Uvira sous les bombes : Kagame profite du chaos mondial pour frapper
Paul Kagame et ses troupes de l’AFC/M23, profitant du fait que l’opinion mondiale est focalisée sur la guerre au Moyen-Orient, viennent de lancer une nouvelle offensive et s’empareront de la ville d’Uvira incessamment. Les habitants commencent déjà à fuir, car les troupes ennemies se trouvent maintenant à moins de 30 km.
Situation
Des affrontements ont éclaté tôt lundi 16 mars 2026 au matin dans le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu. Les groupes armés Twirwaneho, Red Tabara et les forces de l’AFC/M23, renforcées et appuyées par les RDF, ont lancé des attaques contre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), notamment à Mitamba, dans le groupement de Bijombo, chefferie des Bavira.
Mardi 17 mars, les combats se sont concentrés à Ruvungi, dans la vallée de la Rusizi, entre les villes d’Uvira et de Bujumbura, et les troupes de Paul Kagame ont progressé vers Sange, comme le montre la carte.
Des déplacements de populations ont également été signalés le mardi 17 mars 2026 dans la plaine de la Ruzizi, à la suite d’affrontements survenus dans la matinée entre le M23 et les FARDC, montrant que ces combats ont déjà provoqué des mouvements de civils fuyant les zones touchées.
Depuis le 16 mars 2026, on assiste à une reprise des combats intenses et généralisés, notamment dans le Sud-Kivu, où les troupes de Paul Kagame et de l’AFC/M23 comptent reprendre la ville d’Uvira, puis poursuivre leur avancée vers le Katanga, et ce, sans aucune réaction de la part des médiateurs et facilitateurs de ce conflit.
Les grands médias occidentaux n’en font même pas état, car ils sont focalisés sur la guerre au Moyen-Orient. Pari réussi pour le dictateur, conquérant et perturbateur de la paix dans la région des Grands Lacs, Paul Kagame !
Différence d’appréciation de la situation entre la RDC, agressée, et le Rwanda de Kagame, agresseur.
– En RDC.
Pendant ce temps, à Kinshasa, l’heure est aux débats politiques sans rapport avec cette guerre de l’est du pays. Au Parlement, qui vient de faire sa rentrée, c’est la révision de la Constitution qui est à l’ordre du jour, ainsi que la ratification de l’accord de Washington avec le Rwanda, alors que cet accord est ouvertement et complètement violé par Paul Kagame, qui reprend ses offensives. Mais curieusement, cette situation ne semble pas préoccuper les politiciens de la RDC.
– Au Rwanda.
Contrairement à la RDC, Paul Kagame profite de la situation pour renforcer et maintenir un rapport de force favorable à lui, ce qui a des répercussions lors des négociations.
Ainsi, Paul Kagame se fait passer pour une victime des sanctions américaines contre son armée, afin d’envoyer encore plus de troupes en RDC pour poursuivre ses conquêtes, massacrer des populations et piller des minerais, au lieu de se conformer aux termes de l’accord de Washington et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU. Et tout cela sans que les institutions ne réagissent, car l’opinion publique mondiale est uniquement focalisée sur la guerre au Moyen-Orient.
Ainsi, la relance de la guerre en RDC alors que l’opinion mondiale est focalisée sur la guerre au Moyen-Orient semble être le calcul et le pari de Paul Kagame, pari qui semble réussi !
Recommandations
– À la RDC et à ses FARDC
Le gouvernement devrait toujours garder à l’esprit que chaque diversion politique, chaque retard pour mettre fin à cette guerre condamne des familles entières à l’exil et au désespoir. Le gouvernement devrait donner aux FARDC les moyens et le mandat d’accomplir leur mission : libérer les territoires occupés par les troupes de Paul Kagame et ses pantins à l’est de la RDC. La guerre n’est pas finie.
– À la communauté internationale, et en particulier aux modérateurs et facilitateurs de ce conflit.
Face à cette escalade d’une gravité extrême, le silence est complice. Ces actes ne sauraient être ni banalisés ni ignorés par la communauté nationale et internationale. Pour sauver ce qu’il leur reste de crédibilité, les puissances ou institutions comme les États-Unis, l’ONU, l’UE, l’UA, etc., devraient au moins montrer à l’opinion publique, accaparée par la guerre au Moyen-Orient, qu’elles peuvent tenir leur parole et tout faire pour empêcher Paul Kagame de continuer à les narguer avec ses violations du droit international dans la région. Même si le droit international semble avoir été remplacé par le « droit du plus fort » selon Trump, il ne devrait pas permettre à n’importe qui de l’appliquer partout, surtout pas à Paul Kagame dans la région des Grands Lacs d’Afrique.
Emmanuel Neretse
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