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France-Rwanda. Pourquoi et comment l’OIF voudrait saborder les jeux de la Francophonie en RD-Congo ?

Quand une organisation regroupant plus de 54 pays du monde se réduit en une boîte chargée d’assurer et de défendre les intérêts, même les plus pervers et criminels, du régime de Paul Kagame au Rwanda.

 

Introduction

 

Pour rappel, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) est une organisation de droit international public, créée en 1970, regroupant  une cinquantaine d’États ou de gouvernements. Elle a officiellement pour mission de promouvoir la diversité culturelle, la paix, la langue française et les droits de l’homme, d’appuyer l’éducation et de développer la coopération.

Mais en réalité, elle est destinée à promouvoir l’influence culturelle et politico-sociale de la France dans les pays ayant adopté le français comme l’une de leurs langues nationale ou officielle.

 

En ce qui concerne la région des Grands Lacs d’Afrique où les anciennes colonies belges que sont l’actuelle République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, ces pays furent parmi les premiers Etats africains à adhérer à la Francophonie, mais tout ne s’est pas toujours déroulé sans heurts.

 

Ainsi, au Rwanda, après sa conquête militaire par les éléments tutsi de l’armée régulière de l’Ouganda en 1994, le conquérant en chef, Paul Kagame qui, en plus d’être non francophone (pas un mot de français), est maladivement francophobe, sous prétexte de punir la France au prétexte qu’elle a entretenu une coopération militaire avec le régime démocratique et républicain renversé, a non seulement rompu les relations diplomatiques avec la France, mais aussi il a surtout banni la langue française au Rwanda . Ceux qui parlaient ou utilisaient le français dans leur travail, comme les enseignants, devenaient subitement des “analphabètes” dans leur pays où ils étaient auparavant des “cultivés”.

 

La France a tout fait pour redevenir audible au Rwanda. Les présidents successifs qui se sont relayés à l’Elysée depuis 2007 ont tenté, chacun à sa façon, d’amadouer le dictateur du Rwanda, le général Paul Kagame. Nicholas Sarkozy a réussi, après moult concessions et humiliations : classement des affaires judiciaires mettant en cause le régime Kagame, persécution et poursuite des opposants hutu exilés en France et désignés par Kagame, etc.

 

Mais c’est sous le régime d’Emmanuel Macron (2017-2022) que  la France restera dans l’Histoire comme s’étant inclinée le plus bas face à un régime dictatorial d’un africain. En effet, après les courbettes d’usage et la récitation de la catéchèse du FPR à Kigali, le jeune président qui, à la prise du pouvoir par Kagame en 1994 n’avait que 13 ans, va frapper ce qu’il croyait être un “grand coup”. Ainsi il est parvenu à faire revenir le Rwanda, désormais anglophone et membre du Commonwealth, dans l’OIF et, cerise sur le gâteau, il a offert à Paul Kagame la direction de cette organisation pour au moins huit ans, même si, pour faire passer cette forfaiture, il prit le risque de se brouiller avec le Québec, en chassant, sans ménagement, la secrétaire Générale de cette organisation qui, pourtant, n’avait pas démérité.

 

C’est ainsi que Paul Kagame nomma sa proche et fidèle Louise Mushikiwabo qui fut pendant plus de dix ans sa ministre, pour aller le représenter à Paris auprès de Macron à la tête de l’OIF.

Le décor ainsi placé, voyons maintenant ce qui est en train d’être joué.

 

Les jeux de Kinshasa

 

Dans ses activités culturelles et sportives, l’OIF organise régulièrement des jeux dits “de la Francophonie”. Ces jeux sont accueillis par un des Etats membres qui, ainsi, devient le siège temporaire de l’OIF, la période de ces jeux. Les athlètes et sportifs venants de tous les pays membres s’y rencontrent par milliers et font la fête en symbiose et au grand bonheur des populations locales qui en remercient l’OIF qui les a organisés.

En ce 2023, après plusieurs reports, c’est au tour de la RDC d’accueillir les jeux de la Francophonie à Kinshasa. Ce sera leur 9è édition qui sera ouverte le vendredi 28 juillet et qui durera jusqu’au 06 août 2023.

 

Communiqués contradictoires

 

Seulement voilà : au moment où le gouvernement de Kinshasa annonce que tout est prêt pour l’ouverture solennelle de ces jeux le 28/7 par le Chef de l’Etat hôte à savoir Félix Tshisekedi et la secrétaire Générale de l’OIF Louise Mushikiwabo, patronne de ces jeux, et qui précise bien que Louise Mushikiwabo devrait être présente car ce sont ses jeux en tant que patronne le la Francophonie qui les organise, une cacophonie fait jour.

 

En effet, quelques instants plus tard, patatras! La porte-parole de Louise Mushikiwabo, une tutsi rwandaise qui se camouffle sous des noms hispano-néerlandais de ”Oria K. Vande Weghe”, déclare que la secrétaire Générale de l’OIF ne sera pas à Kinshasa pour l’ouverture des jeux de la Francophonie vendredi 28 juillet 2023.

Prétexte donné, la raison ? Elle assure que le gouvernement congolais s’était engagé de son propre chef à ce que son ministre des Affaires étrangères aille lui remette en mains propres une invitation. Mais le rendez-vous « a été annulé » sans aucune explication.

 

La réalité selon les us et coutumes diplomatiques dans un tel cas

 

Le motif évoqué par la porte-parole de l’OIF pour que la Secrétaire Générale de l’organisation refuse d’aller ouvrir les jeux à Kinshasa est tout à fait ridicule et honteux.

En effet, en acceptant d’accueillir les 9è jeux de la Francophonie, Kinshasa acceptait d’offrir des espaces géographiques à une organisation qui est responsable de ses jeux mais sans espaces territoriales. C’est donc dire que dès lors, les lieux réservés à ces jeux ainsi que les personnes (athlètes, sportifs ou invités d’honneur) seraient des hôtes de l’OIF, le gouvernement de Kinshasa n’assurant que la sécurité, la logistique et les formalités douanières et protocolaires.

On ne comprend donc pas comment le gouvernement de Kinshasa devait aller inviter “spécialement et en mains propres” la secrétaire Générale de la Francophone, déjà patronne de ces jeux et donc invitée d’office.

 

Les signes avant coureurs

 

Kinshasa et les observateurs avertis n’auront certainement pas manqué de noter les signes avant-coureurs de ces manœuvres de la rwandaise Mushikiwabo pour saborder ses propres jeux. Déjà en France où elle dicte sa loi, les fédérations ont empêché leurs athlètes et sportifs d’aller aux jeux de la Francophonie de Kinshasa .

De même la Belgique francophone (Wallonie-Bruxelles) où la diplomatie du Rwanda, donc de Louise Mushikiwabo dicte sa loi, a déclaré boycotter les jeux de la Francophonie de Kinshasa 2023.

Et même le Québec, pourtant humilié par Macron en 2018 en chassant la canadienne de l’OIF, a été mis sous pression et a cédé. Il va aussi boycotter les jeux de la Francophonie de Kinshasa 2023.

 

Rôle et jeu de Louise Mushikiwabo

 

Le régime de Kagame que sert Louise Mushikiwabo et qui mène une guerre d’agression contre la RDC à travers le groupe terroriste M23, avait misé sur le fait que la RDC sera déclarée inapte à recevoir ces jeux et donc que l’OIF se rabattrait sur Kigali pour en rajouter à l’humiliation! Mais cet objectif maximaliste a échoué.

Maintenant, la patronne de l’OIF fait tout pour faire apparaître ces jeux de Kinshasa comme un échec cuisant et s’emploie au départ à décourager ou ordonner aux personnalités qui comptent d’y assister. Le plus ridicule, c’est qu’elle commence à s’éliminer elle-même alors que c’est elle qui est officiellement l’hôte de ces jeux ayant emprunté les infrastructures de la RDC, l’OIF n’étant pas un pays, donc sans territoire.

 

En conclusion, nous pouvons dire que c’est la France décadente de la Macronie qui se met à nu et qui perd encore en crédibilité dans les pays francophones, et surtout ceux d’Afrique.

 

Comment en effet encore avoir confiance en la France dans ses aspects culturels et de la langue quand sa Francophonie sert maintenant les intérêts des dictateurs, mêmes non francophones et francophobes comme Paul Kagame?

 

Comment encore croire à la grandeur ou à certaines valeurs dont la France se revendiquait, quand actuellement elle est obligée de sacrifier le plus grand pays francophone du monde en termes de population qu’est la RDC, au profit d’un régime régnant sur un tout petit pays de la taille d’un département français et en plus non francophone, tout ça pour se mettre au même diapason des puissances anglo-saxonnes qui ont créé ce petit monstre qu’est Paul Kagame de l’Afrique des Grands Lacs ?

 

Qui vivra verra!

 

Emmanuel Neretse

 

One Response

  1. L’administration du site publie la réaction d’Ariane Mukundente sur l’article et la réponse de Neretse

    Ariane Mukundente:
    Amakuru?

    Nasomye iriya article iri kuri echo d’afrique que tu as partagé. Je ne sais pas qui est Neretse, mais il a fait une erreur. Oria, la porte parole de Louise Mushikiwabo ne se camoufle pas derrière ses noms. C’est une métisse. Son père est Nerlandais. Ses noms sont bien à elle, donnés par son père.

    Administrateur du site :
    Merci Ariane. Neretse est officier des exFar. Il habite ici en Belgique je vais le lui dire.

    Voilà! Je voulais juste avertir, Oria est Belge, et sa mère est Rwandaise. C’est elle qui est Rwandaise(Tutsi pour utiliser l’identification que Neretse a souligné).

    Emmanuel Neretse :
    Ma réplique : je connaissais tout ce que vous savez sur Oria.

    Mais pour abonder dans le sens de l’entendement du régime FPR, elle reste  » rwandaise » pour avoir un des parents rwandais. Et dans ce cas, elle est de l’ethnie de sa mère qui est tutsi. Bien sûr, en postulant pour le poste à l’OIF elle n’a pas fait figurer ces attaches dans son CV. Mais Louise Mushikiwabo le savait et l’a embauchée pour ça. C’est ce que je voulais insinuer et je l’assume.

 

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