Les Congolais, ce peuple qui mérite bien mieux
« L’homme n’est jamais si proche des dieux que lorsqu’il fait du bien à son prochain ». Cette phrase de Cicéron est, comme l’année dernière, mon vœu du nouvel an que j’adresse à tous nos lecteurs.
Dans sa tribune dans le journal Le Monde, le médecin Didier CANNET (Médecins du Monde) déplore la situation catastrophique à l’Est du Congo. Selon ses propos, « la communauté internationale doit s’engager à apporter un important soutien politique et financier à la RDC ».
L’appel du médecin s’ajoute à d’autres voix plutôt rares qui tirent la sonnette d’alarme pour l’Est du Congo. Seuls les membres de société civile, des artistes et quelques journalistes courageux ne cessent d’appeler au secours pour ce peuple tué, violé, déplacé par la guerre injuste et imposée.
Aujourd’hui, les estimations relèvent plus de 10 millions de morts, des milliers de déplacés et de réfugiés, plusieurs centaines de femmes violées, des milliers de pauvres et d’enfants malnutris, etc. Selon la Banque Mondiale, la RDC fait partie des cinq pays les plus pauvres du monde. C’est la honte pour toute l’humanité.
Ce peuple qui a autant de misères que de richesses, qu’a-t-il fait au Bon Dieu pour mériter ce triste sort? Pourtant, c’est un peuple jovial et généreux. C’est un peuple croyant et accueillant. Son sol généreux (dans tous les sens du terme) a accueilli et nourri aussi bien des riches que des pauvres de ce monde. Il a garni les greniers et les étoffes d’ornements de sa Majesté Léopold II, Roi des Belges, au point d’en faire sa propriété privée.
Le peuple congolais et ses terres ont ouvert les bras aux Rwandais, à différentes époques, pourchassées par les guerres et les famines intempestives. Son inépuisable sol permet aujourd’hui aux multinationales et aux pays riches d’assouvir, de temps à autre, la soif irrépressible d’accroitre leur influence politico-technologique.
Les Congolais qui fuient leurs terres squattées, installés partout dans le monde, participent généreusement aux activités socio-économiques des pays d’accueil. Qu’il s’agisse de sportifs de haut niveau, de musiciens, de chercheurs et de professeurs d’universités, de commerçants des produits exotiques ou encore de ces femmes qui apportent le sourire aux personnes âgées ou en situation de handicap, etc.
Le monde « raisonnable » fait semblant d’ignorer que ces braves gens ont quitté un pays riche, certes, mais transformé en terrain de gangs extrêmement puissants. Ces derniers, soutenus de manière assumée ou pas par les Etats (cf. les rapports de l’ONU), pillent et sèment la désolation, sous le regard et le silence ahurissants du monde entier. L’histoire ne pardonnera jamais une telle indifférence.
Pour conclure, je me permets de nuancer les propos du médecin cité plus haut. A mon avis, la communauté internationale doit s’engager d’abord, et c’est extrêmement urgent, à arrêter la guerre et les viols (ainsi que leurs auteurs), avant tout autre aide, économique ou politique.
Faustin Kabanza
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