RDC : Kagame défie Trump et enterre l’Accord de Washington

En ce mois d’avril 2026, que manigance Paul Kagame dans sa guerre en RDC, alors que Donald Trump mène une guerre au Moyen-Orient ?

 

Introduction

 

Dans cette analyse, nous posons quelques questions et répondons à d’autres que tout un chacun pourrait se poser.

 

– Pourquoi et comment Paul Kagame défie ouvertement la Maison Blanche, sans que Trump ne réagisse ? .

– Pourquoi Paul Kagame s’en prend-il à la famille de feu le président Juvénal Habyarimana, qu’il a assassiné en avril 1994, et pourquoi accable-t-il maintenant son orphelin Jean Luc, qui était à peine adolescent à la mort de son père en 1994 ?).

– Pourquoi et comment Paul Kagame et son M23 ont-ils coordonné leurs actions pour faire échouer l’accord de Washington et le processus de Doha en ce mois d’avril ? .

– Maintenant que Donald Trump s’attèle à mettre fin, en tant que vainqueur, à la guerre qu’il a déclenchée au Moyen-Orient, pourrait-il enfin réagir comme il se doit au défi et au mépris lancés aux États-Unis, donc à lui-même, par Paul Kagame ? .

 

  1. Rappel et contexte

 

Dans cette analyse, nous montrerons comment et pourquoi Paul Kagame nargue et se moque de Donald Trump, empêtré dans sa guerre en Iran, et rejette son processus de paix pour la RDC. En même temps, Kagame menace directement Félix Tshisekedi de le renverser avant la fin de son dernier mandat, fin 2027, et déclare Joseph Kabila président de la partie est de la RDC, accolée au Rwanda.

 

Pour rappel, le 4 décembre 2025, les présidents Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de la RDC, sous la supervision de Donald Trump, président des États-Unis, ont signé un accord censé mettre fin au conflit armé à l’est de la RDC et restaurer la paix et la stabilité dans la région. Cet accord est passé à la postérité sous le nom d’« Accord de Washington ».

 

Dans le volet militaire ou sécuritaire, chaque partie s’engageait à poser des actes précis allant dans le sens d’une cessation totale des hostilités. Ainsi, le Rwanda s’engageait à retirer ses troupes déployées en RDC, ce qu’il a appelé « les mesures défensives », un euphémisme désignant ses troupes qui ont envahi et occupent une partie de l’est de la RDC. En contrepartie, la RDC s’engageait à traquer et à éradiquer les FDLR sur son territoire. Tous deux proclamaient un cessez-le-feu immédiat dès la signature de l’accord.

Malheureusement, l’accord à peine signé, le 10 décembre 2025, le dictateur rwandais a relancé ses offensives à l’est de la RDC et a conquis d’autres territoires, dont la ville d’Uvira, chef-lieu intérimaire du Sud-Kivu.

 

Depuis lors, les affrontements entre les troupes de Paul Kagame, qui soutiennent les AFC/M23, et les FARDC et leurs alliés Wazalendo (milices d’autodéfense), sont permanents, au nord comme au sud du Kivu, et la guerre continue, malgré les cessez-le-feu souvent annoncés, mais aussitôt violés, et l’accord de paix de Washington ignoré par Paul Kagame.

 

  1. Nouveau et récent développement

 

Depuis le début du mois d’avril 2026, pour revenir sur ses engagements dans l’accord de paix avec la RDC qu’il a signé à Washington, Paul Kagame, profitant de l’enlisement de Donald Trump dans sa guerre contre l’Iran, a nargué l’administration Trump en se moquant des sanctions prises contre son armée, qui n’auraient aucun effet sur son régime, et donc sur son occupation et son exploitation de l’est de la RDC.

 

Dans une longue interview accordée à Jeune Afrique, Paul Kagame a réaffirmé son refus de retirer ses dispositifs militaires de l’est de la RDC, malgré les engagements diplomatiques pris ces derniers mois. Ainsi, pour la première fois, l’opinion mondiale a été témoin d’une dénonciation publique par Paul Kagame des accords de Washington qu’il a signés le 4 décembre 2025.

 

Il a en effet déclaré : « N’attendez pas de moi que je lève nos mesures de défense alors que vous laissez Félix Tshisekedi faire ce qu’il veut. »

 

Il n’a pas précisé si Félix Tshisekedi faisait ce qu’il voulait en RDC ou s’il agissait comme lui, Paul Kagame, dans un pays étranger.

 

Il s’agit donc d’un refus public et officiel de retirer ses troupes de la RDC. Le maintien des troupes rwandaises dans l’est de la RDC est désormais assumé au plus haut niveau.

 

Dans ce contexte, les Accords de Washington ne sont pas seulement en crise. L’une des parties signataires les a publiquement vidés de leur substance. Pour les États-Unis, l’enjeu n’est donc plus uniquement la préservation d’un processus diplomatique. Il s’agit désormais de la crédibilité des normes qu’ils prétendent défendre. Ceci résulte du constat de la contradiction structurelle de la politique américaine. D’un côté, Washington a sanctionné les RDF et plusieurs hauts responsables rwandais ; de l’autre, il continue de coopérer avec Kigali dans des domaines stratégiques tels que la santé, les migrations ou certaines chaînes d’approvisionnement. Paul Kagame s’en moque et nargue toute la communauté internationale, en commençant par les États-Unis de Donald Trump.

 

Dans cette interview accordée à Jeune Afrique, Paul Kagame a saisi l’occasion pour avancer un nouveau prétexte afin de justifier le maintien de ses troupes en RDC, violant ainsi l’accord signé à Washington et faisant fi des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU à cet effet, dont la résolution 2773. Ce prétexte, qui s’ajoute au mythe de Sisyphe des FDLR, est la visite en RDC de Jean-Luc Habyarimana, l’un des fils de l’ancien président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, assassiné par Paul Kagame le 6 avril 1994. Il déclare dans la même interview : « Si le fils de Habyarimana commence à bénéficier du soutien de Tshisekedi, de la machine de l’État congolais et de ses énormes ressources, en quoi est-il isolé ? » Tshisekedi tente de l’utiliser pour mobiliser l’opinion en faveur des FDLR et leur constituer un réseau de soutien en France, où cet individu réside, et ailleurs. Comment pourrions-nous minimiser cela ? »

 

Pourtant, ce citoyen français a des amis et des connaissances en RDC, où il a vécu et étudié, et où il peut donc se rendre librement s’il remplit les conditions exigées par les services concernés de ce pays. Bien sûr, Paul Kagame, l’assassin du père de Jean-Luc Habyarimana, aurait souhaité l’éliminer aussi. Mais de là à lui indiquer dans quels pays il devrait se rendre, et surtout à en faire un prétexte pour agresser, occuper et piller la RDC, relève de la folie !

 

Enfin, dans son interview à Jeune Afrique, au micro de son journaliste François Soudan, Paul Kagame a annoncé la nomination et la promotion de Joseph Kabila comme chef de la rébellion de l’AFC/M23, ainsi que l’alliance avec lui pour renverser le régime de Tshisekedi, ou alors « la soudanisation » du pays. Toujours selon Paul Kagame, la partie de la RDC contrôlée par son groupe rebelle serait plus sécurisée et en plein développement, et il estime donc que son groupe devrait s’emparer de toute la RDC.

 

  1. Situation sur le terrain

 

Sur ce plan, c’est toujours Paul Kagame qui est à l’œuvre et la RDC ne fait qu’essayer de contrer pour limiter les dégâts, alors que les modérateurs de ces accords (les États-Unis et le Qatar) sont occupés par des enjeux plus importants au Moyen-Orient et ne réagissent donc pas à cet affront du Rwanda.

 

Ainsi :

– Sur les plateaux de Minembwe, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu, les troupes de Paul Kagame, sous couvert de groupes se disant défenseurs des Tutsis congolais « Banyamulenge », alliés aux AFC/M23 et aux rebelles Tutsis du Burundi, mènent des opérations visant à faire de ces plateaux un territoire exclusivement tutsi, et non sous le contrôle de l’État congolais. Il déclare que cette agression d’un État souverain et cette violation du droit international sont une « défense de la cause des Banyamulenge, ces Tutsis congolais ».

 

– Pour démontrer sa bonne foi et son engagement à respecter l’Accord de paix avec le Rwanda de Washington, la RDC a officiellement lancé, depuis Kisangani, les opérations de neutralisation et d’éradication des FDLR dans les zones de l’est sous son contrôle, sous la supervision du Mécanisme ad hoc.

 

Cependant, Paul Kagame refuse de reconnaître la bonne foi de la RDC concernant son engagement dans l’accord de Washington, et il fait monter les enchères en prétendant que les FDLR se retrouveraient dans toutes les unités des FARDC, à tous les échelons de commandement, bref, partout en RDC. Il va même plus loin, puisqu’il affirme que toute ethnie parmi les plus de 400 que compte la RDC, qui s’opposerait à la domination et à l’hégémonie tutsi, serait automatiquement considérée comme FDLR. Ce qui signifie que la RDC ne pourrait jamais toutes les neutraliser. Ce qui donnerait donc toujours à Paul Kagame un prétexte pour maintenir ses troupes d’occupation en RDC.

 

Dans ce volet des opérations militaires, Paul Kagame ordonne à ses pantins des AFC/M23 de faire semblant de respecter certains termes de l’accord en évacuant certaines positions. Mais en réalité, il s’agit de manœuvres militaires de changement de positions et de redéploiement de ses troupes. On les observe au Nord-Kivu (Masisi, Lubero), au Sud-Kivu, autour d’Uvira, vers Bukavu, dans le territoire de Fizi, ainsi que dans la vallée de la Rusizi, vers Bujumbura.

 

  1. Sur le plan diplomatique

 

En résumé, on retiendra surtout que la situation est volatile et dépend de facteurs externes à la région.

 

– Le processus de Washington, déjà moribond, vient peut-être de subir le coup fatal avec le rejet et la dénonciation de l’accord de Washington par Paul Kagame. Il faudra donc attendre de voir quelle sera la réaction de l’administration Trump à cet affront et à cette humiliation que Paul Kagame vient de lui infliger.

 

– Le processus de Doha concerne les négociations directes entre le gouvernement de la RDC et le groupe armé AFDC/M23, une rébellion congolaise. Ce processus est au point mort depuis plusieurs mois. Il a récemment été annoncé que de nouvelles négociations étaient programmées du 13 au 17 avril 2026 en Suisse. Ce round vient donc de prendre fin. Initialement prévus à Doha, ces pourparlers ont été délocalisés en raison de la situation sécuritaire au Moyen-Orient.  Ce nouveau cycle de discussions intervient dans un climat de tension persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, où les combats entre les FARDC et l’AFC/M23, soutenu par le Rwanda, sont de plus en plus intenses.

 

De plus, Paul Kagame et ses acolytes du M23 ont tout fait pour semer la confusion et créer des amalgames susceptibles de bloquer ces discussions. Ainsi, à la surprise générale, des personnalités ayant occupé des fonctions stratégiques au sein de l’appareil d’État congolais, comme Claude Ibalanky et Jean-Félix Mopande, qui étaient encore récemment de hauts cadres de l’administration de la RDC, ont participé à ces négociations en tant que membres de la délégation du M23. On a même vu une Tutsi rwandaise faire partie de la délégation du M23 en Suisse. Il s’agit de Justine Rukeba Mbabazi, une citoyenne canadienne d’origine rwandaise.

 

De Kigali à Ottawa, puis d’Ottawa à Goma, puis en Suisse, elle a fait ce long voyage pour pleurnicher lors de ces négociations évoquant les Tutsis qui auraient été tués en RDC, faisant preuve d’une mémoire sélective et oubliant le sang des millions de Congolais versé par les Tutsis de Paul Kagame. Elle est venue négocier la paix, le mouchoir trempé de ses larmes d’hier, alors qu’il s’agit d’essuyer les crimes d’aujourd’hui de Paul Kagame et de son M23 en RDC. De quoi énerver la délégation de la RDC.

 

Les États-Unis étaient pourtant bien présents et n’étaient plus seulement observateurs, comme à Doha, mais intervenaient en tant que facilitateurs. La Monusco a participé en tant qu’observateur.

 

Le cadre de paix signé à Doha le 15 novembre dernier, et qui jusqu’à présent n’a pas permis d’enregistrer des avancées significatives sur le terrain, est cette fois-ci mort et enterré. La paix tant promise par Donald Trump à l’est de la RDC reste donc chimérique. La seule perspective qui reste à la RDC est donc la poursuite de la guerre avec le Rwanda de Paul Kagame à travers son M23.

 

Il faudrait donc s’y préparer militairement et ne pas tout miser sur la diplomatie, qui montre ses limites face à Paul Kagame.

 

Pour faire passer la pilule et masquer cette impasse du processus de Doha, les médiateurs et facilitateurs des discussions en Suisse ont publié un communiqué selon lequel le gouvernement et l’AFC M23 se seraient accordés sur un mécanisme de vérification élargi du cessez-le-feu, intégrant à parts égales des officiers M23 et du gouvernement, et piloté par la CIRGL en coordination avec la Monusco. Il s’agit du nouvel accord dit « Accord MOU » (Memorandum of Understanding, ou protocole d’accord). Autrement dit, du déjà vu et une évidence, mais qui n’a pas fait cesser les combats à l’est de la RDC. Pour en rajouter et noyer le poisson, cet « accord » annonce un cessez-le-feu immédiat, l’ouverture de couloirs humanitaires et de nouveaux pourparlers à Luanda avant la fin avril, mais sur le terrain, la guerre continue.

 

De toute façon, on ne pouvait rien espérer de ce round de négociations du processus de Doha, tenu en Suisse, tant que le va-t-en-guerre Paul Kagame affirme se moquer des processus de Washington et de Doha.

 

Quant à la facilitation de l’Union africaine avec son panel d’une demi-douzaine d’anciens chefs d’État, c’est « motus et bouche cousue » ! De toute façon, on ne peut rien attendre de l’UA pour résoudre les conflits armés sur le continent, car dans ce domaine, elle est encore plus incapable et inutile que l’ONU (un « machin » selon le général de Gaulle) sur le plan mondial.

 

  1. Constat et réactions de la RDC

 

– Le gouvernement de la RDC, agressé et dont une partie du territoire est conquise et occupée par les troupes de Paul Kagame, joue la bonne foi dans ces processus censés instaurer la paix et essaie de faire valider ses arguments dans les instances internationales. Mais en politique comme en diplomatie, la bonne foi ne suffit pas à convaincre.

 

– Les FARDC, comme toute armée régulière et nationale en guerre, agissent selon les directives du gouvernement et les ordres du commandement en chef, mais tout cela avec les moyens que ces échelons leur fournissent. Mais dans le cas précis des FARDC, une armée qui doit assurer l’intégrité territoriale d’un pays de plus de 2,3 millions de km² et la sécurité d’une population de plus de 100 millions d’habitants, a montré ses limites et sa faiblesse dans cette noble mission. D’abord, c’est une armée qui n’a de nationale que le nom, car elle est issue de la fusion de corps ayant peu de choses en commun en ce qui concerne l’intérêt national. À cela s’ajoute le peu de moyens alloués et le risque de politisation qui pèse sur chacun de ses hauts cadres officiers.

 

La classe politique est factuellement focalisée sur le faux débat sur la modification ou le changement de la Constitution, pour permettre à Félix Tshisekedi de s’accorder un autre mandat après celui qui s’achève en 2027, alors que rien n’indique qu’il imposera le glissement du calendrier électoral pour rester au pouvoir après la fin de son mandat, ni qu’il modifiera la Constitution pour instaurer la non-limitation des mandats, comme c’est à la mode en Afrique. En RDC, pays en guerre, ce sujet est désormais le seul abordé dans les débats politiques et est brandi par les politiciens, surtout à cause de leurs frustrations électorales, de leurs ambitions démesurées et souvent mesquines, mais sans tenir compte de l’intérêt supérieur de la nation.

 

– La société civile en RDC danse au rythme des politiciens. Même la CENCO, cette puissante instance de l’Église catholique en RDC, appelle actuellement à associer certains politiciens se disant opposants, battus aux élections, et sous sa protection, au partage du pouvoir avec ceux qui l’exercent suite aux élections, sous le prétexte d’un « dialogue national et inclusif », sans tenir compte de l’intérêt supérieur de la Nation et de l’état de guerre.

 

  1. Risque pour la RDC et comment y parer ?

 

La RDC risque la balkanisation, voire la réduction à un « espace chaotique » où toute puissance ou multinationale peut agir à sa guise, comme dans le « nouvel ordre mondial » imposé par les puissances occidentales et dans lequel vivent déjà d’anciens États devenus des espaces chaotiques, comme l’Irak, la Libye, la Syrie et bientôt le Soudan.

 

Mais le risque imminent pour la RDC est la balkanisation, sous le vocable de « soudanisation », avec la construction de l’Empire Hima-Tutsi, dont l’architecte est Yoweri Museveni, président de l’Ouganda, l’entrepreneur est Paul Kagame, président du Rwanda, qui sous-traite William Ruto, président du Kenya, et les financiers sont certaines puissances occidentales dans lesquelles les lobbies pro-Tutsi contrôlent le pouvoir.

 

Tout commencera par la création de la République du Kivu, sous prétexte de « prévenir un génocide contre les Tutsis en RDC », c’est-à-dire les Banyamulenge.

Le plan est bien établi et le processus est déjà en cours.

 

Paul Kagame, conseillé par l’architecte de cette construction de l’Empire Hima-Tutsi et financé par les puissances intéressées, va déclencher une offensive plus fulgurante que celle de janvier 2025 sur Goma, sous prétexte de se « protéger », et déclarera la sécession du Kivu, qui signera des accords de coopération militaire et économique avec le Rwanda. Certaines puissances occidentales, dont certaines sont membres permanents du Conseil de sécurité, pousseront l’ONU à reconnaître le nouvel État. Le Soudan du Sud servira de jurisprudence et on vous dira que c’est le seul moyen d’arrêter les tueries à l’est.

 

La campagne médiatique est en cours et le message des « Banyamulenge » circule déjà dans les sphères diplomatiques pour susciter de la sympathie de la communauté internationale à leur égard.

 

Paradoxe : on n’a jamais parlé de génocide pour les millions de morts congolais. Mais dans les chancelleries et les institutions des droits de l’homme, on parle déjà de prévenir un génocide qui se préparerait contre les « Banyamulenge ».

 

Pour y parer, les Congolais devraient s’unir et parler d’une seule voix en tant que vrais Congolais qui protègent l’intégrité du territoire national.

 

Les politiciens devraient oublier les frustrations liées à certaines élections, ainsi que leurs ambitions, car la priorité est l’unité de la RDC.

 

  1. Les États-Unis face à Paul Kagame

 

Au moment où Donald Trump est entièrement pris dans sa guerre au Moyen-Orient, les pressions d’Israël détournent l’attention de l’opinion nationale et internationale, fournissant ainsi à Paul Kagame l’occasion de narguer les États-Unis et surtout de banaliser les décisions de Trump concernant son Rwanda, et cela en toute impunité.

 

Les États-Unis et Donald Trump perdent ainsi toute crédibilité dans la région pour s’y affirmer, car ils paraissent incapables de faire entendre raison à un dictateur comme Paul Kagame. Pourtant, pour y parvenir, ils n’auraient pas besoin de déployer autant de moyens que contre l’Iran, un pays pourtant moins arrogant que le Rwanda de Paul Kagame.

 

– Les États-Unis de Trump sont toujours appelés, et peut-être plus que jamais, à défendre leurs intérêts dans la région et en Afrique, mais pour cela, ils doivent paraître crédibles, cohérents et déterminés. La crédibilité des États-Unis en tant que médiateur de paix en Afrique ne se mesurera pas au nombre d’accords qu’ils parviennent à signer ou à faire signer, mais à leur réaction lorsque ces accords sont violés. Les accords de Washington et la résolution 2773 sont déjà violés. La manière dont Washington répondra déterminera si sa diplomatie dans les Grands Lacs a encore un sens.

 

En agissant ainsi, Paul Kagame ne défie pas seulement les États-Unis, mais l’ensemble de la communauté internationale.

 

Pour atteindre leurs objectifs et maintenir leur crédibilité, Trump et les États-Unis n’ont pas d’autre choix. L’obstacle doit être écarté. Cet obstacle s’appelle Paul Kagame, le téméraire.

 

En déclarant au monde entier qu’il viole délibérément le droit international, le président rwandais s’est lui-même désigné comme un obstacle majeur au retour de la paix en RDC et dans la région des Grands Lacs.

 

La chute ou l’élimination de Paul Kagame du pouvoir au Rwanda pourrait constituer un soulagement pour Donald Trump et renforcer la crédibilité des États-Unis dans l’opinion africaine, et ce, à peu de frais et sans trop d’efforts de sa part.

 

Tous ceux qui aiment la paix et le Rwanda, et qui peuvent approcher Trump à un moment où il joue son héritage dans l’Histoire, alors qu’il est au plus bas dans l’opinion, devraient lui souffler que la bouée d’oxygène est là, à portée de main : faire tomber le dictateur et déstabilisateur de la région des Grands Lacs, Paul Kagame. Cela lui serait plus facile que de faire tomber les mollahs du pouvoir en Iran.

 

  1. Tshisekedi devrait rendre la pareille à Paul Kagame.

 

– Pour répondre à Paul Kagame qui promeut désormais l’opposant et ennemi de la RDC, Joseph Kabila, Félix Tshisekedi devrait lui aussi promouvoir et soutenir l’opposition politique à Paul Kagame, partout et dans tous les domaines : « Un prêté pour un rendu ! »

 

Tous les Congolais patriotes et ayant encore le sens de l’État devraient se convaincre que la paix ne viendra pas de l’extérieur, surtout pas de Paul Kagame, comme le croit l’opposition, ni de Donald Trump, comme l’espère le régime en place. Elle viendra des forces armées nationales renforcées et respectées, d’une unité nationale consolidée et d’une cohésion sociale restaurée.

 

  1. Torture morale de la veuve et de la famille de feu le président Juvénal Habyarimana

 

Après s’être servi du nom du fils du président Juvénal Habyarimana pour tenter de justifier son rejet de l’accord de Washington et donc pour maintenir ses troupes en RDC, comme on l’a vu lors d’une interview à Jeune Afrique, Paul Kagame et ses lobbies en France n’en sont pas restés là dans la diabolisation de la famille de feu le président Habyarimana.

 

À l’occasion du lancement par Kigali de la période de trois mois de commémoration du génocide rwandais de 1994, les lobbies  de Paul Kagame en France, tels que la CPCR du couple Daphrose – Gauthier, IBUKA-France, CRF Diaspora, ainsi que des ONG comme Survie, SOS Racisme, etc., qui se portent systématiquement parties civiles dans tout procès intenté contre un opposant à Paul Kagame exilé en France, ont annoncé presque triomphalement que la décision sur leur énième appel contre l’ordonnance de non-lieu et le rejet d’actes complémentaires dont a bénéficié Agathe Habyarimana depuis des années, mais contre laquelle ces lobbies de Paul Kagame en France font systématiquement appel, datait. , sera connue en mai 2026.

 

En effet, le parquet de Paris, sous la pression de ces lobbies et de leur collectif de parties civiles, avait encore fait appel de cette décision qui visait à clore définitivement une procédure débutée il y a près de vingt ans contre la veuve de l’ancien président Juvénal Habyarimana. Une ignominieuse torture morale infligée à cette femme de 82 ans, évacuée du Rwanda le 9 avril 1994, soit à peine trois jours après l’assassinat de son mari, Juvénal Habyarimana, et des membres de sa famille qui l’accompagnaient.

 

  1. L’opposition au régime de Paul Kagame

 

Dans toute sa diversité (ethnique, régionale, idéologique, etc.), l’opposition au régime de Paul Kagame devrait profiter de la dynamique mise en place par le Dr Karl von Batten, fondateur du cabinet de lobbying Von Batten-Montague-York, L.C., à l’origine de la création récente du Conseil national pour la démocratie au Rwanda (CNDR). Cette plateforme d’opposition regroupe des forces politiques, des organisations de la société civile et des acteurs religieux, issus à la fois de la diaspora et de l’intérieur du Rwanda, afin de d’abord exister, puis de devenir une alternative crédible au régime de Paul Kagame.

 

Conclusion

 

Comme on vient de le voir, le président Donald Trump, et dans une moindre mesure les États-Unis, ont intérêt à ce que Paul Kagame et son régime tombent. Cela leur permettrait de restaurer leur crédibilité et de réaffirmer leur statut de superpuissance dans la région, et au-delà, en Afrique et dans le monde.

 

De même, les Congolais de la RDC et, à leur tête, le président Félix Tshisekedi et son gouvernement, ont intérêt à ce que le régime de leur agresseur, Paul Kagame, tombe, afin que la paix et la sécurité soient rétablies et assurées à l’est de leur pays.

Mais ceux qui ont le plus d’intérêts, car vitaux, et donc souhaitent le plus la chute de Paul Kagame et de son régime dictatorial et sanguinaire, ce sont les Rwandais.

 

Pour y parvenir, ils doivent donc y mettre plus d’efforts, de sacrifices et de détermination que les acteurs extérieurs (Trump ou Tshisekedi) qui souhaitent la même chose.

 

Le moment est donc venu pour que les Hutus, Tutsis et Twas démocrates et républicains joignent enfin leurs efforts en transcendant, pour un moment, leurs différends d’ordre ethnique, régional, culturel ou confessionnel, et en les réservant pour le programme politique de la Renaissance du Rwanda de l’après-Kagame. Ce programme devra permettre d’éradiquer le mal rwandais qui ronge le pays depuis 32 ans. Ce mal a été diagnostiqué et porte un nom : Paul Kagame.

 

Emmanuel Neretse

 

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