The Red Death and The Shapeshifter, The Prince = La Mort Rouge et Le Métamorphe, Le Prince
Ce texte nous a été transmis par le Dr Prosper Bamara. Rédigé en 2017, il n’a rien perdu de sa force ni de son actualité : les analyses et les interrogations qu’il soulève résonnent encore pleinement aujourd’hui.
Le texte original étant en anglais, nous en proposons ici une traduction française réalisée librement par nos soins, dans le souci de rester fidèle à l’esprit et au sens de l’auteur.
| The Red Death and The Shapeshifter, The Prince
“THE “Red Death” had long devastated the country. No deadly disease had ever been so fatal, or so hideous. Blood was its Avatar and its seal — the redness and the horror of blood. … But the Prince was happy and dauntless and sagacious. When his dominions were half depopulated, he summoned to his presence a thousand hale and light-hearted friends from among the knights and dames of his court, and with these retired to the deep seclusion of one of his castellated abbeys. … The prince had provided all the appliances of pleasure. There were buffoons, there were improvisatory, there were ballet-dancers, there were musicians, there was Beauty, there was wine. All these and security were within. [He didn’t care about the outside world]”(Edgar Allan Poe – 1842).
The age of the Prince, Red Death’s Shapeshifter, which is a Reign of Terror, was inaugurated on april 6th, 1994. On this day, the Prince shoots down the presidential jet, killing two African presidents and all the crew members in one single terrorist act. In a short while, the situation goes haywire as the Red Death imposes its great might over the nation; more than half a million tutsi lives are atrociously annihilated in just three months, and, in parallel, close to as many hutu civilians ruthlessly slain in a little more months. No deadly disease or famine had ever been so fatal in the country’s history, and blood shedding had never reached such proportions before.
As a consequence of the overwhelming mediatic coverage and the total impunity guaranteed by some world influential people, in the Prince’s favor, the genocide against the tutsi overshadows the yet to be investigated large scale and systematic hutu ethnic based mass murder. The first is widely publicized, documented, internationally recognized and suspects prosecuted, whereas the latter remains in the dark, only real in historical facts and the oral accounts of defenseless witnesses and survivors, who are devoured by the Red Death whenever they transgress the rule of silence that seeks to conceal the Prince’s role in the mayhem and mass killings.
Always thirsty for innocent blood, the Red Death never stops devastating the country, destroying human lives of all kinds and of all social segments: tutsi survivors, hutu survivors, priests, speech freedom & human rights activists, … regardless whether they are citizens or foreigners. The Prince’s distinguished aids, personal servants, physicians, senators, former sponsors, security officers, intelligence officers, lawyers and judges, … are no safe, the Red Death insatiably preys upon them, day and night.
But the Prince is very happy and dauntless and sagacious, ever gliding through the air for most of his precious time, tirelessly competing with the eagles in their living space. He enjoys sucking the citizen’s blood and looting natural resources from his neighborhood. He is the Master-Coach of all Technicians, he loves torturing citizens, fabricating lies and inventing crimes for human rights activists, politicians, artists and so on…, in order to harm the innocent ones.
Justice is his number one enemy, the legislative power his personal property, and the citizens’ rights his play ground.
The Prince’s endless reign of terror is most certainly guaranteed by the Red Death’s rampage through the country and beyond.
Dr Prosper Bamara |
La Mort Rouge et Le Métamorphe, Le Prince
« La “Mort Rouge” ravageait le pays depuis longtemps. Aucune maladie mortelle n’avait jamais été aussi fatale, ni aussi hideuse. Le sang était son incarnation et son sceau – la rougeur et l’horreur du sang. Mais le Prince était heureux, intrépide et avisé. Alors que ses domaines étaient à moitié dépeuplés, il convoqua en sa présence un millier d’amis robustes et insouciants, choisis parmi les chevaliers et les dames de sa cour, et se retira avec eux dans la profonde solitude de l’une de ses abbayes fortifiées. Le prince avait prévu tout ce qu’il fallait pour le plaisir. Il y avait des bouffons, des improvisateurs, des danseurs de ballet, des musiciens, la Beauté, du vin. Tout cela, ainsi que la sécurité, se trouvait à l’intérieur. [Il se moquait bien du monde extérieur] » (Edgar Allan Poe – 1842).
L’ère du Prince, le métamorphe de la Mort Rouge, qui est un règne de terreur, a été inaugurée le 6 avril 1994. Ce jour-là, le Prince abat l’avion présidentiel, tuant deux présidents africains et tous les membres d’équipage en un seul acte terroriste. En peu de temps, la situation devient ingérable alors que la Mort Rouge impose sa toute-puissance sur la nation ; plus d’un demi-million de Tutsis sont atrocement exterminés en à peine trois mois, et, parallèlement, près d’autant de civils hutus sont impitoyablement massacrés en un peu plus de mois. Aucune maladie mortelle ni aucune famine n’avait jamais été aussi meurtrière dans l’histoire du pays, et les effusions de sang n’avaient jamais atteint de telles proportions auparavant.
En raison de la couverture médiatique écrasante et de l’impunité totale garantie par certaines personnalités influentes du monde entier, en faveur du Prince, le génocide contre les Tutsis éclipse les massacres ethniques hutus à grande échelle et systématiques qui n’ont toujours pas fait l’objet d’enquêtes. Le premier est largement médiatisé, documenté, reconnu au niveau international et ses suspects poursuivis en justice, tandis que le second reste dans l’ombre, ne prenant vie que dans les faits historiques et les témoignages oraux de témoins et de survivants sans défense, qui sont dévorés par la Mort Rouge dès qu’ils transgressent la règle du silence visant à dissimuler le rôle du Prince dans le chaos et les massacres.
Toujours assoiffée de sang innocent, la Mort Rouge ne cesse de ravager le pays, détruisant des vies humaines de toutes sortes et de toutes les couches sociales : survivants tutsis, survivants hutus, prêtres, militants pour la liberté d’expression et les droits de l’homme, qu’ils soient citoyens ou étrangers. Les éminents collaborateurs du Prince, ses serviteurs personnels, ses médecins, ses sénateurs, ses anciens mécènes, ses agents de sécurité, ses agents des services de renseignement, ses avocats et ses juges… ne sont pas à l’abri : la Mort Rouge s’acharne sur eux sans relâche, jour et nuit.
Mais le Prince est très heureux, intrépide et sagace ; il passe la majeure partie de son précieux temps à planer dans les airs, rivalisant inlassablement avec les aigles dans leur habitat naturel. Il prend plaisir à sucer le sang des citoyens et à piller les ressources naturelles de son voisinage. Il est le maître-entraîneur de tous les techniciens ; il adore torturer les citoyens, fabriquer des mensonges et inventer des crimes à l’encontre des militants des droits de l’homme, des politiciens, des artistes, etc., afin de nuire aux innocents.
La justice est son ennemi numéro un, le pouvoir législatif sa propriété personnelle, et les droits des citoyens son terrain de jeu.
Le règne de terreur sans fin du Prince est très certainement garanti par les ravages de la Mort Rouge à travers le pays et au-delà.
Dr Prosper Bamara |
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