Guerre à l’Est de la RDC : la “solution africaine” ou le grand partage sans vainqueur ni vaincu ?
Ce Periodic Intelligence Report (PERINTREP) relate comment, fin février 2026, l’annonce est faite à l’opinion publique que la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs vont enfin être restaurées grâce à une solution miracle qui aurait été trouvée pour mettre fin au conflit à l’est de la RDC. Cette solution serait contenue dans une formule magique : « Solution à l’africaine : terminer la guerre sans ni vainqueur ni vaincu, toutes les parties ayant gagné mais aussi perdu ! »
Une formule et une solution alléchantes, sauf qu’elles permettent à l’une ou l’autre partie de berner les autres, et de rendre l’une ou l’autre partie le « dindon de la farce » de ce partage, comme nous allons le voir dans cette analyse. En effet, l’un des belligérants est militairement le plus faible, tandis que l’autre est le plus fort, et il bénéficie en outre de puissants lobbies qui influencent les décideurs des puissances occidentales dans toute décision prise concernant ce conflit.
Événements du mois de février 2026 en rapport avec la guerre à l’est de la RDC.
Le mois de février 2026, le plus court de l’année, aura été marqué par des événements spectaculaires et significatifs concernant le conflit à l’est de la RDC. Nous les citerons, mais nous ne les développerons pas davantage dans ce PIRINTREP, qui doit se limiter aux constats.
Constat de l’évacuation effective de la ville d’Uvira par le M23.
Conquise sept jours après la signature de l’accord de Washington entre la RDC et le Rwanda, la ville avait été évacuée par les troupes rwandaises de l’AFC/M23 le 17 décembre 2025, mais il s’agissait d’un faux retrait. En effet, ce n’est qu’à la fin du mois de janvier 2026 qu’il a été officiellement constaté que les combattants de l’AFC/M23 s’étaient effectivement retirés d’Uvira.
Signature à Doha d’un accord sur les mécanismes
Le 2 février, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe armé AFDC/M23 ont signé un nouveau document lors des discussions qui se tiennent depuis plusieurs mois à Doha, sous l’égide du Qatar. Il s’agit des termes de référence relatifs au mécanisme d’observation du cessez-le-feu. Ce processus de Doha, qui semblait bloqué, est donc relancé, même si timidement et avec une méfiance réciproque.
L’Union africaine est de nouveau active dans les processus de rétablissement de la paix.
L’UA, qui semblait tenue à l’écart de ces tentatives de ramener la paix dans l’est de la RDC, a été réactivée en ce mois de février 2026. On a ainsi noté :
– la tournée du panel de co-facilitateurs de l’UA dans les États de la région ;
Sous la présidence du président Faure Gnassingbé, six co-facilitateurs, tous anciens chefs d’État, ont été désignés. Après le sommet organisé à Lomé, au Togo, le 17 janvier 2026, ces anciens chefs d’État africains, co-facilitateurs dans ce conflit, ont entamé, début février 2026, une tournée régionale. Ils se sont successivement rendus à Kinshasa, Kigali, Kampala et Bujumbura.
– Le président angolais reprend la main.
En février 2026, alors qu’il avait déjà remis la présidence tournante de l’UA au président burundais Evariste Ndayishimiye, le président João Lourenço a posé des actes politico-diplomatiques forts en rapport avec ce conflit.
Il a notamment fait pression sur le président Tshisekedi pour qu’il accepte un dialogue national inclusif selon les conditions fixées par la CENCO et l’ECC.
Il a décrété un nouveau cessez-le-feu, entré en vigueur le 18 février 2026 à midi, que les deux parties ont accepté, mais qui, comme les précédents, n’a pas eu d’effet. En effet, ce cessez-le-feu sollicité par l’Angola n’a pas été intégralement respecté fin février 2026.
À ce propos, on note une multiplication des accusations de la part de l’AFC/M23, qui attribue ses violations du cessez-le-feu aux FARDC et aux Wazalendo. Attendons de voir quelle sera la réaction du président João Lourenço, qui a demandé ce cessez-le-feu aux belligérants, mais qui a aussitôt été violé par l’AFC/M23. Attendons également de voir quelle sera la réaction des autres médiateurs dans ce conflit, les États-Unis et le Qatar, qui ont soutenu cette initiative et dont les cessez-le-feu ont également été violés aussitôt décrétés par les pantins de Paul Kagame en RDC, l’AFC/M23.
Un aéronef de l’ONU a atterri à l’aéroport de Goma, fermé depuis un an.
Le 12 février 2026, un hélicoptère de la MONUSCO s’est posé sur l’aéroport de Goma avec à son bord la cheffe par intérim de la MONUSCO. Même si l’atterrissage d’un hélicoptère sur un aéroport international n’est pas un événement en soi, dans le cas de Goma, il est un symbole d’espoir et de normalisation, car il s’agit du premier atterrissage après une interruption d’un an de l’accès aérien, ce qui permet de tester la faisabilité et la sécurité des mouvements.
En ce mois de février 2026, un mémorandum d’entente a été signé les membres de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Le document vise à définir les modalités et le cadre opérationnel pour la mise en œuvre rapide et complète du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, ainsi que son interaction avec les structures de surveillance convenues à Doha.
Ce mécanisme a pour mission de surveiller le cessez-le-feu, d’enquêter sur toute violation présumée et de prendre les mesures nécessaires auprès des parties concernées pour éviter de nouvelles violations.
La composition du mécanisme de surveillance et de vérification est la suivante : trois représentants du gouvernement congolais et trois du groupe politico-militaire AFDC/M23. Des représentants de l’Union africaine, du Qatar et des États-Unis peuvent intervenir en tant qu’observateurs. La CIRGL en fait également partie.
Le même constat : une multiplication des processus et mécanismes. Cependant, aucun de ces textes n’a permis, jusqu’à présent, de faire taire les armes dans l’est de la RDC.
En juillet, Kinshasa et l’AFC/M23 ont déjà signé à Doha une déclaration de principes en vue d’un cessez-le-feu permanent. La RDC et le Rwanda ont, eux, entériné un accord de paix à Washington en décembre. Mais tout cela n’a pas empêché la poursuite des combats. Dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23, les convois humanitaires ne sont même pas tolérés et sont attaqués par ces combattants, qui laissent ainsi les populations mourir de faim et de maladies, comme à Rutshuru, où un convoi de MSF a été empêché d’acheminer des produits médicaux.
Évariste Ndayishimiye à la tête de la présidence tournante de l’Union africaine.
Avec son accession à la tête de l’organisation, le week-end du 14 au 15 février 2026, la géopolitique régionale bascule. Réputé pour sa proximité avec Kinshasa et son engagement contre l’agression rwandaise, il incarne désormais l’espoir d’une résolution pacifique et ferme du conflit à l’est de la RDC.
Pour Kinshasa, cette présidence est une victoire diplomatique majeure : la RDC dispose désormais d’un allié stratégique au sommet de l’UA, alors qu’elle est également membre du Conseil de paix et de sécurité de l’UA, ainsi que du Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent, et ce jusqu’en 2027 ! Cependant, la question demeure : cette domination diplomatique suffira-t-elle à mettre fin aux velléités du M23/Rwanda sur le terrain, tant que le rapport de force lui restera favorable ?
Entretemps, le Burundi vient de rouvrir sa frontière avec la RDC sur l’axe Bujumbura-Uvira, malgré les risques que cela représente pour les troupes rwandaises de Paul Kagame de servir de voie de passage à leurs supplétifs de l’AFC/M23, qui occupent des positions stratégiques à moins de 15 km de cet axe. Cependant, pour soulager les populations et pour des raisons humanitaires, le gouvernement du Burundi a décidé, en coordination avec la RDC, d’ouvrir cette frontière le lundi 23 février 2026. L’autorité morale du président Evariste Ndayishimiye ne devrait donc pas être minimisée.
Sur le plan militaire, ce mois-ci, on a noté l’acquisition par le M23 de Paul Kagame de matériel de guerre sophistiqué et adapté à une guerre moderne, comme des drones. Le 2 février, ses drones ont frappé l’aéroport international de Kisangani, situé à plus de 500 km de la ligne de front, montrant ainsi sa capacité à frapper en profondeur et partout en RDC.
En riposte, la Force aérienne des FARDC a frappé quelques positions du M23 occupées en violation du cessez-le-feu avec ses propres drones. Par exemple, le 24 février, une frappe de drones a eu lieu près du site minier de Rubaya, qui produit une part significative du coltan mondial. Cette frappe a notamment tué le lieutenant-colonel Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23, un combattant mort au front, les armes à la main, et non un civil assassiné, comme certains voudraient le faire croire, notamment les prêtres traîtres de la CENCO.
Paradoxalement, c’est la RDC qui est accusée de violations de ce cessez-le-feu.-feu par le même M23 : accusations en miroir !
Analyse : fusion des processus et initiatives de Washington, Doha, Luanda et de l’UA.
La fusion des processus de Washington, Doha et Luanda semble désormais effective et pilotée par l’Union africaine.
L’objectif est de permettre à toutes les parties prenantes de ce conflit – les belligérants, les médiateurs, le facilitateur, la communauté internationale (ONU et UA) – d’en sortir la tête haute. Pour y parvenir, il faut mettre fin à ce conflit, mais sans vainqueur ni vaincu.
Pour y parvenir, il faudra partager la poire en deux entre le Rwanda et la RDC, ce qui est en train de se faire.
– entre la RDC et le Rwanda ;
* Le Rwanda obtient ainsi la garantie de ne pas être sanctionné pour son agression et les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, voire le génocide qu’il a commis en RDC. En outre, il retirera « théoriquement » ses troupes de la RDC sans y être chassé ni par la force ni par des sanctions internationales, autrement dit « la tête haute ». Il peut espérer garder le plateau symbolique de Minembwe, dans le territoire de Fizi, au sud du Kivu, car il est contrôlé par ses milices tutsi, ce qui lui permet d’agiter son chantage aux Banyamulenge et d’obtenir l’intégration et le mélange de ses groupes, comme les Twirwaneho et les Gumino, dans les FARDC et la police.
– La RDC obtient la garantie de la sauvegarde de l’intégrité territoriale du pays et la garantie (temporaire ?) de ne pas être balkanisée ou réduite à un espace chaotique non étatique, comme l’Irak, la Libye et bientôt le Soudan.
– entre la RDC et l’AFC/M23 ;
La RDC obtient de restaurer l’autorité de l’Etat sur tout l’Est du pays actuellement sous administration du groupe armé AFC/M23 soutenu par le Rwanda de Paul Kagame.
La RDC espère recouvrer les ressources économiques et financières de l’est de la RDC, perdues depuis plus de deux ans, comme les sites de minerais rares et précieux, les taxes douanières sur les frontières avec les pays voisins, les impôts et taxes des contribuables, etc. ;
L’AFC/M23 obtient la garantie de l’impunité pour ses crimes de guerre et contre l’humanité, le partage du pouvoir avec l’intégration de ses cadres politiques dans les institutions et le mélange de ses combattants dans les corps de sécurité (armée et police).
– L’opposition politique et la CENCO :
Ces prélats auront leur « Dialogue national et inclusif » censé mettre fin aux rébellions successives en s’attaquant à leurs causes et racines. Une illusion et une supercherie pour exiger « le partage du pouvoir et de l’avoir » entre élus et non-élus, car c’est leur obsession. Quant à l’illusion de mettre fin au cycle des rébellions répétitives, ces religieux usent de leur autorité morale pour illusionner l’opinion publique, alors qu’ils positionnent leurs pions politiques.
La réalité est que ces rébellions s’inscrivent dans le cadre de la construction d’une infrastructure socio-politique appelée « Empire Hima-Tutsi » à implanter dans la région des Grands Lacs. L’architecte de ces rébellions est l’Ouganda, le maître d’ouvrage est le Rwanda, les ouvriers à l’œuvre sont les marionnettes congolaises et le financier est l’Occident. Tant que le peuple congolais sera guidé par un leadership politique patriote et visionnaire capable de contrer les actions des lobbies pro-Kagame en Occident, et que ses forces de défense et de sécurité seront puissantes et efficaces pour dissuader l’architecte, rendre inopérant le maître d’ouvrage et décourager le financier, ces rébellions réapparaîtront à tout moment après le dialogue des prélats.
Sauver ce qu’il reste de crédibilité à la communauté internationale ;
– L’ONU, cette organisation qui fut qualifiée de « Machin » par le général de Gaulle, qui avait noté son inefficacité, est actuellement encore plus inefficace pour restaurer la paix, voire pour l’imposer dans le monde, ce qui est pourtant sa mission selon sa charte signée en juin 1945.
Après la fin de la guerre froide, et donc le règne d’un ordre mondial dominé par quelques puissances occidentales, même son Conseil de sécurité, qui comprend 15 membres dont cinq permanents ayant le droit de veto, ne peut pas faire entendre sa voix dans la marche du monde. Le monde, devenu unipolaire, est régi par la volonté de la puissance la plus grande et la plus forte militairement et économiquement.
Dans ces conditions, si l’ONU peut voir un conflit dans le monde prendre fin, même à l’initiative de ces puissances, mais en ayant associé symboliquement sa voix, elle ne peut que se réjouir, car elle sauve le peu de crédibilité qui lui reste.
C’est le cas de ce conflit à l’est de la RDC, qui oppose le Rwanda du dictateur Paul Kagame, créature de ces puissances occidentales, qui pourraient donc le lâcher, et la RDC, agressée en violation de la Charte de l’ONU.
– États-Unis et Qatar.
Concernant les États-Unis d’Amérique, force est de reconnaître que les lobbies pro-Kagame sont toujours très puissants, et ils font pression sur Trump pour qu’il ne sanctionne pas Paul Kagame, et qu’il continue à jouir de la même impunité. Même le président Trump, hésite beaucoup avant de proposer la moindre sanction contre Paul Kagame et son régime ; ce à quoi on assiste depuis la signature des accords de Washington et de Doha. Dans ces conditions, il est peu probable que les États-Unis s’engagent dans un affrontement avec le régime de Paul Kagame. Il faudrait d’abord démanteler ces lobbies aux États-Unis, ou alors les amener à le lâcher, à l’instar du maréchal Mobutu du Zaïre, lâché par ses lobbies après plus de 30 ans de soutien.
La realpolitik dans la géostratégie.
Déjà, ces puissants lobbies, commencent à organiser des réunions de sécurité réunissant les trois pays, États-Unis, Israël et le Rwanda, comme celle qui vient de se tenir discrètement à Kigali mi-février 2026.
Ce sommet visait à positionner l’Afrique « comme la prochaine frontière dans le renforcement de la coopération stratégique entre les États-Unis et Israël, avec le Rwanda comme partenaire privilégié ».
Paul Kagame, toujours bien conseillé par ses créateurs, le sait, car il demande actuellement à ses puissants lobbies aux États-Unis d’infiltrer au moins un journaliste dans le service de presse de la Maison Blanche, afin de contrebalancer, voire de disqualifier, la journaliste Hariana Veras.
Bref, tant que les lobbies de Paul Kagame aux États-Unis continueront à mettre beaucoup de pression sur les décideurs politiques de cette superpuissance concernant leur protégé, Paul Kagame, pour les violations du droit international, les crimes de guerre et contre l’humanité qu’il commet dans la région, notamment en RDC, il ne faut pas s’attendre à ce que les États-Unis prennent des sanctions contre Paul Kagame et son régime au Rwanda. Pour cela, il faudrait que ces lobbies le lâchent ou soient contredits par d’autres lobbies aussi puissants, mais qui feraient la promotion de l’opposition à Paul Kagame et de ses victimes (Rwandais et non-Rwandais), pour que les États-Unis osent sanctionner Paul Kagame.
Or, on en est hélas encore loin, car l’opposition et les victimes de Paul Kagame n’ont ni les moyens ni les opportunités de construire des lobbies aussi puissants que ceux de Paul Kagame aux États-Unis.
Concernant le Qatar, qui a acquis les trois quarts des ressources financières du Rwanda (sociétés commerciales, infrastructures essentielles, etc.), et qui constitue un paradis fiscal pour Paul Kagame et ses proches, si les sanctions s’avéraient être les seuls actes concrets pouvant ramener la paix dans la région, le Qatar ne saurait pas comment sanctionner le Rwanda sans se sanctionner lui-même.
Les deux puissances (les États-Unis et le Qatar) seraient donc soulagées par la fin de cette guerre, sans vainqueur ni vaincu, et surtout sans avoir à prendre de sanctions contre Paul Kagame et son régime au Rwanda.
– Union africaine
Concernant les conflits sur le continent, l’UA se contente de déclarations sans pouvoir poser d’actes concrets pour ramener la paix.
Le processus adopté pour ce conflit (fin de la guerre, ni vainqueur ni vaincu) constitue donc pour elle une opportunité de se prévaloir auprès des pays belligérants et des autres membres de l’UA.
Au Rwanda, l’UA dira à Paul Kagame et à ses supplétifs de l’AFC/M23 qu’elle a, avec son panel de médiateurs et de facilitateurs, empêché que des sanctions soient prises contre eux, et ce sera vrai.
En RDC, l’UA dira que sa médiation lui aura permis de rétablir son autorité et son contrôle sur l’est du pays, car elle n’a pas de forces militaires pour s’y imposer, ce qui sera également vrai.
À la communauté internationale, l’UA, inutile et inefficace dans la résolution des conflits armés, brandira une nouvelle fois la fameuse « solution à l’africaine » pour mettre fin au conflit, ce qui est chimérique !
Nos avis et considérations en guise de conclusion
Comme nous l’avons vu, la « solution à l’africaine » qui permettrait de mettre fin à ce conflit sans vainqueur ni vaincu arrange toutes les parties, ainsi que les médiateurs et facilitateurs qui étaient dans l’embarras, car ils ne pouvaient ni sanctionner l’agresseur, ni aider l’agressé à se défendre militairement. Ce serait donc le moindre mal pour toutes les parties, même si la RDC, le plus faible militairement des deux belligérants, doit céder davantage à son vis-à-vis, le Rwanda de Paul Kagame. Ce dernier devrait également accepter de retirer ses troupes de la RDC, sans faire de publicité, mais en perdant ainsi les moyens et la possibilité de piller les minéraux précieux et stratégiques de ce pays.
Hélas, comme l’avait souligné le collectif « All for Rwanda », qui défend les droits élémentaires des réfugiés rwandais de la région, les grands oubliés de toutes ces procédures et solutions miracles sont les réfugiés hutus rwandais en RDC.
Il faudrait au minimum :
– intégrer formellement la situation des réfugiés rwandais hutus civils dans les mécanismes de suivi de l’accord de Washington ;
– demander au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de cesser toute pratique ou tout soutien pouvant s’apparenter à des retours forcés ou contraints de réfugiés rwandais depuis la République démocratique du Congo vers le Rwanda.
– Mettre en place un mécanisme structuré et consultatif avec des représentants des réfugiés rwandais.
Le plus grand défi à relever dans ce pari de faire taire les armes à l’est de la RDC, sans vainqueur ni vaincu entre les FARC et les troupes rwandaises d’occupation, sera de gérer la suite pour maintenir cette paix qui repose sur des bases fragiles et complexes, et dont certains acteurs, notamment le Rwanda de Paul Kagame, manquent de sincérité.
Un premier test sera constitué par les opérations de maintien du cessez-le-feu, qui débuteront bientôt dans le Sud-Kivu.
Conformément à la résolution 2808 (2025) du Conseil de sécurité, la MONUSCO a rappelé qu’elle était autorisée à soutenir la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent.
Cela inclut le soutien au Mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, ainsi qu’au Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), créé à la suite de la signature de l’Accord-cadre de Doha pour une paix globale, le 15 novembre 2025.
Du 23 au 27 février, une mission conjointe de la MONUSCO et de la CIRGL était en effet en mission à Uvira (Sud-Kivu) pour préparer le déploiement du Mécanisme conjoint de suivi du cessez-le-feu. Contrairement au Nord-Kivu et à l’Ituri, le mandat de la MONUSCO dans le Sud-Kivu est axé sur le suivi du cessez-le-feu et ne comprend pas la protection des civils (PoC), conformément à la résolution 2808 (2025).
Reste à savoir si les futurs efforts de suivi et de vérification seront crédibles, sûrs et réalisables sur le plan opérationnel.
Malgré tous ces processus, facilités et négociations, force est de reconnaître que la paix ne pourra pas être restaurée dans l’est de la RDC tant que le mal qui trouble la région est toujours à l’œuvre et a encore des racines profondes.
Ainsi, en cette fin février, sur le terrain, les acquis diplomatiques obtenus il y a quelques mois paraissent fragilisés. Plusieurs lignes de front se sont réactivées depuis une dizaine de jours, tant au Nord-Kivu qu’au Sud-Kivu. L’armée congolaise affronte l’AFC/M23, une armée soutenue par Kigali. C’est donc ce groupe armé qui est responsable de ces affrontements, car il viole régulièrement le cessez-le-feu décrété le 18 février 2026.
Pour éradiquer complètement le mal qui a poussé dans la région et le faire tomber, il faut arracher ces racines profondes. Et ce mal a pour nom et identité : le dictateur Paul Kagame du Rwanda. Il ne faut donc pas continuer à tourner autour du pot !
Emmanuel Neretse
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