Mars 2026 : le mois où le système Kagame a vacillé
Introduction
Ce Periodic Intelligence Report (PERINTREP) relate comment le mois de mars 2026 aura été un cauchemar pour Paul Kagame, mais aussi riche en occasions qui lui ont offert des portes de sortie de son aventure guerrière en RDC sans trop de dommages.
Le schéma de ce cauchemar peut se résumer en quelques points :
– Sanctions américaines contre l’ensemble du système gravitant autour de l’armée rwandaise.
– L’Union européenne a annoncé la coupure prochaine du financement de l’armée rwandaise déployée au Mozambique, avant de se rétracter sous la pression des lobbies de Paul Kagame.
– Refus de visas américains pour plusieurs officiels rwandais.
– Ultimatum américain jusqu’au 1er avril : les entreprises doivent arrêter toute collaboration avec le système lié au RDF.
– La mise en scène de Goma, les 11 et 12 mars, qui commence à se retourner contre Kigali.
– Les commandos de Paul Kagame pris en flagrant délit de tentative d’attentat à Washington les 23 et 24 mars 2026.
- Rappel des événements marquants de ce mois.
C’est au cours du mois de mars 2023 que :
– les États-Unis ont décrété des sanctions contre quatre officiers de l’armée rwandaise (RDF), mais aussi contre l’armée de Paul Kagame dans son ensemble, en raison des crimes de droit international, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité que le Rwanda commet notamment en RDC ;
– les États-Unis ont annoncé d’autres sanctions visant de hauts dignitaires du régime de Kagame.- des restrictions de visas à plusieurs hauts responsables rwandais.
– Le Secrétaire général de l’ONU a procédé à la nomination d’un nouveau chef de la MONUSCO.
– Des frappes de drones ont eu lieu à Goma dans la nuit du 11 au 12 mars, faisant plusieurs morts civils, dont une humanitaire de l’UNICEF de nationalité française. C’était le même jour que Paul Kagame séjournait à Paris pour le sommet sur le nucléaire. Il en a sûrement parlé à Emmanuel Macron lors de leur long entretien en tête à tête à l’Élysée. Lui a-t-il avoué que c’était lui qui avait donné l’ordre, ce qui expliquerait l’inattention de la France officielle à l’égard de l’assassinat de sa citoyenne, comme de ses citoyens membres d’équipage du Falcon 50 présidentiel, tués à Kigali le 6 avril 1994 par le même Paul Kagame ?
– L’UE a annoncé l’arrêt du versement de 20 millions d’euros à Paul Kagame pour le déploiement de son armée (RDF) au Mozambique, avant de se rétracter le 20 mars pour continuer à les lui verser.
– Le 17 mars, Washington a relancé les discussions entre Kinshasa et Kigali.
Alors que les États-Unis sont fortement mobilisés par leur guerre au Moyen-Orient, Washington tente ainsi de reprendre la main sur un autre dossier sensible : la guerre de Paul Kagame au Rwanda en RDC. Nous n’y reviendrons pas, car nous en avons parlé dans notre billet du 21 mars.
– Les États-Unis ont lancé un ultimatum aux entreprises qui doivent arrêter toute collaboration avec le système lié au RDF, l’armée de Paul Kagame au Rwanda, jusqu’au 1er avril. On en sait pas plus et il faudra attendre après cette date pour en savoir davantage.
- Commentaires et interprétations de chaque événement marquant du mois de mars 2026.
- Sanctions : impacts et quelques conséquences
L’une des conséquences des sanctions des États-Unis contre l’armée de Paul Kagame est l’acte que vient de poser ce dernier, qui risque de passer inaperçu alors qu’il est significatif. Il s’agit du retrait rapide et discret des troupes rwandaises déployées en Jamaïque depuis seulement trois mois.
En effet, Paul Kagame venait de déployer ses troupes en Jamaïque, l’un de ces petits États satellites qui tournent autour des États-Unis dans les Caraïbes et qui constituent son arrière-cour. Aucun pays ne peut y déployer ses forces sans l’aval, voire la demande, des États-Unis. C’est le cas au Panama, au Salvador, à Porto Rico, en Haïti et en Jamaïque, et bientôt au Venezuela, dernière conquête de Trump, et à Cuba, sa prochaine cible.
Paul Kagame a donc compris que son armée, sous sanctions des États-Unis, ne pouvait plus être déployée en Jamaïque, une arrière-cour quasi-territoire des États-Unis, et il les a retirées rapidement et en toute discrétion. Les sanctions commencent donc à porter leurs fruits et à avoir un impact sur le comportement du dictateur Paul Kagame.
- Nouveau chef de la Monusco
Le 5 mars, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a annoncé la nomination de James Swan à la tête de la Monusco. Ce diplomate chevronné succède à la Guinéenne Bintou Keïta.
Malgré son expérience et sa connaissance de la région, sa nomination intervient à un moment crucial, alors que la Monusco poursuit son processus de transition et de redéploiement progressif en RDC.
Paul Kagame, président du Rwanda, l’un des belligérants de l’est de la RDC, ne facilitera donc pas la tâche de la Monusco, dirigée par le diplomate américain James Swan, alors que Washington semble enfin vouloir mettre fin à l’impunité dont il a joui pendant trois décennies de crimes de droit international, de crimes de guerre et contre l’humanité, voire de génocide, qu’il a commis en RDC.
Nous avons commenté l’impact et les conséquences de cette nomination dans un précédent article.
- c) Des frappes de drones ont tué une humanitaire à Goma.
Selon Colette Braeckman, journaliste belge spécialiste de la région, Karine Buisset préparait un rapport embarrassant.
Karine Buisset avait documenté de nombreux cas et préparait un rapport explosif. Celui-ci risquait de ternir davantage la réputation d’une rébellion déjà ébranlée par les pressions que les États-Unis exercent directement sur l’armée rwandaise, dont le soutien aux rebelles ne fait plus aucun doute. La journaliste belge Colette Braeckman en parle sur le site Afrique XXI du 13 mars 2026 :
- d) La fin annoncée du financement des troupes de Paul Kagame déployées au Mozambique par l’UE, puis la rétractation de cette même UE
L’Union européenne continuera donc à verser des millions d’euros à l’armée de Paul Kagame, pourtant sous sanctions internationales.
Il était indiqué que la décision définitive de renouveler ou non le financement par l’UE des troupes de Paul Kagame déployées au Mozambique serait connue en mai 2026, soit dans deux mois. Mais surprise, le 18 mars, la même UE a annoncé qu’elle continuerait à verser 20 millions d’euros à Paul Kagame pour financer ses troupes déployées au Mozambique.
Ce revirement constitue une contradiction stratégique de premier ordre. La même force militaire, sanctionnée pour son soutien opérationnel direct au groupe rebelle M23 en République démocratique du Congo, est simultanément le principal garant de la sécurité en Afrique.
Après l’annonce de la fin du financement des troupes de Paul Kagame déployées au Mozambique, on a noté une agitation tous azimuts et sans précédent du régime de Kagame et de ses lobbies en Europe auprès de l’UE. Ainsi, on a successivement noté :
– la menace de Kigali de retirer ses troupes du Mozambique, ce qui serait perçu comme un pied de nez ou un doigt d’honneur du régime de Kagame à l’UE et à l’Occident ; en tout cas, il s’agit de ne pas associer le retrait de ses troupes du Mozambique aux sanctions internationales qui pèsent sur toute son armée pour trouble à la paix dans la région.
– Kagame a mis le Mozambique sous pression pour qu’il demande à l’UE de continuer à lui verser des millions pour le maintien de ses troupes dans le pays. Sachant qu’une partie de ces troupes sont chargées de la sécurité rapprochée du président du Mozambique et de son gouvernement, le pays n’avait pas le choix et a fait de son mieux, ce qui a fonctionné.
Le 20 mars, l’UE, sous pression, a fini par céder et continuera donc à verser ces millions d’euros à l’armée de Paul Kagame, pourtant sanctionnée.
Certes, l’UE était sous pression, notamment de la part de la France de Macron, pour que le financement de l’armée rwandaise soit renouvelé. Ces pressions ont été d’autant plus faciles à exercer sur l’Estonienne Kaja Kallas, actuellement vice-présidente de la Commission européenne et représentante de l’UE pour les affaires étrangères, qui ne connaît du Rwanda que l’admiration pour le dictateur Paul Kagame, prêchée par les médias européens à sa solde.
Mais l’octroi d’un troisième financement ne fera qu’approfondir les contradictions existantes. Chercher à maintenir ce soutien par des mécanismes indirects ou des arrangements alternatifs ne ferait qu’accentuer la perception d’incohérence et de manque de crédibilité de l’UE.
- e) Le 23 mars 2026, l’ancien président de la RDC de 2001 à 2018, Joseph Kabila, a lancé à Goma ce qu’il a appelé « la soudanisation ».
Après des mois de cavale dans la zone M23/RDF et de mutisme calculé, l’ex-président, condamné à mort pour haute trahison, est réapparu à Goma pour accuser les autres de la tyrannie qu’il a lui-même instaurée en 18 ans de pillage et de chaos. Ce jour-là, Joseph Kabila a accordé une interview à La Libre Belgique dans laquelle il a parlé de sa situation personnelle, de la Constitution, du processus de paix, etc. Il s’est montré très critique envers Félix Tshisekedi.
Ce n’est pas anodin que l’interview de l’ancien président soit publiée à cette date, en référence au 23 mars 2009 et donc au M23. Ce groupe armé a été créé, réarmé et relancé par Paul Kagame en 2021, après la conquête du Nord et du Sud-Kivu. Joseph Kabila a enfin révélé sa vraie nature, et cela n’étonne plus personne.
Cet homme n’a jamais été capable, ni surtout sincère, d’assumer ne serait-ce qu’une once de son bilan apocalyptique de 18 ans de règne sans partage. Et c’est là que son personnage se révèle dans toute sa médiocrité.
La « soudanisation » qu’il évoque en est l’illustration parfaite. Emietter la RDC en particules, comme ce fut le cas pour le Soudan, traduit le sens profond de ce qui se cachait à l’intérieur. Pour Joseph Kabila, la RDC doit être un laboratoire d’expérimentation pour des rêves issus d’insomnies, comme les siens.
- f) Le 24 mars 2025, Paul Kagame a-t-il franchi la ligne rouge à Washington ?
Les commandos de Paul Kagame ont été pris la main dans le sac lors d’une tentative d’attentat contre la First Lady de la RDC, Madame Denise Nyakeru Tshisekedi, en séjour officiel à Washington.
– Les faits et le contexte
Un incident sécuritaire s’est produit lundi 23 mars dans l’hôtel où logeait Denise Nyakeru, Première dame de la RDC, en séjour officiel aux États-Unis.
Depuis le 22 mars 2026, Madame Denise Nyakeru Tshisekedi, Première Dame de la RDC, séjournait aux États-Unis pour participer au sommet « Fostering the Future Together », sur invitation de la Première Dame américaine, Melania Trump.
Lundi 23 mars 2026, à midi, des individus ont tenté de pénétrer dans la suite de l’hôtel de la Première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi, avec l’intention de l’assassiner. Grâce à l’intervention rapide des services de sécurité présidentielle, les assaillants ont été immédiatement maîtrisés et arrêtés.
L’ambassade du Rwanda aux États-Unis a confirmé l’incident, mais a tenté de le minimiser, allant même jusqu’à incriminer la sécurité de la Première dame de la RDC. Le Rwanda affirme que « un membre non armé des services de sécurité d’un VIP rwandais séjournant dans un hôtel de Washington DC a rencontré par inadvertance des agents de sécurité d’une délégation de la RDC dans un couloir d’hôtel accessible à tous les clients ». Kigali n’indique pas l’identité de ce VIP ni la date de son séjour dans cet hôtel. RFI a minimisé l’incident et a repris la version de Kigali.
Pourquoi pouvons-nous dire que Paul Kagame a franchi la ligne rouge avec cet incident, dans son obsession de défier la communauté internationale, et les États-Unis en particulier ?
Il est bien connu que le dictateur rwandais Paul Kagame dissémine ses escadrons de la mort partout dans le monde pour tuer ses opposants ou des réfugiés qui ont fui le pays.
En Afrique, dans certains pays, ses commandos exécutent publiquement et en toute impunité des réfugiés hutus rwandais ayant trouvé asile dans ces pays, comme s’il s’agissait de criminels condamnés à mort et exécutés par un peloton d’exécution légal.
Même en Occident, en France, au Canada, en Grande-Bretagne, en Belgique et aux États-Unis, les escadrons de la mort envoyés par Paul Kagame tuent depuis des décennies ses opposants ou des réfugiés reconnus comme résidents dans ces pays, et ce, en toute impunité et sans que ces puissances ne protestent.
Mais avec l’incident de Washington en mars 2026, Paul Kagame vise désormais même les invités officiels d’une puissance comme les États-Unis se trouvant sur son territoire. Une ligne rouge vient donc d’être franchie par le dictateur Kagame, ce qui ne devrait pas laisser les États-Unis sans réagir.
Les États-Unis devraient légitimement se poser la question suivante : Paul Kagame a-t-il franchi un nouveau cap en exportant ses méthodes jusque sur le sol américain ? La réponse à cette question servira de fondement à la réaction de l’administration Trump à cet incident.
Suites possibles
Pour rappel, cet incident survient dans un contexte de tension électrique, quelques semaines seulement après que l’administration Trump a infligé des sanctions à l’armée rwandaise pour son soutien aux rebelles du M23.
– Réactions de la RDC
Cette tentative d’attentat devrait inciter le gouvernement de la RDC à renforcer la sécurité de ses hautes personnalités. Dans le cas présent, il devrait saisir cette occasion pour demander aux États-Unis de demander des comptes au régime de Paul Kagame pour les crimes qu’il commet en RDC depuis 3 décennies. Les dernières sanctions prises contre son armée ne suffisent pas, car Paul Kagame vient de démontrer lui-même que ces sanctions ne l’empêchent pas de commettre des crimes en violation des règles du droit international.
– Réaction des États-Unis
Les États-Unis, qui ont déjà pris des sanctions contre l’armée du dictateur Paul Kagame pour certains de ses crimes, devraient logiquement sévir contre lui et tout faire, et ils en ont les moyens, pour l’empêcher à jamais de tenter d’assassiner des résidents américains ou leurs invités sur le territoire américain.
La mesure la plus simple serait de contribuer à le destituer du pouvoir au Rwanda, comme le réclament ses opposants. Reste à savoir quelle sera la réaction de l’administration Trump, qui a destitué et même arrêté Nicolas Maduro du Venezuela en janvier 2026 pour moins que cela. Surtout que l’attaché militaire de l’armée de Paul Kagame à l’ambassade du Rwanda à Washington, le colonel Bazatoha Raoul, serait, selon des sources fiables, derrière cette tentative d’attentat et aurait été pris la main dans le sac.
En effet, lorsque l’opération visant à assassiner la Première Dame de la RDC a échoué, cet officier s’est déplacé en personne (en tenue civile) pour récupérer le commando avec des véhicules de l’ambassade et les exfiltrer.
Représentant d’une armée déjà sous le coup de sanctions de la part des États-Unis, il devrait au minimum être immédiatement déclaré « persona non grata » et expulsé dans les 24 heures, immunité diplomatique oblige, sinon il serait arrêté et déféré devant la justice.
- Constat et réalités politico-médiatiques
– Le conflit à l’est de la RDC est éclipsé par la guerre au Moyen-Orient.
Nous en avons parlé dans le SITREP arrêté au 17 mars et publié sur Echos d’Afrique le 12 mars 2023. Les grands médias occidentaux n’en font même pas état, car ils sont focalisés sur la guerre au Moyen-Orient. Un pari réussi par le dictateur sanguinaire, conquérant et perturbateur de la paix dans la région des Grands Lacs, Paul Kagame ?
– Les processus de Washington et de Doha ne sont plus prioritaires ni poursuivables. À Doha, au Qatar, on est préoccupé par la guerre que les États-Unis et Israël ont lancée au Moyen-Orient, en menant des attaques visant à éliminer l’Iran des Perses de la carte du monde, notamment à partir des Émirats arabes unis et des monarchies du Golfe, dont le Qatar, qui en subit les conséquences.
En effet, l’Iran riposte en frappant les bases militaires américaines au Qatar, d’où partent les missiles, les avions et les drones qui ensanglantent et détruisent les infrastructures en Iran. À Doha, la priorité n’est donc pas du tout le processus de médiation entre le gouvernement de la RDC et la rébellion créée et soutenue par Paul Kagame (AFC/M23), qui occupe deux de ses provinces.
– Les Facilitateurs
Que pourraient faire les organisations africaines et régionales (UA, EAC, CEEAC, etc.) associées à ces processus, en tant que Facilitateurs, avec un panel de médiateurs ?
Or, ces organisations n’ont pas d’impact réel et concret sur les conflits armés. Elles marchent sur des œufs lorsqu’il s’agit de prendre position, veillant surtout à appliquer le principe de la raison du plus fort, et pour cela, scrutant où pencheraient les puissances occidentales. On les voit mal arbitrer entre la RDC et le Rwanda, alors qu’ils sont en guerre comme actuellement.
De plus, certaines d’entre elles se sont rangées du côté d’un des belligérants, comme l’EAC dont la majorité des États membres (4 sur 7) sont des alliés militaires ou diplomatiques du Rwanda de Paul Kagame, l’agresseur. Nous pouvons citer l’Ouganda, le Kenya, le Soudan du Sud et, dans une moindre mesure, la Somalie.
Elles ne resteront donc que des figurants ; après tout, elles ont assisté, impuissantes, à ce conflit qui dure depuis trois décennies.
- Perspectives d’avenir
Pour la RDC, il faut envisager tous les aspects, sans se borner à un seul, sous peine d’être déçu.
– L’aspect pessimiste est celui d’un possible renversement du régime de Tshisekedi avant la fin de son deuxième et dernier mandat, fin 2027. Ce serait non seulement injuste envers ce chef d’État qui, en moins de 10 ans, dont la moitié en situation de guerre, aura quand même réalisé de grandes choses pour le peuple, plus que son prédécesseur qui a exercé pendant près de 2 décennies. Mais comme l’objectif de ce dernier est désormais de revenir par tous les moyens, y compris par la « soudanisation », c’est possible, car il en a les moyens, à savoir des milliards de dollars accumulés tout au long de son règne. Lire à ce sujet l’article « la balkanisation de la RDC », récemment annoncé par Joseph Kabila à Goma.
Pour être optimiste, on peut souhaiter et espérer un sursaut des FARDC pour apparaître en position de force favorable sur tous les fronts, ainsi que le retour des territoires conquis par les troupes de Paul Kagame en RDC sous le contrôle et l’autorité du gouvernement légal.
Au Rwanda et dans la région.
– Le risque de maintien du statu quo et de poursuite des crimes et conquêtes de Paul Kagame dans la région en toute impunité est élevé.
Il pourrait également connaître un affaiblissement, voire la perte de tout pouvoir au Rwanda et dans la région. Mais pour cela, il faudrait que son départ du pouvoir (son renversement ou son élimination) soit l’objectif commun et immédiat de ses opposants, ainsi que le souhait des peuples et des nations qui en ont assez des crimes qu’il commet chez eux (dans la région) ou qu’il manipule et nargue (en Occident) depuis 3 décennies.
- Avis et recommandations
Nos avis et recommandations s’adresseront uniquement au régime de Félix Tshisekedi, donc au gouvernement de la RDC, ainsi qu’aux opposants et aux victimes du régime dictatorial et sanguinaire de Paul Kagame, au Rwanda.
En ce qui concerne la RDC, le gouvernement et les FARDC doivent toujours garder à l’esprit que le pays est en guerre et que les initiatives diplomatiques visant à y mettre fin sont parfois initiées par des acteurs dont les intérêts sont différents de ceux de la RDC et de sa population.
Dans ces processus (négociations, accords, etc.), c’est le principe de « la loi du plus militairement fort » sur le terrain, ou qui apparaît comme tel, qui prime et donne du poids aux arguments d’un belligérant.
Il faudrait donc que les FARDC aient les moyens et la volonté de résister, de riposter si nécessaire, et ce à tout moment et sur tous les fronts, en attendant que Paul Kagame et ses AFC/M23, qui ont conquis une partie de son territoire, en soient chassés ou qu’ils s’y retirent à la suite de ces processus.
– En ce qui concerne l’opposition au régime dictatorial du FPR de Paul Kagame, nous disons ceci :
Les opposants au régime d’un pays comme le Rwanda, accusé par l’ONU et la communauté internationale d’être la cause principale de l’instabilité et de l’insécurité dans la région, et dont le rapport Mapping de l’ONU et d’autres sources d’organisations humanitaires et juridiques accusent d’être responsable de crimes de guerre et du massacre de millions de personnes, surtout des Congolais et des réfugiés rwandais, devraient tous avoir comme premier objectif l’isolement diplomatique du régime et la fin de l’impunité dont il jouit depuis plus de trois décennies. Mais il faut se convaincre que cet objectif, apparemment facile à atteindre, ne peut l’être sans couper le régime de Paul Kagame de ses puissants lobbies en Occident (États-Unis, Union européenne), et, si possible, les convaincre de s’en éloigner.
Ces opposants et victimes du régime dictatorial et sanguinaire de Paul Kagame devraient faire émerger au plus vite une alternative crédible à ce régime, en transcendant pour un moment leurs différends d’ordre ethnique, régional, culturel ou confessionnel, et en les réservant pour ce qui sera le programme politique de la Renaissance du Rwanda de l’après-Kagame.
Il faut encourager et multiplier les initiatives comme celle du Dr Karl von Batten, qui tente d’unifier l’opposition rwandaise contre Kagame. Il faut surtout convaincre Washington de soutenir l’opposition unifiée pour renverser le régime de Paul Kagame. Ce qui serait facile et sans effusion de sang.
Mais cette opposition, actuellement disparate, doit d’abord s’en convaincre et jouer le jeu : s’unifier et exister comme telle. Elle doit surtout se fixer un objectif immédiat commun et mettre en sourdine provisoirement ses divergences, ce qui implique de dépasser les divisions historiques de l’opposition rwandaise ainsi que les clivages ethniques au Rwanda, ce qui n’est malheureusement pas évident !
À cet effet, le Dr Karl von Batten, fondateur du cabinet de lobbying Von Batten-Montague-York, L.C., vient de dévoiler ce qui suit : « Il y a quelques semaines, j’ai eu l’honneur d’échanger avec des représentants de l’ensemble de l’opposition rwandaise. Plus de 40 participants, issus d’une trentaine de partis politiques et d’organisations de la société civile, ont pris part à une discussion de plusieurs heures centrée sur l’unité et la coopération en vue d’un véritable changement démocratique au Rwanda.
Croisons donc les doigts !
Emmanuel Neretse
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