Alerte sur la faim et la pauvreté auxquelles les Rwandais sont confrontés

La population rwandaise est confrontée actuellement au problème de famine qui est devenu chronique et cette dernière entraîne les mauvaises conditions de vie auxquelles fait face une majorité de Rwandais : comment se présente la situation ? Quelle en est la cause? Quelle est la solution à envisager ?

 

1.      Quelle est la situation actuelle des Rwandais ?

 

Depuis l’arrivée au pouvoir en 1994 du FPR (Front Patriotique Rwandais, un groupe  tristement baptisé « Abavantara »), les Rwandais de différentes classes sont confrontés aux mauvaises conditions de vie dues à la pauvreté et à la famine qui ne cessent de les menacer. Il est triste d’entendre parler de famine dans un pays où il pleut toute l’année, alors qu’il y a d’autres pays qui ne reçoivent de la pluie que pendant une courte période et qui n’ont pas de famine. En général, les Rwandais ont toujours été des travailleurs qui aiment l’effort de travail et s’efforcent de se développer. Que s’est-il passé pour que les Rwandais soient aujourd’hui menacés de mauvaises conditions de vie et d’extrême pauvreté ?

 

2.      La cause de la faim chronique et de la pauvreté au Rwanda.

 

Dans cette partie, nous allons examiner un certain nombre de causes profondes qui font que les Rwandais souffrent continuellement de la faim et de la pauvreté.

 

2.1 Une politique d’agri-élevage mal pensée et qui conduit à la pauvreté

 

Un groupe baptisé « Abavantara » (ceux qui viennent de l’étranger), dans un long plan, a prévu d’appauvrir les Rwandais afin de mieux  les contrôler. Pour commencer, ce groupe a enlevé le droit à la propriété terrienne au citoyen. Une loi taillée sur mesure stipule que toute la terre appartient à l’État et que le citoyen en est locataire. Ensuite, le citoyen n’est pas autorisé à cultiver sur le terrain loué toute culture qu’il souhaite, propre et adaptée dans la zone où il habite.

 

L’État a mis en place une politique de monoculture  sans tenir compte des besoins de la population. Par exemple : sur une terre collective, on cultive uniquement  du maïs, et l’agriculteur n’a pas le droit de le récolter pour sa consommation ni de décider de la date de récolte car seule la coopérative (dont les responsables appartiennent au groupe qui est au pouvoir) a le privilège de faire l’achat et la vente des récoltes. Des fois, l’agriculteur reçoit des semences non compatibles avec la terre cultivée, et le rendement devient insignifiant.

 

L’utilisation d’engrais chimiques, au lieu d’encourager les agriculteurs à utiliser du fumier, a conduit à la dégradation du sol au point qu’il ne produit plus assez. Les marécages, qui étaient cultivés en période sèche, ont été confisqués par l’État ; l’agriculture de subsistance est remplacée par  l’agriculture pour le marché, conduisant ainsi à la famine au sein des familles.

 

Sur le plan de l’élevage, le programme « Gira Inka » (don d’une vache laitière) a été initié pour les pauvres afin d’obtenir du lait ainsi que des engrais organiques pour soutenir l’agriculture. En fait, pour la couche de la population concernée, ce programme ne sert à rien car le paysan n’est pas en mesure d’entretenir cette vache correctement, le fourrage étant difficile à produire dans un pays où la propriété foncière est mise à mal. De plus, confronté à un problème d’argent, l’éleveur ne peut pas vendre la vache  car celle-ci lui est donnée en usufruit. Le paysan est ainsi prisonnier du système : il travaille fort, mais cela ne l’empêche pas de souffrir de faim ; seul le système du pouvoir en profite.

 

2.2 Le chômage des jeunes

 

Le problème du chômage des jeunes est l’une des pires causes de la pauvreté et des mauvaises conditions de vie au Rwanda où les jeunes représentent 60% de la population du pays. Ce chômage prend principalement ses racines dans la mauvaise qualité de l’éducation. Le sous financement de ce secteur et la multiplication des écoles privées mues par l’appât du gain en sont la cause. Les universités déversent chaque année des lauréats souvent avec des diplômes au rabais. La conséquence est   Que le chômage est endémique .

 

Le gouvernement ne fait rien pour créer des emplois pour ces jeunes. Il les encourage plutôt à démarrer leurs propres entreprises alors qu’ils sont démunis, sans capital. Dans le processus de recrutement, les candidats n’ont pas les mêmes chances, une discrimination des uns en faveur des autres s’observe. En parallèle, la discrimination s’accompagne de la corruption pour accéder à l’emploi, y compris par les charmes sexuels.

 

2.3. La création d’emplois privés est faible car le capital est insuffisant, les intérêts sur les prêts bancaires sont très élevés et l’imposition est dissuasive.

 

Le fait que la création d’emplois soit à un niveau faible est l’une des raisons pour lesquelles la pauvreté et les mauvaises conditions de vie ne peuvent pas être éradiquées parmi les Rwandais.

 

Pour que l’entreprenariat en vue de la création d’emplois soit possible, il est nécessaire que le citoyen ait la capacité d’obtenir des prêts auprès des institutions financières. Il est difficile d’obtenir un prêt sans garantie lorsqu’on ne dispose pas d’actifs. Il y en a qui arrivent à obtenir un prêt bancaire, tout seul ou réunis en groupe ou association, mais ils ne sont pas au bout de leur peine. Beaucoup d’entre eux sont confrontés au problème des impôts élevés mis en place par l’État, entraînant souvent des difficultés de remboursement des prêts. Ils finissent par vendre leurs actifs aux enchères pour que la banque obtienne le remboursement de son argent. Il existe de nombreux exemples de personnes qui ont été privées de leur propriété parce qu’elles n’ont pas remboursé les prêts qu’elles  avaient contractés.

 

2.4. Les guerres et tensions que l’État rwandais entretient contre ses voisins.

 

Le Rwanda est en conflit ouvert ou latent avec tous ses pays voisins, ce qui rend impossible le commerce trans-frontalier en vue d’obtenir suffisamment de produits alimentaires sur le marché. Rétablir de bonnes relations avec les pays voisins est une urgence car cela permettrait aux Rwandais qui le peuvent et/ou le veulent d’aller et venir sans inquiétude, de pratiquer le commerce transfrontalier ou même de quitter le Rwanda  pour aller travailler dans les pays voisins aussi bien dans l’agriculture et l’élevage que dans les métiers des autres secteurs de l’économie.

 

2.5. Des taxes et une imposition exorbitantes et récurrentes

 

Les contributions et taxes  de tout genre que la population doit payer, contribue à la diminution de la capacité financière du citoyen et favorise les plus aisés proches du parti au pouvoir. On peut citer à titre d’illustration la contribution de soutien au parti politique FPR imposée à chaque citoyen, la taxe pour les patrouilles nocturnes (Umutekano), la taxe pour la propreté (Isuku), la taxe pour Ejo Heza (soit disant pour un avenir meilleur), la taxe du Fonds Agaciro (soit disant pour soutenir notre Valeur). Toutes ces taxes sont mises en place dans le but inavoué d’appauvrir la population : cela ressemble à du racket institutionnalisé par l’État, surtout quand ces taxes ne répondent à aucune contrepartie en biens ou en service.

 

3. Quelle est la solution à ces problèmes ?

 

Les rwandais végètent dans la misère la plus abjecte et certains meurent de faim. En analysant en profondeur le régime du FPR en place au  Rwanda, l’on constate que la politique d’appauvrir la population est l’une des armes dont le FPR se sert pour tenir cette population en laisse et les avoir toujours les mains tendues en mendiants, afin de les mater et les diriger d’une main de fer, loin de toute contestation.

 

Par conséquent, tant que le groupe du FPR restera  à la tête du pays, la faim et la pauvreté ne disparaîtront jamais. Et d’ailleurs, les rwandais l’ont vite compris et ont appelé cette famine du nom de « Nzaramba », c’est-à-dire une famine qui s’installe pour rester et demeurer durablement. Pour pouvoir s’en sortir, les rwandais n’ont pas de choix autre que de travailler à un changement de régime politique. Ils ont notamment la solution de se rassembler, faire éventuellement une révolution permettant de changer la gouvernance actuelle.

 

L’opposition politique au régime en place est priée de se mettre en première ligne, de continuer à motiver le peuple et lui apprendre à défendre ses droits afin de se libérer de la tyrannie du FPR. C’est de cette façon que les rwandais pourront casser le cycle de la pauvreté en mettant fin à la tyrannie et à l’accaparement des richesses par le groupuscule au pouvoir. Ce ne sera pas facile, mais c’est possible.               

 

Vestine MUKANOHERI

 

              

 

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