Déploiement de la force régionale de l’EAC en RDC : un échec programmé

Un contingent de l’armée burundaise est arrivé ce lundi 15 août, à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) dans le cadre du déploiement de la force régionale de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC). D’autres pays de la région, excepté le Rwanda, vont déployer des troupes dans les semaines à venir dans les provinces de l’Ituri, du Haut-Uélé, du Nord et du Sud-Kivu. Le mandat confié à la force régionale est de «contenir, vaincre et éradiquer les forces négatives opérant dans l’est de la RDC. »

 

 Si la démarche est louable, il n’en demeure pas moins qu’on ne peut rien attendre de cette force régionale. Les raisons sont multiples, mais je vais me limiter à en donner deux qui me paraissent essentielles:

 

1. Le mandat confié à cette force est plus que flou. Qu’entend-on par « forces négatives » ? Les groupes armés étrangers, les filles et fils du Congo (Mai Mai) qui ont décidé de prendre les armes pour se défendre des envahisseurs, les enfants de la région instrumentalisés par des gens à Kinshasa ou les voyous congolais et étrangers instrumentalisés par certains pays faisant partie de la force régionale ?

 

Tout ceci rappelle étrangement le fameux « état de siège » dont personne n’ose plus parler à Kinshasa. Les mêmes causes vont produire les mêmes effets et les mêmes folies.

 

2. La répartition des théâtres d’opérations laisse penser que certains des pays intervenants vont chercher à défendre et à protéger leurs intérêts nationaux plutôt que d’œuvrer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans les provinces orientales congolaises. C’est notamment le cas du Burundi et surtout de l’Ouganda, voire du Soudan du Sud dont le déploiement reste à confirmer.

 

À l’instar de l’état de siège, la force régionale de l’EAC ne produira rien de bon. Son déploiement est la preuve que la RD Congo est incapable de sécuriser et de stabiliser la partie orientale de son territoire. On peut même craindre que cette force contribue à aggraver l’instabilité dans les provinces du Kivu et de l’Ituri.

 

À Kinshasa, on se vante d’avoir rejeté catégoriquement toute participation de l’armée rwandaise dans les opérations de la force régionale en RDC. Si cette décision est salutaire, il n’en reste pas moins vrai que le Rwanda a un allié de circonstance qui peut faire le boulot à sa place : l’Ouganda. Pour rappel, le président ougandais Yoweri Museveni avait insisté pour que les forces de défense rwandaises soient associées aux opérations militaires dans le Kivu. La leçon à tirer est simple : malgré les tensions qui caractérisent leurs relations, Kigali et Kampala semblent émettre sur même fréquence en ce qui concerne le Congo. Il suffit d’analyser l’intervention du représentant ougandais au Conseil de sécurité pour s’en apercevoir. Félix Tshisekedi comprend-il cela ? Réalise-t-il seulement dans quel bordel il a embarqué le pays de Lumumba ?

 

En vérité, la République à démocratiser du Congo n’est pas dirigée. On a un individu qui joue le rôle de président et dont le seul « haut fait » est d’insulter et de menacer ses propres compatriotes. Pendant ce temps, c’est un tout un pays qui se meurt…

 

Patrick Mbeko

 

Source : Facebook

 

 

 

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