Au Rwanda, multiplication d’exécutions extrajudiciaires de paisibles paysans par les soldats de Paul Kagame. Pourquoi ?

Constat

 

Depuis quelques années, des exécutions extrajudiciaires par les forces de Paul Kagame qui abattent froidement de simples citoyens non armés se multiplient à un rythme effrayant, car jamais égalé dans l’Histoire. En effet, on n’a jamais connu de situations où une Armée et une Police, qui se disent régulières et nationales, s’adonnent à exécuter extrajudiciairement les citoyens et que, curieusement, ces actes restent impunis voire acclamés par les instances politiques du pays.

 

Les lignes qui suivent tentent de fournir une explication au calvaire que vit le menu peuple rwandais dans l’indifférence totale du monde dit “civilisé” pourtant prompt à dénoncer ce genre de pratiques.

 

Relevé non exhaustif

 

Rien que pour la seule année 2021, les observateurs avertis ont relevé plus d’une vingtaine d’exécutions extrajudiciaires au cours desquelles l’Armée ou la Police de Kagame a assassiné froidement de paisibles paysans. Seulement 18 de ces assassinats ont été reconnus et revendiqués par les instances administratives, l’Armée ou la Police de Paul Kagame.

 

Nous donnons les liens Internet qui renvoient aux articles du média “The Rwandan” rapportant, en langue Kinyarwanda ces exécutions. Mais nous en fournissons chaque fois le résumé en français. Rétrospectivement et donc en commençant par les plus récents, voici les assassinats que l’Armée et la Police de Kagame viennent de commettre impunément en cette année finissant de 2021.

 

Dans la seule semaine du 11 au 17 octobre 2021, les soldats de Kagame viennent de tuer par balles QUATRE citoyens ordinaires de Mukarange, Byumba (rebaptisé Gicumbi). Ils vont être accusés de franchir la frontière avec l’Ouganda avec un alcool prohibé. Ceci car les mêmes soldats assassins sont ensuite venus déposer un bidon de cet alcool dans à l’endroit où s’abritaient ces malheureux car il pleuvait. Leurs dépouilles mortelles ont aussi été emportées par leurs assassins et jusqu’à ce jour, les familles ne peuvent pas les réclamer pour les enterrer dignement.

 

Le 23 septembre 2021, à Gisenyi (rebaptisé Rubavu), TROIS paysans, dont une femme, furent abattus par balles par les militaires de Kagame. Comme justification, ils ont déclaré que les paysans furent confondus “aux ennemis” car ils venaient de la RDC par un sentier non autorisé!

Toujours à Rubavu, le 07 septembre 2021, un jeune homme qui allait couper du fourrage pour vaches a été exécuté par balles par les soldats de Kagame.

 

A Nzige, le 11 août 2021, le Chef de la Police locale, a tiré à bout portant sur un jeune homme et l’a tué sur le coup devant une foule de badauds.

 

Début août, à Gatsibo au Mutara, UN détenu en préventive dans un cachot de police a été exécuté par ses geôliers.

 

Dans la nuit du 02 au 3 août, à Gitarama (rebaptisé Muhanga), QUATRE détenus dans la prison locale ont été exécutés par balles.

 

Mi-mars, à Rwamagana, un homme a été tué par balles par la Police et sa soeur menacée de le suivre.

 

En mai 2021, les soldats et/ou policiers de Kagame ont exécuté, en une seule semaine, SEPT personnes dans la région de l’Est du pays.

 

A Rwamagana, le 16 avril 2021, un soldat a exécuté un paysan pacifique et la population locale a failli se révolter malgré les menaces.

 

Début février, à Cyangugu (rebaptisé Rusizi), la Police a déclaré qu’un détenu en préventive s’était suicidé dans son cachot, mais la population ne l’a pas cru et le leur a fait savoir.

 

Explications.

 

Pour essayer de comprendre et même simplement s’imaginer cette situation, il faut tenir compte de deux éléments et chaque fois les intégrer dans l’explication à donner à ces exécutions extrajudiciaires de simples citoyens par l’Armée et la Police de Paul Kagame.

 

1. Il y eut d’abord cette déclaration de Paul Kagame à Nyabihu (ancienne région du Bushiru). La déclaration était ahurissante et inimaginable surtout qu’elle sortait de la bouche de quelqu’un présenté comme “Chef de l’Etat rwandais”. Kagame donnait en effet à ses soldats et policiers l’ordre de désormais “tirer sans sommation et pour tuer” sur toute personne soupçonnée d’activités allant contre son régime.

 

2. Et pour que sa consigne soit bien suivie, il a instauré des primes pour les soldats qui tuent de paisibles citoyens : – Sommes d’argent aux exécutants, – Promotions de leurs commandants. C’est le cas du Colonel Muhizi.

 

3. Conséquences : C’est depuis lors une compétition entre soldats et officiers de Kagame consistant à être le plus exécutant extrajudiciairement de citoyens innocents pourvu qu’il ait agi de façon à fournir à la hiérarchie un prétexte pour justifier son crime.

 

Voila à quel jeu cynique et macabre auquel se livre la soldatesque de Paul Kagame sur le peuple rwandais. Ceux qui observent sans brocher et même qui sont admiratifs, seront devant l’Histoire, tenus comme complices des pires crimes contre l’Humanité. Et les excuses tardives aux futures générations ne suffiront pas à les disculper.

 

C’est révoltant et cela doit cesser et le plus rapidement possible.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

 

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