Agression de la RDC par le Rwanda de Paul Kagame (Suite). Quand Paul Kagame court éperdûment à la recherce d’un “génocide” en RDC pour justifier sa nouvelle invasion .

SITREP 2 (Situation Report2)
Evolution de la situation politico-diplomatique et militaire par rapport à celle relevée dans le SITPEP 1 (semaine du 06 au 13 novembre 2022).

 

Au cours de la semaine qui s’achève, deux faits majeurs ont été notés dans le déroulement de la guerre d’agression que Paul Kagame mène en RDC sous couvert du M23.

 

Il y eut d’abord l’annonce du report d’une semaine du 3è Round des rencontres de Nairobi au 21 novembre 2022 alors qu’il était  initialement annoncé pour le 16 novembre 2022. Comme nous allons le voir, ce report n’est pas anodin car il indique une tendance.

 

Il y eut aussi l’annonce en grande pompe de la prise du poste frontalier de Kabuhanga par le M23/Kagame. Les médias occidentaux à la solde de Kagame ont même qualifié ce petit poste douanier pour piétons, de “ville”. Ceci alors que le  poste douanier de Kabuhanga est constitué seulement d’une cabane servant de bureau du douanier et d’une autre servant de son logement. Mais il devient une ville quand le M23 s’en empare. On se demande comment appelleront-ils la vraie ville de Goma lorsqu’elle sera conquise par le M23! Mais la prise de Kabuhanga et sa médiatisation à outrance revêt une dimension particulière dans cette guerre de conquête de Paul Kagame en RDC. Le petite poste de Kabuhanga devient maintenant une ville de la RDC frontalière avec le Rwanda, statut que n’a pas eu même Bunagana, parce que la situation opérationnelle l’exige aux terroristes du M23 de Paul Kagame.

 

Depuis début novembre, le front des combats n’est plus situé à l’intérieur du Parc des volcans où la frontière entre les deux pays est non matérialisée et que les mouvements des troupes et du matériel traversent sans que l’on puisse le remarquer. Les combats sont désormais localisés dans des collines, villages ou agglomérations visibles et localisables. Pour permettre à ses terroristes du M23 de les ravitailler en munitions et des renforts en personnels combattants ou pour évacuer les blessés et les morts, Paul Kagame leur a intimé l’ordre d’occuper et de rester au poste douanier de Kabuhanga. Ceci fait, ces terroristes du M23 pourront désormais recevoir des renforts venant du Rwanda ou y  évacuer ses morts et blessés sans devoir aller s’infiltrer au Parc des volcans ( entre Sabyinyo et Gahinga) pour aller ou venir de Kinigi. Désormais ils peuvent aller se reconditionner au Camp militaire de Mudende ( ancien Campus de l’Université squatté) ou même au Camp des Forces Spéciales de Bigogwe, tous les deux situés sur la piste venant de Kabuhanga et passant par Mudende, ancienne commune Mutura et joignant l’axe Gisenyi-Ruhengeri au niveau de Ku Kabali (Usine Nkamira) près du camp militaire de Bigogwe.

 

Dans ce rapport de situation arrêtée au 19 novembre 2022, nous allons faire une évaluation des possibilités et intentions des deux belligérants (la RDC et Paul Kagame sur trois plans et approches : propagande et médias, opérations militaires, politique et diplomatie

 

En ce qui concerne Paul Kagame

 

Sur le plan de la propagande et des médias, depuis sa première invasion du Zaïre en 1996 jusqu’à la présente qui est en cours en RDC, Paul Kagame a toujours clamé que son armée y allait pour sauver et protéger les tutsi menacés de “génocide’’ dans ce pays. Ayant usé et abusé de ce prétexte pour envahir et occuper pour piller la RDC, même ses créateurs et soutiens lobbies occidentaux ont fini par lui dire que cette chanson devenait un peut vieillotte. Surtout qu’il ne pouvait pas justifier par son prétexte pourquoi il va incendier les villages et massacrer les habitants par exemple dans le fin fond du Maniema, de Tshopo, du Bandundu, de Mbuji Mai… à des milliers de kilomètres du Rwanda, et que les victimes de son armée étaient des congolais de tribus différentes mais qui ne connaissaient pas ce qu’est un tutsi, ni à quoi il ressemble. En effet, aucun tutsi n’a vécu ni ne vit dans ces contrées où Kagame prétend occuper pour protéger les tutsi.

 

Pour l’invsion en cours, Paul Kagame a changé de sémantique et parle de “Congolais rwandophones” qui seraient menacés de “génocide” donc à aller protéger en RDC. Seulement en proclamant ce prétexte, le dictateur tutsi du Rwanda devient plus ridicule que quand il parlait de “tutsi congolais”. En effet, les populations massacrées ou chassées de leurs biens par son M23 au Nord Kivu actuellement, sont majoritairement rwandophones. Ainsi les territoires de Rutshuru, de Nyiragongo, de Tongo et de Masisi dans lesquels l’armée de Kagame vient de chasser la population de ses biens et en massacrant les plus valides, sont habités par des rwandophones, certes hutu, mais bien des rwandophones congolais.

 

Sur le plan des opérations militaires, l’armée de Kagame, sous la couverture du groupe terroriste M23, s’est infiltrée jusqu’à Masisi, un territoire situé à plus de 50 kilomètres au Nord-Ouest de Goma, où elle se répand en petits groupes. Cette invasion de Masisi par l’armée tutsi de Kagame a une signification qui va au-delà des opérations purement militaires. Masisi est en effet considéré comme un fief tutsi du Nord-Kivu. Ceci parce que c’est principalement dans ce territoire que se sont installés les féodo-monarchistes tutsi qui ont fui la Révolution populaire de 1959. Beaucoup d’entre-eux étaient des seigneurs éleveurs qui, ainsi, trouvaient de vastes pâturages pour leurs vaches.

 

Bien plus, les descendants de ces féodo-monarchistes tutsi réinstallés à Masisi se sont engagés en masse dans l’APR, la branche armée du  FPR quand les éléments tutsi de l’armée de l’Ouganda ont décidé d’envahir le Rwanda en 1990. Beaucoup de ces combattants tutsi originaires de Masisi seront placés chaque fois à la tête de chaque rébellion que créait Kagame pour continuer à destabiliser et piller la RDC. C’est le cas des “généraux” Laurent Nkunda, Bosco Ntaganda, Sultan Makenga, etc.

 

Actuellement les officiers servant de guides à l’armée de Kagame qui envahit pour la nième fois la RDC, ou qui sont exposés à la presse, sont des tutsi dont les parents habitaient Masisi, comme un certain Willy Ngoma (pseudonyme), le chouchou des médias occidentaux comme “porte-parole militaire” du soi-disant M23 dans cette nième invasion de la RDC par l’armée tutsi de Kagame.

 

Ainsi donc, en se dispersant dans Masisi, les terroristes tutsi de Kagame comptent présenter les habitants qu’ils exécutent ou qu’ils font exécuter en s’en servant comme “boucliers humains” en cas de contre-attaque des FARDC, comme une preuve que ces FARDC commettraient un “génocide” contre les tutsi du Masisi. Ce qui demeure le rêve de Paul Kagame, car ceci lui procure l’impunité pour ses crimes depuis plus de trois décennies.

 

Sur le plan politique, Kagame n’a aucune contrainte car dans son Rwanda, aucune voix ne peux s’élever pour dénoncer ses pratiques encore moins lui demander à rendre des comptes au peuple. Ceci frise le cynisme et l’inhumanité dans sa caricature. Ainsi, les militaires tombés sur le front en RDC sont enterrés en cachette et leurs familles sommées de déclarer qu’ils se sont suicidés ou victimes d’accidents de roulage. Les familles des défunts qui s’obstineraient à poser des questions, sont menacées de prison et de l’exclusion pour l’octroi des biens meubles ou immeubles laissés par le militaire tombé au front.

 

Sur le plan diplomatique, le 3è round de la rencontre de Nairobi entre le Gouvernement de la RDC et les groupes armés qui le combattent, a été reporté d’une semaine et se tiendra le 21 novembre. Les organisateurs espèrent ainsi qu’entretemps le M23 se sera replié sur Bunagana, comme Paul Kagame l’a promis, selon un communiqué du Facilitateur Uhuru Kenyatta, daté du 17 novembre 2022.

 

Toujours sur le même plan diplomatique, Kagame entend faire admettre à l’opinion régionale et mondiale, que ces incursions en RDC sont nécessaires pour y protéger les tutsi. De même, il tient à ce que ne lui soit pas imposé lui aussi de négocier avec les rwandais des FDLR, comme il impose à la RDC de négocier avec les terroristes du M23 qui ne sont même pas congolais.

 

En ce qui concerne la RDC

 

Sur le plan médiatique et de la propagande, la RDC a évité de tomber dans le piège que lui tendait Kagame, à savoir stigmatiser officiellement tout tutsi congolais. Le Gouvernement a publiquement demandé qu’aucune communauté ne devrait être stigmatisée ou victime du délit de faciès et a menacé de sévir contre quiconque s’y adonnerait et certains excités ont été arrêtés et déférés devant les tribunaux. Bien plus, le président Tshisekedi a reçu tour à tour les représentants des communautés hutu et tutsi congolais pour leur déclarer qu’en RDC aucune communauté ethnique ne doit être inquiétée et que le gouvernement veillera à la sécurité et aux droits de chaque congolais indistinctement de son ethnie.  C’est à cette occasion que les représentants de la communauté tutsi ont signé une déclaration dans laquelle ils déclarent solennellement se désolidariser du M23 et qu’aucune entité ou personnalité attaquant la RDC ne devraient plus prétendre défendre les intérêts des tutsi congolais malgré eux, plus que le gouvernement de leur patrie la RDC.

 

Sur le plan politique, comme l’espace politique est largement ouvert, l’opposition comme les forces vives de la Société civile sont très impliquées dans la gestion de la crise. Le gouvernement se doit de les écouter et d’en tenir compte avant toute prise de décision. Ainsi, les congolais: partis politiques , société civile, confessions religieuses, etc. sont tous d’avis qu’il ne faudrait pas négocier avec le groupe terroriste du M23 et surtout que l’intégration automatique des combattants des groupes armés dans les FARDC avec leurs rangs et grades, ne devrait jamais être recommencée.

 

Si le Gouvernement ou une autre instance politique en RDC se positionnait contre cette opinion publique, ceci signifierait pour lui un suicide politique surtout à moins d’un an des élections.

 

Sur le plan militaire, au moment où nous rédigeons ces lignes, Goma n’est pas tombée. Pour dire que le round de Nairobi risque de s’ouvrir sans que le M23 de Kagame n’obtienne un trophée à brandir pour signifier qu’il est le plus militairement fort et donc qu’il devrait dicter ses exigences. Et comme c’était planifié, ce trophée est la ville de Goma qui devait être conquise avant le 21 novembre, raison pour laquelle le M23/Kagame avait bénéficié d’une semaine supplémentaire (rencontre du 16/11 reportée au 21/11) pour s’emparer du chef-lieu de la province  du Nord Kivu afin de se présenter à Nairobi en position de force.

 

Sur le plan diplomatique, la RDC est malmenée. Tous les médiateurs, facilitateurs de l’UA, de la CIRGL, de l’EAC,…, ont tendance à imposer le M23 pour que la RDC accepte de négocier avec ce groupe terroriste et en plus aux mains des étrangers rwandais même si tutsi. Toute la question est de savoir si le gouvernement de la RDC pourra résister à ces pressions. Mais en cédant, il se ferait hara-kiri car l’opinion congolaise n’entend pas céder face aux terroristes de Paul Kagame. Le gouvernement de Tshisekedi est donc entre le marteau et l’enclume.

 

Mais plus sournoisement, tous ces “diplomates” ont peur de prôner une solution même logique et équitable, mais qui déplairait à Kagame. Ils savent en effet qu’ils ne survivraient pas à son courroux s’il se sent contrarié et surtout que ces puissants lobbies occidentaux qui l’ont créé, et pour qui il travaille, peuvent les faire limoger de n’importe quel poste (même celui de Chef d’Etat) à un simple claquement des doigts.

Conséquence: ils sont obligés de se rabattre et de se décharger sur la RDC pour donner l’impression qu’ils ont œuvré par la paix dans la région des Grands Lacs.

 

*Nota : Ironie du sort et comble de cynisme de la diplomatie: 54 Chefs d’Etats ou de gouvernement se rencontrent ce WE du 19-20 novembre 2022 à Tunis au Sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie( OIF). A noter que la RCD est le premier pays francophone du monde si l’on tient compte de sa population (+ de 120 millions d’habitants). Mais aucun de ces pays francophones n’osera apporter publiquement sa solidarité avec la RDC agressée ou même exprimer une compassion pour sa population innocente victime de velléités hégémoniques et de domination d’autres peuples de Paul Kagame. Paradoxalement, durant ce Sommet de Tunis, Paul Kagame (même absent pour cause de langue, car on n’interprète jamais au Sommet de l’OIF. On parle Français ou on se tait), sera ovationné par ses pairs debout, à l’occasion de la reconduction de sa fidèle et protégée Louise Mushikiwabo à la tête de l’OIF pour un nouveau mandat de quatre ans. Vous avez dit cynisme et hypocrisie!

 

Balance à la veille du 3è Round de Nairobi

 

Il ressort de cette petite évaluation de la situation à la veille du 3è round des rencontres  de Nairobi entre le Gouvernement de la RDC et les groupes armés, que la balance penche plutôt du côté de Paul Kagame et donc de son M23.

 

En effet, n’ayant pas d’opinion publique interne à gérer contrairement à la RDC, Kagame peut tout se permettre au Rwanda comme à l’étranger sans en rendre compte à personne.

Certes les FARDC parviennent à contenir le M23/Kagame pour l’empêcher de prendre Goma comme en 2012. Mais ce M23 de Kagame n’ayant pas de population dont il aurait la charge contrairement aux FARDC, a lui seul l’initiative et lance une opération où et quand il veut. Les FARDC sont comme toute armée régulière dans cette situation, réduites à réagir aux initiatives de l’armée de Paul Kagame.

Comme on l’a vu, la Diplomatie doit marcher sur les œufs pour ne pas heurter Kagame et ses puissants lobbies occidentaux quitte à tout imposer à la RDC surtout que ses FARDC ne sont pas en mesure de bouter les terroristes de Kagame hors du territoire national ou à les neutraliser sur place avant de laisser parler la diplomatie.

 

Attendons pour voir ce qui sortira du 3è Round de Nairobi et surtout l’évolution des opérations militaires sur le terrain où l’initiative des combats est monopolisée par le groupe terroriste du M23/Kagame.

 

A suivre.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

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