avait évoqué, de façon sibylline, leur passé commun. Mais les auditeurs non avertis n’ont rien saisi. Il a en effet dit en s’adressant au nouvel Archevêque et Primat du Rwanda : “Qui aurait pensé que tu serais le Chef de l’Eglise Catholique au moment où moi je suis le Chef politique du même pays” ? Ceci pour dire qu’ils s’étaient partagés les tâches quand ils étaient en Ouganda, et que chacun avait atteint son objectif.

 

Signalons que sur les neuf Evêques (dont ce Cardinal et Archevêque de Kigali) des diocèses du Rwanda, sept sont d’ethnie tutsi tandis que seuls deux seulement sont d’ethnie hutu. Comparativement avant 1994, cinq Evêques étaient d’etnie hutu et quatre d’ethnie tutsi.

 

Et voilà le type de “leader” que certains intellectuels ou plutôt “idiots utiles” francophones de l’Afrique de l’Ouest souhateraient qu’il vienne régner chez eux ou alors en copier le modèle pour l’imposer à leurs peuples.

 

Le prochain article de la série parlera de comment et du pourquoi les puissants lobbies du monde judéo-chrétien ont adopté Kagame et son régime et assurent sa survie.

 

A suivre donc

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

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