« Debout Congolais !» A quand ?

photo afrikarabia.com

L’hymne national de la RDC a pour titre : « Debout Congolais !». Je me pose souvent la question de savoir si c’est une exhortation faite aux Congolais à se mettre debout, ou si c’est le constat, l’affirmation que les Congolais sont debout. Franchement, je n’ai pas de réponse toute faite.

Pour l’instant, je préfère penser que c’est les deux choses à la fois : un constat, partant de notre indépendance (formelle) acquise le 30 juin 1960 – non sans sacrifices ; et une exhortation à se mettre debout afin d’affronter les défis de notre souveraineté, de notre prospérité, et de notre bonheur collectif.
Je me figure la position debout comme celle d’un homme (ou d’une femme) vigoureux, en bonne forme, fort, et pourquoi pas courageux, intrépide, déterminé ; un être dressé devant ses défis et prêt à les affronter. A contrario, un homme couché ou assis c’est un homme malade, paresseux, impuissant, voire mort, tout simplement.
Beaucoup de Congolais connaissent cet hymne par cœur. On le chante depuis l’école maternelle jusqu’à l’université ; on l’exécute à toutes les occasions officielles ; mais Dieu sait combien l’intériorisent et méditent sur son contenu. Je pense en particulier aux intellectuels et aux pseudo-intellectuels dont le pays regorge, et qui sont censés être, non seulement le moteur de la relève du Congo, mais aussi les éclaireurs des millions de Congolais moins chanceux qui n’ont pas eu accès à l’instruction. Je pense aussi à ces politiciens qui se proclament patriotes, mais dont les actes trahissent au quotidien les idéaux nationaux en partie scandés dans notre hymne national.
Mon intention n’est pas de condamner : cela ne servirait à rien. Elle est plutôt d’interpeller le Congolais, où qu’il se trouve, quel que soit son rang social, sa profession, ses moyens, … à méditer sur l’hymne national au lieu de le réciter comme nous récitons le Notre Père. En chantant le Debout Congolais, tout citoyen digne de ce nom doit avoir l’esprit stimulé et sentir son cœur vibrer. Nous devons ressentir en nous ce que ressent un guerrier au combat, parce que nous avons un combat sublime : celui de notre liberté et de notre dignité à conquérir, et parce que comme le guerrier, la victoire ou l’échec dépend de chacun de nous. Nous devons ressentir au tréfonds de nous ce que ressent le poète ou l’amoureux lorsqu’il pense à son amant, parce que nous aussi nous avons un amant cher et unique : notre patrie. Ne pas lutter pour elle c’est lui être infidèle ; c’est trahir son amour et trahir le sang et le courage de ceux qui, hier, se sont sacrifiés pour notre liberté – et Dieu sait qu’il y en a !
Mais on n’est pas debout lorsqu’on est habité par la peur ; peur de s’engager, peur de dire la vérité, peur d’être libre, peur de mourir. Lorsque l’on est résigné face aux oppresseurs et aux prédateurs que sont en premier lieu nos gouvernants, qui se moquent éperdument de nos conditions de vie, de notre bien-être, de notre avenir. On n’est pas debout lorsqu’on manque d’idéal, de rêve pour soi, pour sa descendance et pour sa patrie, lorsque l’on accepte de croire que la faim, la misère, la violence sont une fatalité, et que l’on croise les bras dans l’attente d’une hypothétique providence. Non, on n’est pas debout lorsqu’on profite de la moindre occasion pour piller le pays, appauvrir ses gouvernés, opprimer les plus faibles que soi, détourner les recettes du Trésor public, commettre des injustices : on est au contraire esclave de sa cupidité, de son incivisme et de son inconscience.
Personne ne nous rendra jamais la dignité et la liberté si nous montrons dans nos actes et nos pensées que nous y avons renoncé. Personne ne fera la bataille à notre place : ni nos gouvernants cupides et traitres, ni les faux ou vrais philanthropes occidentaux, et encore moins notre foi en Jésus, en Kimbangu ou en Mahomet ! Personne, mais alors personne n’endossera nos responsabilités. Tu n’es pas debout, le plus souple se sert de toi comme tremplin ou marchepieds et se lance vers ses propres intérêts. Plus tu restes couché ou assommé, plus il en profite ; en particulier lorsqu’il s’agit d’un pays riche en ressources comme le Congo !
Alors, mon frère, ma sœur, est-ce cela la position que tu préfères ? Celle d’un aliéné qui passe son temps à tendre les joues pour qu’on y frappe, à étaler le dos pour qu’on marche dessus, à tendre les mains pour qu’on y crache ? Est-ce cette image du pleurnicheur, du lâche, du pitoyable que tu veux continuer à véhiculer ?
S’il vous plait ! Mettons-nous Debout pour de vrai. Nous DEVONS changer les choses, et nous le pouvons ! Nous n’avons pas à craindre la prison, les fouets ou la mort, parce qu’il vaut mieux mourir sur le front plutôt de la liberté et de la dignité, plutôt que dans la cachette humiliante et indigne de la soumission et de la résignation. Et de toutes manières, à quoi bon craindre de mourir en revendiquant son droit pour mourir d’une faim, de la maladie ou des conditions dans lesquels on est mis ? Mourir c’est mourir, c’est la cause qui fait la différence !
Enfin, mettons-nous Debout pour travailler, pour faire notre devoir, quel qu’il soit, avec courage et loyauté : les études, la fonction publique, l’entreprise privée, le petit métier, … tout participera à la nécessaire relève de la nation.
Debout Congolais !!!

 

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