La discrimination ethnique au Rwanda: la violation des droits fondamentaux de l’homme

  1. Introduction

 

La discrimination ethnique au Rwanda est inscrite dans diverses dispositions législatives. Le terme « ethnicité » révèle les contradictions du gouvernement rwandais. Dans certains textes, le Rwanda admet l’existence de groupes ethniques notamment lorsqu’on lit les articles relatant le génocide perpétré contre les Tutsis. Reconnaître l’existence d’un groupe ethnique victime de génocide revient à admettre l’existence de groupes ethniques au Rwanda: les Twas, les Hutus et les Tutsis. Une lecture attentive de la loi relative à l’idéologie du génocide et de la Constitution confirme que le Gouvernement Rwandais admet un génocide contre les Tutsis et s’engage à empêcher de se reproduire. Le code pénal punit la discrimination ethnique dans les articles 163 et 164.

 

Par ailleurs, de nombreux autres passages dans les documents officiels nient l’existence de groupes ethniques dans le pays. Une analyse attentive révèle que le Gouvernement Rwandais dissimule l’existence de groupes ethniques au Rwanda, car le FPR cherche à opprimer les Hutus et à favoriser les Tutsis. Les Hutus devraient occuper des postes administratifs et gérer des ressources nationales à hauteur de 89% de leur poids démographique. Par conséquent, les Tutsis ne devraient pas accaparer tous les postes clés de la gouvernance alors qu’ils représentent seulement 10% de la population. Les Twas, quant à eux, devraient se voir attribuer 1 % de la population totale.

 

Il est clair que le gouvernement du FPR souhaite éviter que le nombre de la population de chaque groupe ethnique ne soit diffusé, car cela inciterait chaque groupe à revendiquer une représentation proportionnelle à sa majorité. C’est une des principales raisons pour lesquelles le Gouvernement du FPR affirme qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda. Au Rwanda, un équilibre ethnique devrait être instauré de façon qu’il est fondé sur la représentation de chaque groupe ethnique en pourcentage de la population totale. Cet équilibre ethnique doit se refléter dans tous les aspects de la vie des citoyens. L’égalité ethnique doit être prise en compte dans l’attribution des places dans les écoles et universités publiques. Elle doit également l’être lors du recrutement dans l’armée, la police, les services de sécurité et le système judiciaire. Aucune institution, publique ou privée, ne saurait ignorer ce principe. L’injustice subie par les Hutus et les Twa doit cesser et le principe d’égalité de tous les groupes ethniques doit être appliqué.

 

  1. Des règles applicables au principe de l’égalité ethnique

 

De nombreuses conventions et traités internationaux régissent le principe d’égalité ethnique. L’article 3 de la Première Partie de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, adoptée en 1965 par l’Assemblée générale des Nations Unies, condamne la ségrégation raciale et engage les États membres à l’interdire sur l’ensemble de leur territoire. L’article 7 de cette Convention stipule que les États membres doivent prendre des mesures efficaces pour prévenir la discrimination dans plusieurs secteurs notamment l’éducation.

 

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) énonce en son article 1 que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. L’article 7 stipule que la protection légale contre toutes les formes de discrimination est un droit inhérent à tout être humain.

 

La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples précise en son article 3(1) que toute personne jouit d’une pleine égalité devant la loi. L’article 3 (2) précise que toute personne a droit à une égale protection de la loi. L’article 20 de la Charte des Droits Fondamentaux de l’Union Européenne consacre le principe de l’égalité de tous devant la loi tandis que l’article 21(1) interdit toute forme de discrimination. Cet article mentionne diverses formes de discrimination y compris la discrimination ethnique.

 

L’article 16 de la Constitution rwandaise consacre le principe de l’égalité de tous devant la loi. Cet article stipule que toute forme de discrimination est interdite. Parmi les formes de discrimination interdites figure la discrimination ethnique. L’article 10(2) de cette Constitution rwandaise précise que le gouvernement rwandais s’engage à lutter contre toute discrimination et division fondées sur l’appartenance ethnique ou toute autre forme de ségrégation. L’article 10(3) précise que le Gouvernement Rwandais s’engage à promouvoir le principe du partage de pouvoir.

 

Le code pénal rwandais, promulgué en 2018, punit toutes les formes de discrimination y compris la discrimination ethnique. L’article 163 énumère les actes de discrimination punissables tandis que l’article 164 punit l’incitation à la haine ethnique qui tend à diviser les personnes ou à les dresser les unes contre les autres.

 

  1. L’application de la justice distributive à la question ethnique au Rwanda

 

La justice distributive signifie la répartition équitable des biens, des services et des avantages parmi des membres qui composent une société donnée. Beaucoup de critères de cette répartition entrent en jeu. Parmi des éléments à tenir en considération nous pouvons citer la contribution au revenue national d’un pays, le statut social d’un groupe, des statistiques démographiques qui démontrent la taille de chaque groupe social, etc.

 

La justice sociale implique d’abord que chacun reçoit une part qui correspond à sa façon de contribuer au développement économique d’un pays. Ceci veut dire que celui qui contribue beaucoup recevra une part de lion et celui qui contribue peu recevra une part proportionnel à ses revenus. Ici, l’on constate que c’est le principe d’égalité qui pilote la façon de distribuer des biens et opportunités entre des groupes sociaux d’une communauté donnée. Ce principe signifie que chacun reçoit ce qui correspond à sa taille selon des critères établis pour la répartition. Pour le cas des trois groupes ethniques au Rwanda, si l’on établit que des postes importants seront accordés en considération de la démographie de chaque groupe des Hutus recevront 89% de ces postes, des Tutsis recevront 10% et des Batwa recevront 1%.

Ce principe d’égalité est mathématiquement schématisé de façon que personne ne peut recevoir ce qui est au-dessus ou au-dessous du pourcentage de sa taille selon des statistiques démographiques des trois groupes ethniques qui composent la société rwandaise en principe. Ce principe d’égalité dégage donc des handicaps soulevés par le fait que certains groupes sociaux nécessitent de recevoir plus ou moins par rapport au pourcentage de leurs nombres démographiques.

Donc, il faut mener une analyse de chaque groupe social en tenant compte de beaucoup d’aspects comme le sexe ou la région. C’est dans ce cadre que des Batwa recevront ce qui au-dessus de 1% à cause de leur faible niveau d’éducation ou leur pauvreté par rapport aux autres groupe ethniques. Cette répartition qui vire vers l’écrasement du principe d’égalité suscite le principe de l’équité qui envisage l’abolition du favoritisme et discrimination. Le principe d’égalité suppose que tous les homes sont nés libres et égaux et resteront tels durant leur existence. Alors tous les groupes sociaux sont égaux et chacun d’eux recevra ce qui correspond au pourcentage de sa taille démographique.

 

Par ailleurs, cette ligne de conduit pour répartir des biens et des avantages du pays parmi des citoyens es se confinant sur le principe d’égalité se démontre injuste parce que certains groupes de personnes seront désavantagés à cause de leur statut social, ethnie, région ou autres critères. Ceci veut dire par exemple qu’une région la plus surpeuplée et qui héberge beaucoup de commerçants sera plus avantagée qu’aux autres régions parce que sa contribution aux revenus nationaux sera plus importante qu’à celle d’une région qui a une faible population et qui n’a pas de contribuables qui exercent des activités importantes dans le monde des affaires.

 

Dans ce contexte, dans la justice distributive il y a lieu de considérer quelques différences qui prouvent qu’un groupe ethnique donné a des besoins particuliers qui devraient attirer l’attention dans la distribution des biens et avantages du pays. Ainsi donc, la politique du Président Habyarimana qu’on appelait “iringaniza” qui est sous entendue comme “l’équilibre social” trouve son champ d’application. En tout état de cause, l’équilibre social doit trouver son point de départ dans les statistiques exactes de chaque taille démographique du groupe ethnique.

 

Donc, la justice distributive est une combinaison de deux principes: le principe d’égalité et le principe d’équité. L’égalité considère la prépondérance numérique de chaque groupe social et doit être tout simplement une question de calculs mathématiques tandis que le principe d’équité doit tenir en considération des critères qui établissent des différences entre des groupes sociaux basées par exemple sur le sexe ou la façon dont chaque groupe a avancé économiquement, culturellement ou éducationnellement. Le critère de la marginalisation doit être pris en considération dans le principe d’équité pour éviter que le partage mathématique des biens et avantages entre des citoyens n’engendre pas une certaine forme d’injustice sociale.

 

  1. La nature du problème ethnique au Rwanda

 

Le Rwanda est peuplé de trois groupes ethniques: les Twa, les Hutu et les Tutsi. Les Twa furent les premiers habitants du Rwanda et vivaient de la chasse et de la cueillette de fruits en forêts. Les Hutu vinrent ensuite à la rencontre des Twa. Les Hutu vivaient de l’agriculture. Les Hutus défrichèrent des forêts naturelles aux grands arbres et commencèrent à les abattre pour trouver des terres pour construire des maisons d’habitat et cultiver. Les Hutu fabriquaient également des outils comme des machettes et des houes pour l’agriculture, ainsi que des armes pour se défendre, notamment contre les animaux sauvages rencontrés en forêt. Les Tutsi vinrent ensuite à la rencontre des Hutu et des Twa et élevèrent des bovins à longues cornes. Les Tutsi sont apparentés aux peuples nilotiques, tandis que les Hutu sont apparentés aux Bantous.

Depuis que ces trois groupes ethniques ont vécu ensemble, aucun conflit n’a éclaté dans les premières années. Les Hutus vivaient en familles dirigées par celui que l’on appelait « Umuhinza », ou « roi Hutu ». Cette organisation sociale était à convoiter car tout se faisait sous l’œil farouche de ce roi qui devrait punir sévèrement toute tentative de déstabilisation. Ceci renvoie à dire que la paix légendaire dans les roitelets des Hutus. Le roi organisait des travaux de production à tel point personne ne pouvait mourir de faim ou manquer de ses besoins de base pour sa survie. L’art de cette organisation de la société était une sorte d’écovillage qui envisageait l’autosuffisance des membres de cette communauté, la paix durable et la justice sociale. Dans ces royaumes dirigés par des rois Hutus, il y avait le respect qui était accordé à tout un chacun selon son niveau social et son âge. Au sein de son royaume, le roi Hutu assurait la sécurité avec son armée et faisait tout son mieux possible pour semer l’esprit d’harmonie dans tous les membres en les réconciliant en cas de dispute. Il présidait des cérémonies sociales et trancher des conflits.

 

Les Tutsis avaient des vaches et les gardaient dans les champs à ciel ouvert sur des montagnes et dans les plaines. Il est clair que les Tutsis avaient besoin de vastes étendues de terre pour élever leur bétail. Quelques années plus tard, ils commencèrent à combattre les Hutus pour s’emparer de leurs territoires. Incapables de les conquérir par la force des armes, les Tutsis tentèrent d’utiliser leurs filles. Les Tutsis donnaient leurs filles à des rois Hutus, et ces filles en collaboration de leur pères massacrèrent ces Hutus par après. Ce fut notamment le cas du roi Mashira de Nduga et de Biyoro qui régnait sur Mubari et qui fut tué par Kigeri II Ndabarasa.

 

Après avoir vaincu les rois Hutus, les Tutsis établirent leur propre royaume, connu sous le nom de «dynastie tutsie», caractérisée par le symbole monarchique de “Karinga”. Le pouvoir tutsi était consolidé par le système du « clientélisme ». Le clientélisme était un contrat entre un Tutsi et un Hutu. Ce dernier s’engageait à effectuer des travaux pénibles tels que la culture, la construction de maisons pour son maître, sa protection, son transport, etc. En bref, le Hutu était un instrument du Tutsi qui le traitait comme un objet sans valeur humaine. Le Tutsi méprisait son sujet Hutu dont la vie était à la merci de son maître, ce seigneur pouvait la lui ôter sans préavis. Le clientélisme perdurait jusqu’à ce que le sujet ne soit plus en mesure d’assurer ses obligations et, dans ce cas, ses enfants prennent sa relève. Un Hutu ne recevait d’autre récompense que des coups, des persécutions et des insultes.

 

Ce conflit entre Hutus et Tutsis a perduré jusqu’à l’arrivée des Européens. Au lieu de le résoudre, ces derniers l’ont aggravé et perpétué. Ils ont soutenu les Tutsis dans l’oppression des Hutus et ont créé des écoles réservées aux enfants Tutsis. Des enfants Hutus scolarisés étaient inscrits à un programme de l’après-midi et n’apprenaient qu’à jouer, chanter et dessiner, tandis que des enfants Tutsis étudiaient le matin et recevaient un enseignement en mathématiques et en langues. Les Européens ont fondé un lycée appelé « Indatwa » à Butare et l’école Saint-Expéry à Bujumbura. Ces établissements étaient fréquentés uniquement par des enfants Tutsis et une faible quantité des enfants Hutus. Ces derniers, désireux d’étudier, se rendaient dans des écoles religieuses.

Les Européens n’ont pas importé le conflit ethnique au Rwanda; ils l’y ont trouvé. Au lieu de traiter les Hutus avec justice, ils ont mis en place un système d’oppression systématique à leur encontre. Les Hutus ont été exclus du pouvoir et les Tutsis ont obtenu des postes importants au sein de la gouvernance du pays.

 

À leur arrivée au Rwanda, les Blancs constatèrent que les Tutsis se proclamaient “ceux qui tombent du ciel” ou encore «dieux». Les Tutsis affirmaient n’avoir aucun lien de parenté avec les Hutus. Les Blancs prirent parti pour les Tutsis et renforcèrent leur mensonge selon lequel ils étaient des êtres supérieurs, loin supérieurs aux Hutus. C’est dans ce contexte que les Blancs instaurèrent le travail forcé, réservé aux Hutus. Ceux qui refusaient d’effectuer ces tâches ou qui manifestaient leur mécontentement étaient fouettés. Dans la décennie précédant l’indépendance, cette injustice flagrante envers les Hutus devint un enjeu majeur du conflit entre Hutus et Tutsis. Les Tutsis souhaitaient perpétuer l’oppression des Hutus pour toujours.

 

En 1958 la question entre les Hutus et les Tutsis fut portée devant le roi Rudahigwa, qui, avec ses hauts fonctionnaires, déclara qu’il n’existait aucun lien entre un Hutu et un Tutsi. Les Tutsis, voyant que les Blancs continuaient de les contraindre à céder l’injustice sociale commise contre les Hutus, formèrent le parti UNAR dont l’objectif était de préserver leur domination dynastique et de s’y maintenir durablement. Kayibanda et d’autres politiciens se mirent ensemble dans la lute pour l’émancipation des Hutus et fondèrent le parti politique appelé PARMEHUTU. Joseph Gitera Habyarimana fonda le parti politique appelé APROSOMA qui était plus catégorique que le PARMEHUTU dans la lutte pour l’abolition de la monarchie Tutsi.

 

Petit à petit les Tutsis comprirent que le pouvoir était sur le point de leur échapper et commencèrent à persécuter les Hutus membres des partis politiques de Gitera et Kayibanda. Ces actes de violence et ces massacres menèrent à la révolution de 1959. En novembre 1959, Mbonyumutwa Dominique, le sous-chef de Ndiza, fut attaqué par des jeunes Tutsis alors qu’il venait d’assister à la messe Eucharistique de la Toussaint avec sa femme. Mbonyumutwa Dominique s’échappa bel et bien mais cette agression provoqua un soulèvement général dans toute la région de Gitarama et puis dans le pays entier. La raison de ces troubles généralisés était fondée sur le fait que le roi Kigeri Ndahindurwa a profité de la situation et a envoyé ses troupes pour tuer des dirigeants des partis PERMEHUTU et APROSOMA. Le roi Kigeri et ses troupes massacrèrent de nombreux Hutus, plongeant le pays tout entier dans le chaos.

 

Les émeutes de 1959 n’ont pas été provoquées par les Blancs. Le roi Kigeri fut à l’origine de ces troubles car il organisa des assassinats de militants de premier plan au sein du PARMEHUTU de Kayibanda et de l’APROSOMA de Gitera. Dès le début du massacre perpétré par Kigeri et son armée, les Hutus protestèrent et refusèrent d’être massacrés comme des vermines. Ils incendièrent des maisons des Tutsis, contraignant un grand nombre d’entre eux à fuir à l’étranger. Le roi Kigeri s’enfuit lui aussi avec les Tutsis.

 

Si l’on examine le nombre de victimes de cette période de troubles, l’on constate que la majorité étaient des Hutus. Nous rappelons que le nombre de Tutsis impliqués dans ces émeutes fut très élevé et que beaucoup furent emprisonnés, puis libérés en raison des élections de juin-juillet 1960. Ces élections visaient à élire des maires de communes qui, à leur tour, éliraient des députés qui installeraient un gouvernement provisoire dirigé par Kayibanda en octobre 1960. Les dirigeant du parti UNAR déclarèrent que si leurs membres étaient emprisonnés pour leurs crimes commis lors des émeutes de novembre 1959, ils ne participeraient pas aux élections. Lorsque des membres de l’UNAR furent libérés ils rejoignirent immédiatement des autres Tutsis en exil.

 

Ces émeutes prirent fin avec les élections communales de juin-juillet 1960, qui portèrent également Kayibanda au poste de Premier ministre. Ces élections furent celles qui menèrent au coup d’État de Gitarama le 28 janvier 1961. Ce coup d’État fut appuyé par des élections générales dites « Kamarampaka » du 25 septembre 1961, qui mènent à la victoire du parti PERMEHUTU et la défaite du parti UNAR, partisan de la monarchie. Le ministre de l’Unité et de la Réconciliation, le Dr Bizimana Jean Damascène, est un acteur clé de la fabrication de mensonges concernant le conflit entre Hutus et Tutsis. Bizimana affirme que le problème Hutu-Tutsi a été provoqué par les Blancs. À un moment donné, Bizimana va jusqu’à dire que les émeutes de 1959 ont été causées par les Hutus et qu’ils les avaient préparés pour tuer les Tutsis.

 

Depuis 1959 et des années qui ont suivi la question ethnique entre les Hutus et les Tutsis devint un brasier inextinguible car les Tutsis ayant fui le pays lancèrent des attaques incessantes visant à restaurer la monarchie. Ces envahisseurs se firent appeler « Inyenzi » pour désigner leur force armée. Ils conservèrent ce nom jusqu’en 1967, date de leur disparition. On peut supposer qu’ils disparurent mais ils continuèrent d’œuvrer clandestinement, préparant leur plan pour renverser la « République démocratique ». Ils changèrent alors leur nom d’« Inyenzi » en « Inkotanyi » et envahirent le pays dans la nuit du 30 septembre 1990. Ces envahisseurs étaient des soldats de l’armée ougandaise, occupant des grades élevés. Nombre d’entre eux, à l’instar de Fred Rwigema, ancien commandant adjoint de l’armée ougandaise, parvinrent à se procurer un arsenal important, qu’ils dissimulèrent dans des bâtiments construites pour cette fin dans ce pays. Ces armes furent utilisées lors de l’invasion du pays par les Inkotanyi en 1990. Ces derniers étaient principalement composés d’enfants et de petits-enfants des Inyenzi qui avaient envahi le pays après son indépendance en 1962. Les Inkotanyi constituent donc un groupe armé formé de réfugiés Tutsis ayant fui à différentes périodes depuis 1959.

 

Après la prise de pouvoir des Inkotanyi en juillet 1994, les intérêts des Tutsis furent privilégiés au Rwanda par le FPR, des Hutus furent tués et d’autres emprisonnés. Nombre d’entre eux fuirent le pays, tandis que ceux qui sont restés furent déplacés et appauvris. Les Hutus qui demeurèrent sur place furent confrontés à de graves difficultés: beaucoup furent tués et torturés, certains enterrés vivants, d’autres furent enfermés dans des maisons puis brûlés vifs, d’autres encore furent victimes de massacres qui se généralisèrent presque partout dans le pays après être rassemblés en places ouvertes en réunions. Les enfants et les personnes âgées ne bénéficièrent d’aucune pitié. Les Hutus furent ouvertement dépossédés de leurs biens. Les Tutsis fabriquèrent de fausses accusations lors des procès dits « gacaca », et les maisons et les terres des Hutus furent confisquées.

 

Lors de ces procès, de nombreux Hutus furent accusés de génocide et furent jetés en prison. Les Tutsis tués lors du génocide utilisèrent ce massacre comme un puissant moyen de pression pour réduire les Hutus au silence. Un Hutu qui osait relever la tête était soit accusé de crimes de génocide ou il disparaissait. Devant des tribunaux rwandais, aucun Tutsi n’a jamais été jugé pour le meurtre de Hutus, tandis que de nombreux Hutus ont été arrêtés et jugés pour le meurtre de Tutsis. Tous les crimes commis par des Tutsis, qu’il s’agisse de meurtres ou d’emprisonnements arbitraires de Hutus, ne sont jamais poursuivis en justice.

 

Les enfants tutsis sont scolarisés dans des écoles et sont finances par des association des rescapés comme FARG tandis que les enfants hutus fréquentent à peine. Dans la fonction publique, des postes les plus importants sont réservés aux Tutsis. Dans l’armée, les officiers supérieurs sont majoritairement des Tutsis. Ceci démontre la complexité croissante du conflit entre Hutus et Tutsis. Aucune réconciliation nationale n’a jamais eu lieu entre eux. La véritable réconciliation nationale repose sur la justice; sans justice pour les Hutus, il est impossible de parler de réconciliation nationale. La véritable réconciliation nationale implique la justice basée sur la réparation des dommages causes et la reconnaissance des massacres commis par des Tutsis contre des Hutus.

 

  1. Le fondement du mensonge niant l’existence de trois groupes ethniques au Rwanda

 

Je conteste certaines idées d’Alexis Kagame, de Jean Mukimbiri et de Muzungu Bernardin, ainsi que de Delmas qui affirment qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda car les Rwandais parlent la même langue, partagent la même culture, les mêmes liens de parenté, la même religion et les mêmes valeurs sociales. L’ouvrage du père Alexis Kagame, « Inganji Kalinga », est devenu une référence historique pour le FPR, mais cette histoire est assurément biaisée et truffée de mensonges. Muzungu Bernardin et Jean Mukimbiri ont publié en 1995 dans “les Cahiers du Centre Saint-Dominique” de nombreux articles visant à convaincre qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda. Le gouvernement rwandais les a intégrés à son programme « Ndi Umunyarwanda » qui a pour objectif de propager cette idée. Dans “les Cahiers du Centre Saint-Dominique” Jean Mukimbiri explique que la croyance selon laquelle les Hutus, les Tutsis et les Twas proviendraient de pays différents est sans fondement. En résumé, Mukimbiri réfute l’idée que les Hutus et des Tutsis proviennent de différents pays et seraient donc différents.

 

Il est vrai que les Hutus, Tutsis et Twa ne sont pas un seul et même peuple ; leurs différences s’expliquent par les migrations qui montrent que les Hutus sont originaires des environs du Lac Tchad (Nigeria, Tchad, Cameroun) et apparentés aux peuples Bantous. Les Tutsis sont apparentés aux peuples nilotiques et originaires de certaines régions d’Éthiopie, tout comme les Himas d’Ouganda ou les Kalenjins du Kenya. Les Twa sont apparentés aux Twa des forêts du Congo. Nul ne conteste que les Twa soient les premiers habitants du pays; les Hutus sont venus les deuxièmes suivis des Tutsis.

 

Concernant la langue, on constate que ces groupes ethniques ne parlaient pas la même langue à l’origine, mais qu’ils ont tous appris “Igihutu”, la langue qui les unit et qu’on appelle aujourd’hui le Kinyarwanda. On se souvient que dans des régions comme Rutshuru, la majorité des habitants sont des Hutus qui ne parlent pas le Kinyarwanda mais “Igihutu” que nous appelons désormais le Kinyarwanda pour notre simple entendement. L’unité linguistique ne s’explique pas par une quelconque différence entre les Hutus et les Tutsis, mais plutôt par le fait que les Hutus étaient nombreux et les Tutsis qui étaient peu nombreux ont appris la langue des Hutus qui s’appelait “Igihutu”. Après avoir appris “Igihutu”, les Tutsis en ont transformé le nom et, au lieu de l’appeler “Igihutu”, ils l’ont appelée “Ikinyarwanda”. Le fait que les deux groupes ethniques partagent une langue ne signifie pas qu’ils appartiennent au même groupe ethnique. Au Malawi, les Chichewa parlent le Chichewa, tandis que de nombreux groupes ethniques en Zambie parlent cette langue et l’appellent “Kinyanja”. Ces groupes ethniques sont différents, mais partagent une langue commune. En Tanzanie, de nombreux groupes ethniques sont unis par le Kiswahili, mais restent différents.

 

La sélection naturelle a conduit la langue “Igihutu” à absorber des langues nilotiques parlées par les Tutsis. Ces derniers, peu nombreux, ont choisi d’abandonner le nom de la langue « Igihutu » au profit du “Kinyarwanda”. Cette sélection naturelle a également engendré une homogénéité culturelle et religieuse. Dans ce processus linguistique la volonté politique a joué un rôle majeur car des dirigeants en place ont imposé leurs lois à la société, façonnant ainsi la culture et la langue telles que nous les connaissons aujourd’hui. Prenons un exemple: au Rwanda de Paul Kagame, le Français a été remplacé par l’Anglais. L’enseignement est dispensé en Anglais, alors qu’auparavant il l’était en Français. Si cette situation perdure les enfants qui naîtront bientôt au Rwanda auront l’impression que le Français n’a jamais été utilisé dans ce pays. Cela montre comment la volonté politique influence l’apparence et le caractère de la langue parlée dans un pays. En Tanzanie, de nombreux enfants ne connaissent pas la langue de leurs parents car ceux-ci parlent le Kiswahili. Dans les années à venir, le Kiswahili deviendra leur langue commune et maternelle.

 

Concernant les valeurs sociales, de nombreux groupes ethniques africains partagent les mêmes valeurs sociales, tout en étant différents. Prenons l’exemple du mariage: cette cérémonie est célébrée par de nombreux groupes ethniques différents. Cela ne suffit pas à convaincre qui que ce soit qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda parce que les Hutus, les Tutsis et les Twas partagent de nombreux rituels qui caractérisent la vie commune en société.

 

Avant l’arrivée des Tutsis, il y a avait de nombreuses coutumes pratiquées par les Hutu, surtout lors des mariages de leurs enfants, au moment des semailles, lors de la construction d’une nouvelle maison, le rituel de sceller un pacte entre deux personnes appelé communément “guca kunda”, les rituels effectués en cas de sécheresse pour implorer le bon Dieu d’envoyer la pluie, les rituels sollicitant la bénédiction de Dieu dans divers aspects de la vie, les rituels liés à la récolte, et beaucoup d’autres rituels. Ces coutumes ont perduré même si au cours des années elles ont subi des modifications dues à l’interpénétration des cultures. Au premier contact, il y avait peu de Tutsi et beaucoup de Hutu. La culture des Hutu a prédominé sur celle des Tutsi. Ainsi, beaucoup de ces rituels que nous voyons aujourd’hui n’ont pas été introduits par les Tutsi mais ils les ont trouvés au Rwanda et s’y sont adaptés. Par conséquent, le fait que les Hutu, les Twa et les Tutsi partagent des coutumes communes n’est pas une base solide pour dire qu’il n’y a pas de groupes ethniques au Rwanda.

 

Il est absurde d’entendre dire qu’il n’y a pas de groupes ethniques au Rwanda parce que tous les Rwandais vénèrent le même Dieu! Nous savons que ce rituel d’adoration connu sous le nom de “kubandwa” a été inventé par Ruganzu Ndoli, qui a introduit cette culture vers le XVIIe siècle. Les rituels de culte liés au Ryangombe ne sont pas très anciens. Les Rwandais, comme dans de nombreux pays africains, vénéraient un seul Dieu à travers leurs ancêtres. Dans de nombreux pays africains, lorsqu’une personne meurt, elle devient un esprit qui, au cours des années, acquiert le pouvoir d’aider et de protéger tous ses descendants lorsqu’ils l’invoquent. Affirmer qu’il n’y a pas de groupes ethniques au Rwanda parce que tous les Rwandais vénèrent le même Dieu à travers Ryangombe est un mensonge et une tentative de dissimuler la question des groupes ethniques au Rwanda.

 

Je souhaite donc m’objecter aux propos du Ministre de l’unité et la réconciliation au Rwanda qui affirme qu’il n’y a pas de groupes ethniques au Rwanda: le gouvernement rwandais affirme que tout le peuple rwandais est appelé “Abanyarwanda” et qu’il n’y a ni Hutus, ni Tutsis, ni Twas vivant au Rwanda. Ainsi donc, affirmer l’existence de groupes ethniques au Rwanda est un crime punissable par la loi au nom de l’idéologie du génocide. Je réfute cette affirmation en me fondant sur le principe des caractéristiques tribales. Ces caractéristiques existaient depuis des temps immémoriaux, puis ont progressivement disparu ou se sont combinées pour diverses raisons, notamment la sélection naturelle.

 

Ceux qui prétendent qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda et que chaque groupe ethnique ne possède pas de caractéristiques propres mentent. Les affirmations du gouvernement rwandais se fondent sur les écrits d’auteurs qui ont servi les intérêts du parti politique dirigé par le FPR. Par exemple, Alexis Kagame a écrit «Inganji Kalinga» dans le but de protéger le régime Tutsi. Cet ouvrage, destiné à consolider le mensonge des mythes tutsis est une bibliothèque chère des Tutsis, il leur a servi de manuel, car il décrit comment ils ont opprimé et dominé les autres groupes ethniques. Muzungu Bernardin, prêtre dominicain, figurait parmi les auteurs choisis par le régime du FPR pour falsifier l’histoire et nier l’existence de groupes ethniques au Rwanda. Il a atteint cet objectif en écrivant abondamment et en citant le chercheur Delmas, qui avait écrit sur les groupes ethniques au Rwanda en 1940. Le père Muzungu Bernardin affirme qu’il n’existe pas de groupes ethniques au Rwanda car aucun groupe ethnique ne possède de caractéristiques uniques (langue, culture, religion, rituels traditionnels, origines, etc.). J’ai expliqué tout cela plus haut en précisant comment le terme « race » au Rwanda devrait être utilisé pour désigner les Hutus, les Twas et les Tutsis.

 

  1. La violation du principe de l’égalité ethnique au Rwanda

 

Le gouvernement du FPR a rétabli “le clientélisme nouvelle formule” afin de favoriser les Tutsis de manière détournée même si cela saute aux yeux. Dans les écoles, les Tutsis sont majoritaires bien qu’ils représentent généralement 9% de la population. Au sein des structures administratives, ils occupent des postes importants tandis que les Hutus et les Twas sont exclus de la gestion des ressources nationales ou sont donnés des postes moins importants qui ne correspondent pas à leur pourcentage par rapport à la population nationale. Ainsi donc, les Hutus devraient occuper des postes qui correspondent à 89% tandis que les Twa devraient être représentés par 1%. Le FPR a écrasé le point de recensement national qui pouvait démontrer des statistiques des trois groupes ethniques parce que ces données suscitent la question de la justice sociale qui veut que chaque groupe social soit représenté dans la gestion des affaires du pays en fonction de sa prépondérance numérique. C’est dans ce cadre qu’il y a un besoin important et urgent de démontrer le nombre exact des Hutus, des Twas et des Tutsis pour qu’on accorde à chaque groupe ethnique des postes qui sont équivalents à son pourcentage par rapport à la totalité de la population nationale.

 

Ce problème de faire un recensement national des trois ethnies qui peuplent le pays dérange fortement le FPR qui a mis an avant un but malicieux d’opprimer les Hutus et de favoriser les Tutsis. Cette question, avec d’autres fins très égoïstes et déroutantes, a emmené le FPR à propager partout dans le monde entier qu’il n’y a pas d’ethnies au Rwanda bien qu’il reconnaisse que l’ethnie des Tutsi a été massacrée. Cette contradiction flagrante démontre un mensonge dénudé d’un régime basé sur l’injustice sociale qui intronise l’inégalité ethnique. Ce recensement nationale serait une épine dans la chair parce qu’il démontrerait que les Tutsis sont les mieux favorisés que les Hutus dans la gestion des affaires du pays. Faisons une petite pause et jetons des yeux sur l’armée, sans trop de difficultés on remarquera que Presque tous les officiers supérieurs sont des Tutsis. A l’université Nationale et dans d’autres écoles supérieures l’on constate que la majorité des étudiants sont des Tutsis. Des facultés comme la Médecine et la Pharmacie sont presque exclusivement réservées aux Tutsis.

 

Le gouvernement rwandais dirigé par le FPR utilise cette méthode de discrimination ethnique en niant l’existence de groupes ethniques au Rwanda car s’il reconnaissait trois groupes ethniques, chaque groupe se verrait attribuer un nombre de postes proportionnel à son poids démographique. Si les Tutsis représentent 10%, les Hutus 89% et les Twas 1%, chaque groupe ethnique devrait jouer un rôle dans la gestion du pays à la hauteur de ce pourcentage. Le principe de l’égalité devrait être appliqué aux groupes ethniques au Rwanda pour guérir le virus de discrimination que le FPR a disséminé dans le corps social des Rwandais. Le gouvernement du FPR évite d’aborder cette question d’égalité ethnique car cela empêcherait le favoritisme des Tutsis, principal objectif de ce groupe militaire au pouvoir. Les injustices subies par les Hutus et les Twas au Rwanda sont identiques à celles d’avant l’indépendance, époque où ils étaient exclus du développement du pays.

 

Dans le monde des affaires et le secteur privé, les Tutsis sont aux commandes et bénéficient des meilleures opportunités de développement. Les Hutus et les Twas, quant à eux, se sont appauvris et ont été contraints à l’exode rural. L’agriculture assurait autrefois la subsistance du peuple Hutu, mais aujourd’hui, le gouvernement contrôle leurs cultures et leurs ventes à un prix qu’il fixe. Il est regrettable que le peuple de Bugoyi meurt de faim alors qu’il avait une plantation de bananeraie suffisante pour sa survie. Qu’est-ce qui s’est passé pour que la population de Bugarura, Bumbogo et de Kivuye crient au secours à cause de la misère alors qu’elle assurait son autosuffisance sans problème sur base de leur plantation respective de bananeraie, de café et du blé? La réponse est bien simple: la politique nationale de rendre des Hutus des sujets à exploiter est la base de la famine qui ronge des milieux ruraux presque partout dans le pays.

 

Le Gouvernement a imposé la destruction de vastes champs de café et de bananeraie et a obligé la culture des variétés agricoles de son choix que des coopératives fondées par des membres de FPR achètent sur crédit et aux prix médiocres qu’elles déterminent unilatéralement. Cette injustice que des petits agriculteurs souffrent est bien calculée pour ne pas leur permettre de s’émanciper. La pauvreté dans les régions rurales est sans précédent au Rwanda. Les villes sont peuplées presque exclusivement par des membres influents de FPR qui occupent des postes importants dans la gestion du pays ou qui font du commerce; le reste de la population est condamné à vivre dans la pauvreté manifeste dans le milieu rural sans espoir. Des enfants de ces petits agriculteurs ne parviennent pas à faire des études secondaires parce que leurs parents sont incapables de financer leur éducation. Dans les écoles primaires, ces enfants sont frappés par la question de la nourriture insuffisante qui les empêche de se concentrer sur leurs études. Cette injustice sociale doit cesser, car les Hutus et les Twas sont versés dans le sous développement économique, ils sont exploités dans leur travail. Ceci nuit à leur propre développement et à celui du pays.

 

La plupart des Batwa vivaient dans de petites communautés en dehors des autres groupes ethniques avant le génocide. Une fois que le FPR a pris le pouvoir, il a accumulé des terres appartenant aux Batwa. Les hauts militaires du FPR ou leurs familles ont placé leurs infrastructures sur ces terres et les ont transformées en leurs propres biens. Les Twa n’ont reçu aucune compensation et ont continué à vivre dans la pauvreté sans avoir quoi que ce soit pour la survie.

 

Lors du recensement général fait avant 1994, les Tatwa étaient environ 30.000, ce qui représente 1 % de la population nationale. À la fin de la guerre en 1994, de nombreuses ONG ont constaté qu’il restait environ 10.000 Batwa, soit seulement un tiers des Twa qui vivaient dans le pays avant la guerre. Cela montre qu’il y a eu une forte extermination de ce groupe. L’État Rwandais n’a jamais abordé ces massacres, au point que des crimes commis contre les Batwa et ceux commis contre les Hutus ne sont pas commémorés dans le Rwanda dirigé par le FPR.

 

Beaucoup de Batwa restent en arrière dans le développement au Rwanda. Dans les écoles et dans la direction du pays, ils sont très en arrière. Ainsi, ils vivent dans une pauvreté honteuse si l’on considère la richesse entre qui est entre les mains de militaires importants du FPR venus de l’Ouganda, du Burundi, du Congo et de la Tanzanie. Le gouvernement rwandais ne fait rien de visible pour éliminer cette injustice basée sur l’ethnie des Batwa.

 

  1. Conclusion

 

Nous accusons les Blancs d’avoir aggravé la domination des Tutsis et renforcé l’injustice fondée sur l’appartenance ethnique. Cependant, ils n’ont pas créé le problème ethnique au Rwanda; ils sont arrives et l’ont trouvé déjà existante comme un arbre bien entretenu. ils l’ont trouvé sur place avec toutes ses racines bien disséminées dans toutes les couches sociale. Ce problème a été initié par les Tutsis qui ont assassiné les rois hutus et se sont emparés de leurs royaumes. Ces massacres des Tutsis qui convoitaient des royaumes des Hutus ont eu lieu à différentes époques, mais parmi les rois les plus célèbres qui en ont été victimes, on peut citer Mashira, qui régnait sur Nduga, et Biyoro de Mubali. Ces massacre furent justifiés par la trahison qui avait poussé les Tutsis à donner leurs filles aux rois hutus pour les épouser mais avec le but de les éliminer. Après ces massacres, le système de « clientèle » fut instauré pour consolider le pouvoir tutsi. Les Blancs n’ont joué aucun rôle dans tout cela.

 

La plus grande erreur du Ministère de l’Unité et de la Réconciliation sous l’égide de Dr Bizimana Jean Damascène est d’affirmer que le conflit Hutu-Tutsi a été créé au Rwanda par les Européens venus pour coloniser le pays et pour y propager l’Évangile. C’est un mensonge flagrant, car les Blancs, arrivés au Rwanda à la fin du XIXe siècle, ont constaté que les injustices infligées aux Hutus étaient généralisées et s’y sont conformés. Loin de s’empresser d’éradiquer cette injustice ethnique, les Blancs ont perpétué le conflit en excluant les Hutus des écoles et de l’administration du pays. Des écoles étaient construites pour les enfants tutsis, qui pouvaient y étudier et s’instruire, tandis que les enfants Hutus étaient victimes de discrimination. Au lieu d’apprendre les matières fondamentales, on leur apprenait à chanter, à dessiner et à jouer, et ils étudiaient l’après-midi, tandis que les enfants tutsis suivaient, le matin, des cours plus approfondis. Un Blanc comme l’évêque Classe Léon a instauré cette discrimination pour plaire aux Tutsis.. Les colonisateurs Allemands furent remplacés par les Belges, mais tous continuèrent de privilégier les Tutsis, tandis que les Hutus étaient opprimés et exploités.

 

Il est clair que le conflit entre deux groupes ethniques au Rwanda (les Hutus et les Tutsis) est une réalité incontestable. Le conflit entre les Hutus et les Tutsis s’est intensifié au cours des années. Ce conflit a été soulevé officiellement et signifié au roi Rudahigwa et ses serviteurs l’ont ignoré en 1957 quand des intellectuels Hutus ont composé un cahier de doléances appelé “Manifeste des Hutus” qui contenait des formes d’injustice que ce groupe ethnique subissait. Kayibanda et ses compagnons ont tenté de dénoncer l’injustice subie par les Hutus mais le roi et ses notables s’en moquèrent. En réalité, le problème ethnique était une préoccupation majeure car les Hutus n’avaient plus de terres, celles-ci ayant été spoliées par les Tutsis. Les Hutus n’avaient pas le temps de travailler pour eux-mêmes, car ils passaient la majeure partie de leur temps à travailler pour leurs maîtres. Ils étaient contraints au travail forcé, ce qui les obligeait à fuir constamment le pays pour s’installer au Congo, en Tanzanie, en Ouganda et ailleurs. Les injustices subies par les Hutus étaient révoltantes.

 

Les émeutes de février 1959 furent déclenchées par l’injustice ethnique. Lors de ces émeutes, des maisons de Tutsis furent brûlés, certains Tutsis étaient tués, d’autres restèrent sur place et vécurent parmi les Hutus. Sur l’ordre de l’Organisation des Nations Unies, le 25 septembre 1961, des élections furent organisées dans tout le pays afin de confirmer le statut de République du Rwanda, tel que proclamé par le Congrès National tenu à Gitarama le 28 janvier 1961. Lors de ces élections, le peuple pouvait également se prononcer sur le maintien ou le rejet de la monarchie. Le scrutin se solda par la confirmation de la République et le rejet de la monarchie. Dès lors, la monarchie fut abolie au Rwanda et les Tutsis qui étaient partis en exil commencèrent à organiser des attaques qi avaient pour but de restaurer la monarchie. Ces tentatives se soldèrent d’un échec.

 

En 1990 les Tutsis qui étaient en exil revinrent avec des armes en lançant une attaque militaire à partir de la frontière entre le Rwanda et l’Ouganda. Il prirent le pouvoir en juillet 1994 après une situation chaotique de massacres causes par l’assassinat du Président Habyarimana qui rentrait du sommet de paix à Dar-Es-Salaam. Le Ministère de l’unité et la réconciliation souligne chaque fois que la Révolution de 1959 et le génocide de 1994 constituent des événements importants qui marquent l’injustice ethnique dont les Tutsis étaient victimes au cours des années. En mettant l’accent sur ces souffrances que les Tutsis ont endures, ce Ministère ne veut jamais reconnaître la misère, les tourments, et l’injustice sociale que les Hutus ont supportés avant l’indépendance de 1962 d’une part, et d’autre part des massacres à grande échelle dont ils étaient victimes pendant la guerre de libération de FPR et après sa prise de pouvoir en juillet 1994.

 

La falsification de l’histoire par le Gouvernement Rwandais en niant l’existence de trois groupes ethniques est un acte malicieux et condamnable car elle induit en erreur de nombreuses personnes, notamment les jeunes qui ont besoin de connaître la vérité sur l’histoire de leur pays. Affirmer qu’il n’existe pas de trois groupes ethniques au Rwanda revient à chercher un motif de discriminer les Hutus et les Twas et de favoriser des Tutsis surtout qui sont enrôlés dans le FPR. Le FPR (Front Patriotique Rwandais) vise la discrimination ethnique et œuvre de telle sorte que les Tutsis occupent des postes clés dans la gestion de l’économie, de l’armée, de l’administration de l’État, et même dans l’éducation.

 

  1. Recommandations

 

Il est un grand devoir de demander au Gouvernement de FPR de se libérer des entraves fondées sur le refus de reconnaître l’existence de trois groupes ethniques et de mettre fin à l’injustice basée sur l’appartenance ethnique au Rwanda. Ce gouvernement aurait dû œuvrer activement à la réconciliation nationale des trois groupes ethniques du pays au lieu de perpétuer le mensonge selon lequel le Rwanda ne compte aucun groupe ethnique. Une véritable réconciliation nationale est nécessaire au Rwanda. Il est impératif de dire la vérité sur le problème ethnique afin que le peuple puisse se reconstruire dans l’unité et l’amour. Le mensonge fondé sur l’appartenance ethnique empêche toute réconciliation nationale.

 

Le Gouvernement Rwandais doit reconnaître l’existence de trois groupes ethniques et accorder à chaque groupe un pourcentage qui est proportionnellement égal à sa taille des opportunités de participer à l’administration publique du pays et la gestion de ses biens au profit de tous les citoyens. Cette reconnaissance permettra de pallier aux formes d’injustices qui sont commises par le FPR contre les Hutus et les Twas. Il faut qu’il y ait un recensement national qui démontre la taille exacte de la population de chaque groupe ethnique pour que des postes importants dans l’administration publique et dans les institutions parastatales soient partagés équitablement.

 

Le FPR qui est un groupe de Tutsis venus de l’Ouganda et dans d’autres pays pour renverser des institutions qui étaient légalement établies et qui a recruté des acolytes Hutus et Tutsis qui vivaient à l’intérieur du pays doit s’efforcer de respecter le principe d’égalité ethnique et éviter de favoriser des Tutsis au détriment des Hutus et des Twa. Une grande partie des richesses du pays se trouve entre les mains des officiers supérieurs militaires de FPR et leurs membres de famille. Cette accumulation des biens de la nation conduit aux diverses formes d’injustice sociale qui tend à créer un régime dictatorial qui opprime des opposants au pouvoir même s’ils revendiquent le respect de leurs droits fondamentaux.  Des terres publiques qu’ils ont changé en propriétés privées doivent être restituées. Des propriétés que des Twa occupées en communautés doivent être remises aux concernés.

 

Le principe de justice distributive doit être pris en compte afin d’attribuer à chaque groupe ethnique sa part dans la gestion des affaires publiques. Ce principe doit reposer sur un pourcentage numérique clair de chaque groupe ethnique par rapport à la population totale du pays. Tout favoritisme et toute discrimination doivent être exclus. Les Tutsis, qui représentent 10 % de la population, ne doivent pas accumuler toutes les richesses du pays et autres avantages au détriment des Hutus, qui représentent 89 %, et des Twa, qui représentent 1 %. Conformément à cette justice distributive, la marginalisation des Twa doit être prise en considération et ils doivent se voir attribuer une part leur permettant de se développer. Dans ce cas, l’émancipation doit s’accompagner d’un contrôle du développement économique de chaque groupe ethnique. Ce contrôle doit prendre en compte certains critères importants qui ne doivent pas excéder très énormément le poids démographique de chaque groupe ethnique. Ainsi, les principes d’égalité et d’équité doivent guider la répartition des parts et des avantages entre les trois groupes ethniques.

 

Dushimirimana Athanase

12/12/2025

 

 

 

 

 

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