Pourquoi Colette Braeckman s’en prend-elle aux jeunes Belgo-Rwandais candidats aux élections communales d’octobre 2018 ?

Au moment où bon nombre de médias belges parlent du regain du racisme avec l’affaire Cécile Djunga ou l’organisation d’extrême-droite Schild & Vrienden, la sortie de la journaliste belge Colette Braeckman peut être classée dans ce courant.

 

En effet, dans un article intitulé « Communales 2018: deux candidats rwandais qui dérangent » publié  dans le quotidien « Le Soir » du 05/09/2018, la journaliste Colette Braeckman s’en prend aux jeunes Belgo-Rwandais qui se sont présentés sur différentes listes des partis politiques tant en Flandre qu’en Wallonie pour des élections communales d’octobre 2018.

 

Sur la RTBF le 06 septembre 2018, Cécile Kyenge, ancienne ministre de l’intégration en Italie et actuellement euro-députée, victime du racisme et qui continue de subir des sarcasmes à cause de la couleur de sa peau, a dit quelque chose de très important : « Les racistes ne m’attaquent pas sur mes compétences mais sur mes origines d’immigrée ». De même, la journaliste Colette Braeckman n’a pas attaqué les jeunes candidats sur leurs compétences mais sur leur origine, soulignant que le père d’un des candidats a été condamné par les tribunaux Gacaca au Rwanda. Colette a fait preuve de mauvaise foi en faisant l’amalgame entre les affaires judiciaires « supposées » du père et la candidate Laure Uwase qui est par ailleurs avocate au barreau de Bruxelles pour ce qui est de ses compétences.

 

Toujours dans sa mauvaise foi, Colette Braeckman reproche à la mère de Laure d’animer une TV en ligne (Ikondera Libre) dont les émissions sont très suivies par la communauté rwandaise. C’est indécent pour une journaliste professionnelle de s’en prendre à sa consœur en taxant, avec une légèreté déconcertante, ses émissions de révisionnistes. D’où Colette Braeckman tire-t-elle ces ragots puisqu’elle ne comprend pas le Kinyarwanda, langue dans laquelle se donnent ces émissions ? Peut-elle donner l’exemple d’une seule émission jugée « révisionniste » que ses informateurs lui auraient indiquée et qu’elle n’a pas jugée bon de mentionner dans son article pour étayer ses accusations ?

 

Cherchant toujours la petite bête, Colette Braeckmana s’attaque à Jambo asbl et à ses responsables que sont Gustave Mbonyumutwa, son président, un informaticien de son état, et Mugabe Nizeyimana, son trésorier, un ingénieur civil.

En stigmatisant Gustave Mbonyumutwa, Colette Braeckman l’attaque encore, signalant que son grand-père fut le premier président du Rwanda et que son père appartenait à un parti extrémiste. Si Colette Braeckman a des preuves de crimes qu’elle veut coller, à tour de bras, à ces « papas », elle n’a qu’à les transmettre à la justice belge qui par le passé a jugé certains Rwandais dans le cadre de la loi sur la compétence universelle. Pourquoi stigmatiser les jeunes si cette journaliste n’a pas l’intention de leur nuire dans leur droit d’élire et d’être élus comme tout citoyen belge ?

 

Pour Colette Braeckman, Jambo asbl et ses deux responsables sont une mouvance « jugée révisionniste vis-à-vis du génocide rwandais ». Pour éclairer le lecteur, il faut signaler que tout part d’une conférence-débat qu’a voulu organiser Jambo asbl en mars de cette année sur un projet de loi controversé sur le négationnisme du génocide contre les Tutsi. Les thuriféraires du FPR ont crié haro et le projet avorta de façon inattendue et à la dernière minute.

 

Néanmoins, quoi de plus normal que ces jeunes universitaires se posent des questions sur l’histoire récente de leur pays d’origine et veuillent en discuter publiquement et d’une façon contradictoire avec les spécialistes de tous bords en vue d’assouvir leurs interrogations.

 

S’agissant du génocide des Hutu qui se profilerait en filigrane de cette conférence ci haut évoquée, il sied de rappeler que ni Jambo asbl ni ses membres n’ont jamais nié le génocide contre les Tutsi.

 

Notons que le Rapport Mapping de l’ONU précise que les crimes commis par le FPR contre les Hutu seraient qualifiés de génocide si jamais un tribunal s’y penchait.

 

L’idée d’un génocide contre les Hutu fait son chemin depuis lors et le récent livre de Judi Rever ne laisse aucun doute à ce sujet. Par ailleurs, d’éminents spécialistes de la région des Grands Lacs, dont le professeur Filip Reyntjens, sont du même avis que cette auteure. L’asbl Jambo ne fait que s’inscrire légitimement dans ce courant pour avancer les débats.

Malheureusement, et c’est là où le bas blesse, la journaliste Colette Braeckman, au lieu de souligner le fait que ces jeunes issus de l’immigration soient candidats à ces élections est un signe manifeste de leur intégration, elle cherche plutôt à leur barrer la route par des insinuations tendancieuses.

 

En paraphrasant Pierre Péan, Colette Braeckman devrait évoluer et quitter ce cercle de « Blancs menteurs » sous influence du dictateur rwandais Paul Kagame.

 

Gaspard Musabyimana

 

 

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