Grands Lacs. M 23. La guerre contre la RDC avec quel budget, quels sponsors et pour quels buts?

Kinshasa. Lundi 24 octobre 2022, le ministre des finances, Nicolas Kazadi informait l’opinion publique, prenant son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya à témoin, que les dépenses militaires de la RDC ont été multipliées par 8. Ce qui est normal. Car une armée professionnelle signifie des troupes entraînées, nourries, encadrées par des officiers compétents et surtout équipées.

 

De l’avis de monsieur Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations-Unies lui-même relayant Mme Bintou Keita, sa Représentante en RDC, les deux sans aller jusqu’au bout de leur révélation, « Le M23 se comporte sur le terrain de Rutshuru/Nord-Kivu comme une armée structurée, mieux équipée que les forces de la MONUSCO et bien organisée. » D’où la question qu’exige le bon sens : « Quel est le budget des forces du M23 ? ». Et la 2ème devrait suivre : « Qui en est/sont les sponsors puisque le M23 n’a aucune industrie moins encore une activité lucrative génératrice des revenus ? Et comment accède-t-il à ces lucratifs marchés d’armes ? »

 

Parce que toute guerre subit les lois des finances et donc exige tôt ou tard une ardoise financière à payer. En clair, si d’aventure le M23 prenait le pouvoir, il devrait payer la facture. Dans cette guerre par procuration que mènent les grandes puissances via le Rwanda et l’Ouganda contre la RDC : « A qui reviendra la facture de l’assistance militaire ? »

 

Enfin, les populations congolaises s’interrogent depuis l’AFDL sur les motivations de ces guerres par procuration qui ont fait au bas mot 10 millions de morts, des femmes violées et éventrées et des dégâts matériels très importants jetant par la même occasion des milliers de personnes (femmes et enfants, vieillards) dans les forêts.

 

La guerre, conviennent les spécialistes, peut revêtir plusieurs formes à la fois. Ce qui se passe à l’est de la RDC est une guerre économique qui se cache depuis prenant la forme de guerres locales ouvertes mais masquées, s’appuyant sur des financements mafieux dont les Banyamulenge ne sont à la fois que prétexte et victimes.

 

En raison de ses immenses richesses, la RDC a toujours été la cible de prédateurs multiples. Et la déstabilisation de la RDC n’a pour objectif premier que de donner la possibilité d’acheter des matières premières à vil prix, et, par ricochet, celui de militariser l’est en vendant les plus d’armes aux nombreux groupes armés ainsi créés. A ce titre, depuis l’AFDL jusqu’au M 23 en passant par les RCD, les grandes puissances ont simplement instrumentalisé des communautés ethniques. A travers la seule communauté tutsi, les grandes puissances ont fait un investissement politique, militaire et économique, faisant semblant d’éviter la reconnaissance même du conflit pour des besoins que l’on imagine.

 

Posons-nous la question : « Quels liens gardent encore tous ceux qui ont bénéficié de cet alibi avec Rwanda et de l’Ouganda, une fois dans les institutions de la RDC ? » Toute guerre, partant toute violence menée par un État, est soumise aux logiques financières. Il a été établi qu’il coûte moins cher de recourir au M 23 comme au CNDP et aux groupes armés locaux pompeusement appelés « patriotes maï-maï » plutôt que d’entretenir une armée permanente. D’où l’autre question sous-jacente, celle de rentabilité pour les rebelles du M23 quand ils exigent un dialogue pour entrer dans les institutions de la république qu’ils combattent. Les gains attendus lors d’un déclenchement d’une action militaire dans la durée sont connus. Les ONG et les agences du système des Nations-Unies apparaissent comme des instruments de recherche d’une rentabilité maximale. Avec des biscuits, des bidons jaunes, des bâches là où la culture de haricot s’est vue voler la vedette par la farine d’USAID (agro-business).

 

En RDC, avec tous les correspondants internationaux de la presse, les experts et spécialistes de tout genre, la guerre est devenue un mode de production rentable pour les grandes puissances qu’il est peu probable qu’on y mette fin, à court terme. Par ce que des États clients comme le Rwanda et l’Ouganda trouvent aussi leur compte.

 

Comment solutionner des problèmes qui opposent les intérêts de plusieurs membres influents du Conseil de sécurité ? Voilà pourquoi le SG des Nations-Unies, fatigué de ce jeu de cirque contre la RDC, a crié haut et fort. Malheureusement sans émouvoir les concernés. Dès que les Congolais (es) auront compris cette réalité, la RDC mettra tous les moyens possibles à monter une armée dissuasive capable d’apporter la guerre d’où elle est venue. Notre souveraineté est à ce prix.

 

Nicaise Kibel’Bel Oka

 

 

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