Obsèques interdites à Orléans : indignation autour du cas Zigiranyirazo

Les obsèques de Protais Zigiranyirazo, beau-frère de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, devaient se tenir ce jeudi 28 août 2025 à Orléans. Décédé récemment au Niger, son corps avait été rapatrié en France après obtention de toutes les autorisations administratives. Mais à deux jours de la cérémonie, un arrêté municipal du maire d’Orléans est venu interdire les funérailles, déclenchant incompréhension et indignation dans sa famille et auprès de ses proches.

Protais Zigiranyirazo, frère d’Agathe Kanziga, veuve de l’ex-président Habyarimana, avait été poursuivi devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Il a cependant été acquitté de toutes les charges, y compris celles le liant prétendument à « l’Akazu », cercle familial accusé d’avoir orchestré le génocide de 1994. Après sa mort au Niger, la dépouille avait été autorisée à entrer sur le territoire français en vue de funérailles privées à Orléans.

 

Suite aux pressions, un volte face inattendu la mairie d’Orléans est tombé comme un couperet : le maire d’Orléans, Serge Grouard, a pris un arrêté interdisant ces obsèques dans sa commune.

 

L’interdiction est intervenue après l’intervention du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR), dirigé par Alain et Dafrose Gauthier, connus pour leur combat acharné contre Agathe Habyarimana et ses proches. Selon toute vraisemblance, ce collectif a activé ses relais pour empêcher la tenue de la cérémonie. L’archevêque d’Orléans, pour sa part, a refusé que la messe soit célébrée dans son diocèse, une décision qui s’inscrit dans un climat d’influence où certains pointent les relations étroites entre le prélat et le cardinal Antoine Kambanda du Rwanda, figure proche du régime de Paul Kagame.

 

Pour la famille Zigiranyirazo, ce retournement est incompréhensible. Dans un communiqué, elle a annoncé le report des obsèques, dénonçant une décision qui revient à « s’acharner sur un mort ». Beaucoup s’interrogent sur la portée d’une telle mesure alors que toutes les démarches légales avaient été respectées. « Ignorer que la dépouille est entrée en France avec l’accord des autorités nationales pour ensuite interdire une cérémonie funéraire, c’est une atteinte à la dignité humaine », s’indignent certains proches.

L’arrêté municipal d’Orléans pourrait faire l’objet d’un recours contentieux. En droit français, la famille dispose en effet de la possibilité de contester en justice cette décision exceptionnelle. En attendant, la polémique enfle et alimente le débat sur le respect dû aux morts, quelles que soient les controverses entourant leur parcours.

 

Jane Mugeni

 

 

 

 

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