Rwanda-France. Quand la calomnie et les mensonges contre les exilés Hutu en France deviennent une source de revenus et de notoriété. Cas de Théo Englebert contre Aloys Ntiwiragabo

Introduction

 

Depuis quelques années, un certain Théo Englebert publie sur Médiapart des écrits visant Aloys Ntiwiragabo, un exilé rwandais résident régulièrement en France. Le plus récent date du 21 septembre 2023.

 

Tous ses écrits sont un condensé d’anachronismes, d’invraisemblances, d’amalgames, de sensationnalisme, de recyclage de la propagande de la dictature incarnée par Paul Kagame au Rwanda, donc des mensonges éhontés, comme nous allons le montrer dans ce petit article qui décortique la dernière sortie de cet individu.

 

Anachronisme et invraisemblances

 

Acte posé par Aloys Ntiwiragabo juste après l’attentat du 06 avril 1994.

Tout ce que raconte Théo Englebert sur les activités de Ntiwiragabo le soir du 06 et le matin du 07 avril 1994 et les jours suivants montre que l’auteur semble ignorer qu’Aloys Ntiwiragabo, comme officier d’Etat-major de l’armée (G2 : renseignements militaires), était en mission et faisait partie de la délégation conduite par le ministre de la Défense de l’époque Augustin Bizimana à Yaoundé, Cameroun, dans une réunion du Comité consultatif des Nations-Unies sur les questions de sécurité en Afrique centrale. La délégation rwandaise n’est revenue à Kigali que le 9 avril 1994.

 

Le même Théo Englebert prétend que Ntiwiragabo aurait recruté l’opérateur radio Richard Mugenzi et lui aurait chaque fois dicté les faux messages à présenter comme captés dans le réseau du FPR. Or, Richard Mugenzi qui, au départ, travaillait à la préfecture de Gisenyi comme opérateur radio sous les ordres du préfet Côme Bizimungu (un civil), a été mis à la disposition du commandant du camp militaire de Gisenyi d’alors le major Juvénal Bahufite, en 1991. A l’époque, Aloys Ntiwiragabo n’était pas encore transféré dans l’armée et, comme gendarme, il commandait le Groupement de Kigali et le camp Kacyiru. Comment alors pouvait-il, comme gendarme, aller donner des ordres aux personnels aux ordres d’un commandant d’un camp de l’armée, donc son homologue? Il faut être de mauvaise foi comme Théo Englebert pour le laisser croire.

 

Quant aux déclarations actuelles que le pauvre Richard Mugenzi fait maintenant qu’il se trouve aux mains du FPR à Kigali, c’est en contrepartie pour sa survie car s’il disait la vérité sur les messages du FPR qu’il captait, il n’en survivrait pas un jour. Dans un article daté du 14/8/2014, nous avons d’ailleurs parlé en détails du profil et du parcours de Richard Mugenzi, réduit actuellement à être un escroc officiel du régime de Kagame.

 

Amalgame

 

La fonction de G2 et celle de commandant des unités de l’Armée et de la Gendarmerie.
Même s’il est nul en matière de connaissances des affaires militaires, Théo Englebert ne peut pas en faire un prétexte pour faire des amalgames intolérables surtout quand ces amalgames portent préjudice à un honnête homme comme Aloys Ntiwiragabo.

 

Aloys Ntiwiragabo a été nommé G2 à l’Etat Major de l’Armée en juin 1993. Comme tel, il ne commandait directement aucune unité ni de l’Armée et encore moins de la Gendarmerie n’étant plus gendarme. Il etait sous l’autorité du chef d’Etat major de l’Armée qui pouvait le déléguer pour telle ou telle mission ponctuelle en marge de ses attributions classiques de Renseignements.

Mais Théo Englebert ose affirmer que Ntiwiragabo commandaient toutes les unités de l’Armée et de la Gendarmerie dans Kigali.

 

Sensationnalisme

 

Théo Englebert est un habitué du sensationnalisme. Il n’est donc pas à son premier essai. Déjà il y a quelques années , il s’est exclamé comme quoi il venait de “débusquer” Aloys Ntiwiragabo qui se cachait en France.

 

Or, Aloys Ntiwiragabo vivait légalement et ouvertement en France où il est arrivé avec un visa Schengen. Il était (et est encore) connu par tous les services administratifs ou policiers concernés et sous sa véritable indentité depuis son arrivée en France en janvier 2017. Mais Théo Englebert prétend l’avoir “débusqué” d’où il vivrait en France depuis 14 ans!

Comment peut-on débusquer une personnalitéé publique qui ne se cache point et qui n’a ni changé de physionomie ni d’identité? Il faut être un Théo Englebert pour croire que le reste du Monde est moins intelligent que lui et donc qu’il peut lui faire gober toutes ses âneries!

 

Autre sensationnalisme exhibé par Théo Englebert dans son dernier billet. Il affirme avoir eu des documents prouvant l’idéologie du génocide chez Aloys Ntiwiragabo.

Mais en guise de preuves, il raconte qu’Aloys Ntiwiragabo aurait exprimé le souhait d’armer les populations des zones proches du front des combats. D’abord ce souhait avait été exprimé par les commandants des secteurs opérationnels pour que dans les arrières, les patrouilles des populations (amarondo) puissent repérer et signaler à temps les infiltrations de l’ennemi. Avant que cette mesure ne soit complétement appliquée, elle fut annulée par le ministre de la Défense de l’époque James Gasana fin 1992 et les quelques armes (une centaine de fusils) furent ramassées là où elles venaient d’être distribuées principalement en préfecture de Byumba au Mutara dans les communes frontalières avec l’Ouganda, base arrière du FPR.

 

Seul Théo Englebert peut expliquer en quoi cette mesure constitue “une idéologie du génocide” et en quoi elle concerne Aloys Ntiwiragabo.

Pouvons-nous alors retenir que selon cette logique, le président de l’Ukraine qui demande à l’Occident de lui fournir des armes à donner à la population civile pour se défendre contre la Russie, et l’Occident qui s’exécute, tous les deux (Zelensky et l’Occident) seraient animés par “l’idéologie du génocide” et que de ce fait ils seraient auteurs ou complices d’un quelconque génocide qui se commettrait en Ukraine ou en Russie?

Seul Théo Englebert peut répondre.

 

Enfin, en matière de sensationnalisme, Théo Englebert n’a pas oublié de brandir l’épouvantail que constitue les FDLR en affirmant que Aloys Ntiwiragabo fut fondateur et commandant des FDLR. Car l’appartenance et même la connaissance des FDLR suffit pour faire condamner quiconque pour “génocide”.

 

Or, Aloys Ntiwiragabo n’a jamais nié avoir été l’un des fondateurs des FDLR en 1999, une organisation ayant alors pour mission de protéger les réfugiés hutu errant dans la jungle congolaise et poursuivis pour extermination par le corps expéditionnaire de Paul Kagame au Zaire (RDC) depuis 1996 et commandé par James Kabarebe. Les FDLR à la tête desquelles fut Aloys Ntiwiragabo de février 1999 à mars 2002 et qui fut pour cela élevé  au grade de « général major », n’ont donc jamais mené aucune attaque au Rwanda.

 

Recyclage de la propagande de la dictature incarnée par Paul Kagame au Rwanda

 

Théo Englebert n’hésite pas à se vautrer dans le “faux et usage de faux” alors que ceci constitue un délit pénal punissable. Mais nous espérons qu’il en répondra un jour surtout que c’est lui-même qui vient de fournir la corde pour le pendre. En effet, tous les documents qu’il exhibe pour accabler Aloys Ntiwiragabo sont des faux documents présentés comme “d’archives”. Ils ne sont pas signés par leurs auteurs supposés et sont soit non datés, soit anti-datés. L’usage de faux documents pour accuser les Hutu et même d’autres opposants est une marque déposée du régime du FPR de Paul Kagame. Malheureusement, il est en voie d’être importé pour qu’il soit implanté en France aussi. Et les agents et commissionnaires dans ce marché se bousculent au portillon comme le sieur Théo Englebert.

 

En définitive il est clair qu’Aloys Ntiwiragabo est dans le viseur de Théo Englebert et consorts car il est un témoin gênant pour le Front Patriotique Rwandais (FPR) qui est au pouvoir au Rwanda. Le FPR utilise donc son lobby médiatique pour le harceler et le neutraliser. En fait, Aloys Ntiwiragabo expose les méfaits et la responsabilité du FPR dans son livre Rwanda: Le mal de la région des Grands Lacs, paru aux Editions Scribe à Bruxelles (Belgique) en avril 2018. Une raison de plus qu’il ne s’est jamais caché comme le prétend Théo Englebert.

 

 

En guise de conclusion, nous posons quelques questions:

  1. Qui est réellement Théo Englebert?
  2. Pour qui travaille-t-il?
  3. Pour quel intérêt s’acharne-t-il sur les exilés Hutu en France?
  4. Pourquoi, même les personnes apparemment saines d’esprit, sont parfois tentées de croire à ses ragots ?
  5. Pourquoi jouit-il de l’impunité alors que la justice devait l’avoir sanctionné depuis longtemps et à plusieurs reprises?

 

Espérons que nous trouverons un début de réponse lors du procès du 24 mai 2024 à Paris dans lequel Aloys Ntiwiragabo a porté plainte contre le même Théo Englebert.

 

Emmanuel Neretse

 

 

 

 

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