Rwanda. Cynisme et  torture morale du Maj. Bernard Ntuyahaga par le régime du FPR de Paul Kagame

Introduction

 

Depuis quelque temps, le régime du FPR de Paul Kagame brandit le “ trophée” d’un certain Major Ntuyahaga comme argument contre ceux qui estiment que comme ex-prisonniers hors du Rwanda, s’ils rentraient après leur libération, leur sécurité physique et/ou morale serait menacée. Ces propagandistes du FPR connus pour leur extrémisme comme Tom Ndahiro  en arrivent même à mettre dans la bouche de ce pauvre torturé qu’est Ntuyahaga des déclarations vantant le régime du FPR.

 

Qui est le Major Ntuyahaga et quel est son parcours?

 

Le Major Ntuyahaga Bernard est un ancien officier rwandais des ex-FAR. Voyant les rumeurs courir comme quoi il serait recherché par le TPIR pour son rôle présumé dans l’assassinat des 10 casques bleus belges au Camp Kigali le 07 avril 1994, il s’était lui-même livré au TPIR d’Arusha en 1998. Cependant, ce Tribunal de l’ONU estima qu’il ne le poursuivait plus en retirant l’accusation (Case ICTR-98-40). La Belgique demanda aussitôt qu’il lui soit livré pour qu’elle le juge, les Casques bleus tombés à Kigali étant tous de nationalité belge. C’est ainsi que le Maj Ntuyahaga fut livré à Bruxelles et plus tard jugé par une Cour d’Assises et condamné à 20 ans d’emprisonnement. Après avoir purgé la totalité de sa peine, il fut, comme il se devait, libéré de prison mais placé directement au Centre fermé pour demandeur d’asile. En effet, après le refus de sa demande de titre de séjour en Belgique, il demanda qu’il lui soit permis de rejoindre sa famille vivant au Danemark car il n’avait nulle part ailleurs où aller car il n’avait plus aucune attache dans son pays d’origine le Rwanda.

 

Aussitôt le régime du FPR de Kagame, apprenant la sortie de prison du Major Ntuyahaga Bernard après 20 ans, multiplia les appels par les médias à sa solde interposés demandant que le Major Ntuyahaga  lui soit livré. Malgré les supplications de l’intéressé et surtout de sa famille, le gouvernement belge s’exécuta pour satisfaire le régime dictatorial du FPR de Kagame et livra, les mains liées, le major Ntuyahaga à Kigali.

 

Son calvaire

 

Aussitôt arrivé, Ntuyahaga fut conduit au tristement célèbre camp de rééducation de Mutobo près de Ruhengeri (Nord-Ouest) où, pendant six mois, il a subi des brimades et des humiliations de la part des anciens enfants-soldats (kadogo) censés le rééduquer. Comme ces quasi analphabètes jeunes soldats qui prétendaient lui enseigner l’histoire du Rwanda depuis l’indépendance, le Rwanda dans lequel ils ont mis les pieds pour la première fois quand Ntuyahaga avait déjà des enfants de leur âge.

 

Après ce lavage de cerveau, il fut consigné quelque part sans possibilité de sortir du pays  ni de communiquer surtout avec sa famille vivant en Occident sauf sous surveillance des agents du FPR. A 70 ans passés donc retiré du marché du travail, séparé de sa famille et ne possédant aucun bien matériel au Rwanda, le major Ntuyahaga en est réduit à être un objet d’exposition des propagandistes du régime du FPR de Paul Kagame.

 

 

Et voilà le cas de l’homme que le régime du FPR demande aux acquittés ou libérés par des juridictions internationales de suivre l’exemple. Perdre des biens matériels passe encore! Mais perdre sa liberté et surtout sa dignité ne pourrait être une option si on a encore la possibilité de choisir soi-même. Il est donc compréhensible qu’aucun des acquittés ou libérés par les juridictions internationales ne veuille suivre le chemin du Major Ntuyahaga sauf s’ils y sont contraints comme ce fut le cas pour lui.

 

Ghislain Mikeno

 

 

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