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L’Ambassadeur du Rwanda à Bruxelles vient encore de « frapper » !

Olivier Nduhungirehe

Olivier Nduhungirehe

Dans le cadre de son offensive pour faire taire toute voix discordante dans des forums de discussion et sur les réseaux sociaux, le très médiatique représentant du régime de Kigali à Bruxelles Olivier Nduhungirehe, vient d’obtenir qu’un certain Zac Biampa soit bientôt banni de DHR (Democracy and Human Rights), un des forums de discussion les plus fréquentés des exilés rwandais.

Au cours du week-end de fin d’année 2016 et du nouvel an 2017, il y a eu des échanges sur le forum DHR sur le thème du phénomène de « hutu de service ». Ces échanges faisaient échos d’un article qui  venait d’être publié sur le site echosdafrique.com.

Parmi ces messages, on notera celui de l’actuel ambassadeur du Rwanda en Belgique, Olivier Nduhungirehe, dans lequel il entend répondre à l’auteur de l’article qui n’est pas membre de DHR mais en le confondant avec un autre forumiste qui lui est bien sur DHR.

Le Lundi 2 janvier 2017 17h37,
« Olivier Nduhungirehe
oliviernduhungirehe@yahoo.fr
[Democracy_Human_Rights] »
<Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr> a écrit : 

Ignace Rudahunga, 

Le problème n’est pas informatique. La preuve est en que dernièrement, après plus de 24 heures sans voir deux de mes messages apparaître sur DHR, j’ai écrit au Modérateur et mes messages ont subitement été postés!
Quand aux insultes ethnistes, c’est cette expression de « Hutu de service » avec laquelle E. N, vieux ex-FAR déchu, « hors service« , sans avenir et sans espoir, se console derrière son ordinateur. Non seulement Agnes Murebwayire n’a pas condamné cette insulte (vous pouvez à  juste titre me dire qu’elle n’en avait pas l’obligation) mais surtout elle l’a publiquement soutenue jusqu’à l’expliquer, s’adonnant à des comparaisons historiques douteuses.
Je comprends parfaitement la critique politique, même la plus dure et la plus injuste, mais j’ai horreur de ce genre d’attaques personnelles, arrogantes et ethnistes.
Que cela vienne d’E. N, c’est compréhensible. N’a-t-il pas publiquement regretté, ici sur DHR, que « cette Tutsi de Chantal Karara » soit encore « sur cette terre »? Mais qu’Agnes Murebwayire l’ai appuyé, j’en ai pris bonne note.
OJPN
Sent from my iPhone

  (NDLR : En réalité c’est Zac Biampa qui, au cours des échanges avec cette dame, s’était exclamé que l’on dirait que Chantal Karara ne vivrait  point sur cette terre tellement elle semblait ignorer les réalités du terrain).

Le même forumiste  Zac Biampa a naturellement répliqué à cette mise en cause de l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe via les forumistes qui venaient d’échanger avec lui sur ce sujet :

A Murebwayire et I. Rudahunga

Il semble que le « hutu de service » ff d’ambassadeur soit survolté et comme dans un état second, il fait feu de tout bois et tire sur tout ce qui bouge. Mais au passage, il laisse évidemment des perles historiques en absurdité.
Ainsi, il est convaincu et voudrait l’en convaincre d’autres que tout hutu qui ne serait pas « de service » comme lui serait « hors service » ! Pour lui il n’y a que deux catégories de hutu : les « hutu de service » et les hutu « hors service ». Autrement dit hors de la domination tutsi point de vie ni de salut ! De même, il est convaincu que  ceux qu’il considère comme vieux (qui ont l’âge de celui qu’il voudrait faire taire et qu’il nomme dans son posting ), n’ont plus droit à la parole et surtout au débat politique. Mais le rejeton de feu J C Nduhungirehe oublie que beaucoup de ses propres maîtres approchent, ont atteint ou ont dépassé cet âge. Le disant, il risque de se tirer une balle dans les pieds. Voilà un exemple des dégâts que peuvent causer la campagne de déshumanisation entreprise par le FPR dans les têtes de certains cadres hutu faibles d’esprit et psychologiquement  vulnérables comme Olivier Nduhungirehe. C’est malheureux  et regrettable !
Zac

 

Sans tarder le Modérateur de ce forum, visiblement contacté par « Son Excellence », a aussitôt adressé une mise en demeure à Zac Biampa:

Bonjour Zac,
Pour maintenir la qualité élevée du débat,  respectons les règles du jeu notamment le respect mutuel et la tolérance de nos interlocuteurs malgré l’opposition de nos idées et positions politiques.
Évitez les termes blessants inutilement et sans aucun apport à l’évolution des idées politiques dans notre société. Gardons le privilège de la contradiction des débats sur ce forum.
Nous apprenons énormément dans la diversité.
Cet avertissement vaut mise en demeure.
Bonne compréhension
IT

Le condamné Zac Biampa ne pouvait qu’accuser réception après que le couperet soit tombé. Il l’a fait en ces termes :

On Tuesday, January 3, 2017 4:58 PM,
« Zac Biampa zac.biampa@yahoo.fr
[Democracy_Human_Rights] »
<Democracy_Human_Rights@yahoogroupes.fr> wrote:

Dont Acte,

Maître,
Je ne dois plus intervenir dans un débat dans lequel « Son Excellence » l’Ambassadeur est mêlé et souvent en me confondant avec ses contradicteurs éventuels.. Et comme il se mêle de tout, ceci signifie que je dois désormais me taire.« Findifindi » irutwa na « So araroga« .
Bien noté.

Conclusion.

Il semble hélas, que Olivier Nduhungirehe, depuis qu’il est « ambassadeur » à Bruxelles soit en train de convaincre une certaine opinion que certains  principes de savoir vivre ne le concernaient pas  mais surtout  que ses contradicteurs n’avaient  pas le droit de répliquer à ses invectives. Ainsi quand on parle de l’assassinat de son petit frère Janvier par les combattants du FPR en 1994 et que l’on fait remarquer qu’il doit taire ce fait ou acclamer ses assassins  comme gage de son allégeance au régime de Kigali, il crie à une « attaque personnelle » qui ne devrait pas être évoquée dans un débat politique. Par contre, quand lui-même déclare que tel activiste politique de l’opposition devrait se taire car sa femme N. Mu. serai fichée par Kigali comme étant liée à « une organisation terroriste » que constituent   les FDLR, Nduhungirehe se défend de se livrer là à une attaque personnelle contre cet opposant. De même quand il évoque l’âge d’un ancien officier des FAR, âge respectable auquel dans le monde entier les officiers ne sont plus du service actif dans l’armée, pour le qualifier de « hors service » et donc prétendre que celui-ci ne devrait plus émettre aucun avis sur la marche de son pays, il se défend maladroitement de ne pas se livrer là à une attaque personnelle.

Le plus inquiétant est que visiblement sa vision erronée de la façon selon laquelle les débats politiques devraient se dérouler est gobée par certains acteurs, en témoigne la mise en garde adressée à Zac Biampa. Il faudrait  que l’opinion tranche ou alors ce serait encore l’occasion de confirmer les adages rwandais : « Urwishe ya nka, ryuracyayirimo… » ou alors « Uko zivuze niko zitambirwa ».

Jean-Charles Murego

 

 

France-Rwanda. Droit de réponse de Jean-François Dupaquier

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Jean-François Dupaquier/photo France-inter

Je suis mis en cause sur ce site dans un article intitulé « France-Rwanda.  L’escroc Richard Mugenzi reprend du service à Paris ! », signé de M. Emmanuel Neretse. Ce dernier m’associe au portrait et à l’itinéraire d’un tiers, M. Richard Mugenzi, dont il prétend « cerner la personnalité », et qu’il qualifie d’escroc. Je me vois traité de « journaliste corrompu », sans que M. Neretse apporte la moindre preuve de cette allégation. Pour faire bonne mesure, M. Neretse affirme que « le FPR a cherché le concours de son inconditionnel, Monsieur Jean-François  Dupaquier ». Selon M. Neretse, dans des conditions qu’il ne se donne pas la peine de préciser (comment le pourrait-il ?…), j’aurais été « mis en contact » avec cet « escroc » pour « inventer » des « choses » (?) « pour la défense du FPR ». C’est plutôt M. Neretse qui se montre très inventif. Par ce procédé polémique qui s’appelle l’amalgame, il associe les épithètes « d’escroc » et de « journaliste  corrompu » à deux personnes qu’il cherche à discréditer.

L’auteur de l’article aurait trouvé profit à s’interroger sur le sens des termes péjoratifs qu’il se permet d’utiliser contre Richard Mugenzi et moi-même, alors qu’il nous présente insidieusement comme des complices, dans un objectif de stigmatisation.

Des termes péjoratifs

Selon le dictionnaire Le Petit Robert, le nom « escroc » caractérise « une personne qui escroque », ce qui renvoie au verbe « escroquer » ainsi défini : « Tirer profit par fourberie, par manœuvre frauduleuse ». Le Petit Robert précise que « l’escroquerie est un délit qui consiste à s’approprier  le bien d’autrui en usant de moyens frauduleux ».

Je vois mal quel bien j’aurais cherché à m’approprier. A l’évidence, le mot escroquerie a été employé de façon erronée par l’auteur de l’article, car il parle un peu plus loin d’un « escroc malgré lui ». Or l’escroquerie est un délit intentionnel, marqué par la volonté sournoise de nuire à autrui pour en tirer bénéfice. Parler « d’escroc malgré lui » est donc une expression aberrante, même si l’on voit bien que M. Neretse tente, par cet artifice, d’établir une gradation de culpabilité. Je serais un « corrompu » et mon complice un « escroc malgré lui ». D’une certaine façon, ma victime.

A l’évidence, le mot « escroquerie » a été employé de façon erronée

Que veut donc dire l’auteur de l’article en me qualifiant de « journaliste  corrompu » ? Selon le « Dictionnaire culturel de la langue française » des Ed. Robert, l’adjectif « corrompu » désigne quelque chose ou quelqu’un « altéré, en décomposition », synonyme de « dépravé, dissolu, vénal, vendu », etc. Journaliste viscéralement attaché à l’indépendance et à la qualité de l’information, je ne peux que m’élever contre une accusation aussi grave, portée sans la moindre preuve. Je m’interroge sur ses motivations.

L’adjectif employé par M. Neretse mériterait un minimum d’explications. Faute de quoi cette formulation peut apparaître comme un procédé littéraire dissimulant une vacuité  d’argumentation.

Lire attentivement  l’article de M. Neretse permet de comprendre l’intention insidieuse de discréditer le livre que j’ai écrit et publié en 2010 avec le concours de M. Richard Mugenzi : « L’Agenda du génocide. Le témoignage de Richard Mugenzi, ex-espion rwandais ». J’y ai longuement évoqué le parcours professionnel de Richard Mugenzi en m’appuyant non seulement sur ses déclarations,  mais aussi sur les témoignages d’officiers supérieurs rwandais et français dans différentes instances judiciaires,  et sur des comptes-rendus d’audiences devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). M. Neretse, prétend « avoir recueilli (sur M. Richard Mugenzi) les témoignages de ceux qui furent ses chefs hiérarchiques ». Or il ne fait que paraphraser plusieurs pages de mon livre, en y ajoutant des commentaires personnels que je me contenterai de qualifier d’erronés et orientés. La narration par M. Neretse des événements des 6 et 7 avril est particulièrement biaisée. Ici encore, les lecteurs pourront se référer à mon livre.

L’intention insidieuse de nuire à mon livre « L’Agenda du génocide »

Quoi que prétende M. Neretse, l’analyse documentée que j’apporte des désinformations opérées depuis Gisenyi les 6 et 7 avril pour faire croire à la responsabilité du FPR dans l’attentat, a été confirmée par les juges d’instruction Nathalie Poux et Marc Trévidic, aussi bien à travers leur audition de Richard Mugenzi que par les autres investigations menées sous la direction de ces deux magistrats impartiaux et expérimentés du pôle antiterroriste du Tribunal de Grande Instance de Paris. Chacun peut se référer à l’expertise balistique de l’attentat qu’ils ont ordonnée et qui est accessible sur internet.

Il n’est nul besoin de « reniement », ni de devoir avancer « des choses invraisemblables » pour faire comprendre que le FPR n’a pas abattu l’avion du président Habyarimana. En 2014, vingt ans plus tard, toute personne de bonne foi et informée a dorénavant compris que l’attentat du 6 avril fut commis à l’instigation d’extrémistes hutu partisans de la « solution finale du problème tutsi ». Cet attentat servit de signal pour déclencher le génocide des Tutsi du Rwanda et le massacre politique des Hutu démocrates, complot ourdi au Rwanda depuis fin 1992 ou début 1993.

L’attentat du 6 avril 1994 fut commis à l’instigation d’extrémistes hutu de la « solution finale du problème tutsi »

Comme l’enquête balistique (que refusait d’effectuer le juge Bruguière) l’a définitivement démontré, les missiles ayant abattu l’avion sont partis du camp militaire Kanombe, tenu par des extrémistes hutu, ou de ses abords immédiats, que contrôlaient les mêmes individus. On ignore toujours l’identité des tireurs.

Cependant, il existe aujourd’hui un lourd faisceau d’indices conduisant à penser que des politiques, des militaires et/ou des mercenaires français sont compromis dans cet attentat.

Après de nombreuses enquêtes sur le terrain, je partage avec l’immense majorité des journalistes la conclusion que l’Elysée a commandité au Rwanda une intervention anachronique, politiquement aberrante, impliquant des unités militaires françaises, dépêchées dans ce pays entre 1990 et 1994 dans une complicité de fait avec la préparation puis la perpétration du génocide des Tutsi.

J’ajoute qu’après la quasi destruction des Tutsi du Rwanda, la prise en otage de la population restante, poussée de force au Zaïre, par l’armée et les milices génocidaires mises en déroutes par le FPR, a été la cause d’immenses souffrances pour une masse de Hutu qui n’étaient pas « génocidaires » et que certains continuent à vouloir manipuler.

D’immenses souffrances pour une masse de Hutu qui n’étaient pas « génocidaires »

S’ajoutant au génocide des Tutsi, au massacre politique des Hutu démocrates, cette tragédie devrait inciter tout observateur à faire preuve de prudence dans ses commentaires, et à éviter de remplacer l’argumentation par l’invective. Argumenter, c’est avancer à pas prudents dans la recherche de la vérité en posant de véritables preuves, susceptibles d’emporter la conviction (l’expression « pièces à conviction » me semble assez claire), et non pas remplacer la construction de la vérité par des attaques ad hominem.

Les « gros mensonges » allégués par M. Neretse ne sont pas ceux qu’il prétend. En ce mois de septembre 2014, je comprends que certains soient inquiets du fait que les juges Nathalie Poux et Marc Trévidic s’apprêtent à clôturer leur instruction. Cet ultime épisode pourrait conduire le Parquet de Paris à requérir une ordonnance de non-lieu au bénéfice des proches du président Kagame qui ont été mis en cause dans l’attentat du 6 avril 1994 au terme d’une manipulation du juge Bruguière. Il y a de solides raisons de penser que les juges Nathalie Poux et Marc Trévidic signeront bientôt cette ordonnance de non lieu général. C’est un véritable château de cartes qui devrait s’effondrer sous le souffle de la vérité. Me qualifier de « journaliste corrompu » et traiter mon témoin d’ « escroc » pour occulter le fait que j’écris la vérité, est un artifice polémique qui ne peut convaincre personne.
Comment tirer des leçons du passé pour pouvoir se rassurer : « Plus jamais ça » ? Interrogée par l’écrivain Jean Hatzfeld, une agricultrice de Nyamata énonce : « L’intention est plus forte que le meurtre car l’intention survit quand le génocide est fini ».
Puisse chacun y réfléchir.

Jean-François  DUPAQUIER
Ecrivain, journaliste, témoin expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda

 

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Lire également l’article mis en cause :

France-Rwanda. L’escroc Richard Mugenzi reprend du service à…Paris !

 

Source : musabyimana.net

« Rwanda, 20 ans de pouvoir du FPR. Quel bilan ? » Recension de Nicaise Kibel’Bel Oka

Nicaise Kibel Bel'Oka, photo reveil-fm.com

Nicaise Kibel Bel’Oka, photo reveil-fm.com

Rwanda, 20 ans de pouvoir du FPR. Quel bilan ?
de Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse aux Editions Scribe

« Les autorités du FPR n’ont cessé de mener une campagne médiatique pour sensibiliser la communauté  nationale et internationale à collaborer à un projet de réconciliation nationale. Force est de constater 20 ans viennent de s’écouler  et que le FPR n’a jamais honnêtement créé des conditions pour une véritable réconciliation nationale ni même la réconciliation du Rwanda avec  l’étranger. Les initiatives prises actuellement par le FPR pour la réconciliation nationale paraissent inappropriées pour rapprocher les communautés rwandaises». Pages 137-38. Depuis 1994, le peuple rwandais croupit sous une dictature implacable instaurée par un groupe des Tutsi venus de l’Ouganda. Ainsi tous les leviers de tous les  pouvoirs (politique, militaire, judiciaire, économique…) sont tenus par les Tutsi venus de l’Ouganda. Cette situation catastrophique est vécue par le peuple rwandais au vu et au su de la « communauté internationale ». Aveuglement quand tu nous tiens!

Les 20 ans du génocide des Tutsi ont été célébrés avec faste au Rwanda. Avec faste car dans cette célébration, il y avait ceux qui, dans le douloureux souvenir, cherchaient comment panser les plaies d’une telle tragédie dans une réconciliation de tous les Rwandais, et d’autres, ceux qui versaient les larmes de crocodile, cherchant à travers des boucs émissaires à se faire une conscience tranquille. Ceux-là, peu nombreux, les hommes forts du régime actuel, construisent dans l’exclusion et dans la chasse aux Hutu. Lors de cette cérémonie à Kigali, et pour donner la preuve d’un pouvoir sans partager et aux abois, d’un pouvoir paranoîaque, 4 personnes ont été arrêtées et inculpées de terrorisme.  Voilà, hélas, le tableau apocalyptique du Rwanda que certains médias et spécialistes occidentaux de la région des Grands lacs africains ne perçoivent pas encore et qu’ils magnifient à longueur des journées, vingt ans après. Avec le régime Kagame, ils reviennent sans cesse à la théorie du « bon et du mauvais Rwandais », faisant que les « victimes des massacres de l’APR sont pour la plupart les gens d’une seule et même ethnie : les Hutu », page 274.

Le régime Kagame a instauré un programme politique  néfaste par nature  qui sape les fondements  même de la nation rwandaise. En effet, à travers  une campagne baptisée « Ndi umunyarwanda » consistant à la demande du pardon public des Hutu aux Tutsi pour le crime de génocide et qui considère tout hutu comme génocidaire, Paul Kagame établit une hiérarchisation entre les Rwandais faisant des Hutu des citoyens de seconde zone alors qu’ au Rwanda et dans les pays voisins du Rwanda se commet une sorte de « génocide rampant »dont l’ampleur des massacres étonne le silence de la communauté internationale. A force de parler du génocide des Tutsi excluant ceux des Hutu « modérés » qui y ont péri, on contribue à créer davantage un fossé car demain, si l’on prenait le temps de faire une comptabilité macabre pour les Hutu tués au Rwanda et en RDC, pour les Congolais massacrés par les sbires du régime, rien ne dit qu’on ne parlera pas de « génocide » d’autres ethnies et peuples commis par le régime FPR.

Deux Rwandais, Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse, ont le mérite d’y penser jusque dans les petits détails et dans tous les domaines de la vie au pays des Mille collines, sans faux-fuyant et avec objectivité et tout le sérieux possible dans le seul but de montrer à la face du monde la gangrène qui ronge le Rwanda et si possible, d’y réfléchir afin d’amener le peuple du Rwanda à une véritable réconciliation avec son histoire et avec soi-même. Au Rwanda, 20 ans après, la justice est minée par l’immixtion du FPR et par la délation à travers l’association Ibuka ; la magistrature est dans l’étau du pouvoir. La justice, on le sait bien, élève une nation. Or, Kagame a bâti son régime sur la  tutsisation de la justice et l’épuration ethnique dans la magistrature, faisant de l’exclusion des Hutu un système de gouvernement : « le kitchen cabinet » du président Kagame ne regroupe que des Tutsi, essentiellement d’origine ougandaise, présents à tous les niveaux de prise de décisions et de l’accaparement de richesses du Rwanda » à travers une armée hypertrophiée et monoethnique  dont la quasi-totalité des officiers supérieurs sont d’ethnie tutsi.  Kagame a anéanti, de ce fait, tous les opposants politiques et a banni toute critique d’où qu’elle vienne. Il a construit un Etat policier dont les services de sécurité sont impliqués dans des crimes politiques et crapuleux.

Du point de vue économique, on ne cesse de vanter les performances économiques extraordinaires réalisées par le régime Kagame jusqu’à parler du « miracle » rwandais. « Certains illuminés vont jusqu’à appeler le Rwanda de Paul Kagame le « Singapour des Grands Lacs », la capitale Kigali, seule vitrine à travers laquelle les étrangers sont autorisés à imaginer le Rwanda, est habitée en majorité par l’élitedes « returnees », les autres Rwandais en sont exclus sous divers prétextes». Les deux auteurs soulignent des performances économiques en demi-teinte qui ne mettent pas tout le monde d’accord. Car, « d’aucuns louent les progrès de ce pays en termes d’infrastructures, de développement économique, de sécurité sociale et même de politique de réconciliation ; d’autres dénoncent l’abandon des zones rurales, la corruption, l’absence de liberté et le climat de répression, ainsi que le fossé grandissant entre les riches et les pauvres . ( …) ce développement  relatif est accompagné de trop d’effets pervers importants… » pages 312-13

Le régime du FPR recourt à l’affichage d’une performance économique prétendument exceptionnelle. Cette situation d’illusion ne durera pas éternellement, écrivent les auteurs, car l’économie rwandaise est en effet marquée par une grande inégalité, des taux débiteurs très élevés( 16%),  des guerres contre des voisins qui entravent une véritable coopération régionale, une éducation discriminatoire et en grande partie de mauvaise qualité et une très forte dépendance de l’aide extérieure. Une telle économie ne peut garantir une croissance soutenue ni un développement endogène et durable. Une analyse à mi-parcours montre que «  la vision 2020 » est un leurre mal parti, concluent les auteurs de cette chirurgie du régime Kagame. La vision 2020 paraît plutôt comme un slogan. Sans la confiance entre les diverses composantes de la population, sans la liberté d’association et d’entreprise, sans la paix avec les voisins, sans politique appropriée, ce rêve demeurera imaginaire ou un autre moyen de manipuler l’opinion internationale. Page 328

Enfin, on ne peut pas parler du Rwanda sans faire allusion aux déplacés et/ou réfugiés, ce nouveau groupe social de sans terre. La spoliation des terres cultivables, l’absence d’une perspective de survie  cimentent la haine et la violence, l’envoi forcé d’une jeunesse pour se battre hors de ses territoires, la destruction délibérée des cultures par l’armée soi-disant à la recherche des infiltrés, l’institution de la monoculture etc,  contribue à la discrimination ethnique et donc, à l’exil forcé et/ou voulu  de nombreux Rwandais. Toutes ces irrégularités criantes cataloguées et dénoncées dans cet ouvrage contrastent avec la magnificence du régime Kagame durant ces 20 ans par  certains spécialistes auto proclamés de la région des Grands Lacs africains. Ce tableau ainsi peint pour un régime dictatorial qui cause autant de souffrances à son peuple qu’à ses voisins, on est en droit de se demander pourquoi la communauté internationale reste « aveuglée » face aux crimes qui se commettent sous sa barbe. Le livre de Gaspard Musabyimana et Emmanuel Neretse doit être lu, consulté et enseigné afin que la vérité qu’on tente de cacher triomphe et que la justice, base d’une réconciliation véritable, amène la paix au Rwanda et dans la région. Ce livre, il faut le lire et le faire lire car il parle avec des mots simples et sans rancune. Vingt ans de pouvoir FPR, que d’opportunités gaspillées ? Vingt ans de pouvoir FPR, le bilan est en déça des attentes, et donc, cruellement négatif.

Nicaise Kibel’Bel Oka
Journaliste et écrivain

Journaliste congolais (RDC), Nicaise Kibel Bel’Oka est éditeur du bimensuel « Les Coulisses ». Il est Lauréat 2009 du prix CNN de la liberté de la presse en Afrique.

Mise au point d’Emmanuel Neretse sur ses contacts avec les officiels rwandais

Dans un article publié le 25 octobre 2011, nous révélions à nos lecteurs que nous avions été en contact avec certains hauts gradés de l’actuelle armée rwandaise, RDF. Nous promettions à la même occasion d’intégrer, quand ils sont connus, leurs points de vue dans les analyses que nous allions continuer de publier sur nos sites sur la situation au Rwanda. Nous avons en effet, par souci d’honnêteté intellectuelle, accédé à leur demande : celle de nous donner eux aussi, quand c’est possible, leur version des faits relevés dans nos articles.  C’est le seul engagement que nous avons pris. C’est ainsi que le premier article de la série était consacré à la gestion de l’après guerre et a rendu compte de la version du régime sur la question des retenues obligatoires sur soldes effectuées sur chaque militaire. Vous avez, nous l’espérons, pu lire leur point de vue à ce sujet.

Comme toujours en pareils circonstances, à certains « on leur montre la lune et ils regardent le doigt… ». Ceux qui exigent que les noms des personnes que nous avons rencontrées et l’endroit où nous nous sommes vus leur soient révélés, resteront certainement sur leur faim car nous sommes tenus par le « gentleman agreement » que nous avons conclu avec nos interlocuteurs. Etant parmi les rares Rwandais en exil qui osent révéler leurs contacts avec les officiels de Kigali, nous respecterons quant à nous, notre parole au risque de décevoir ceux qui veulent tout savoir sur tout.

Par contre, pour ceux qui s’intéressent à l’essentiel, nous continuerons de leur fournir des analyses politiques en y intégrant aussi, dans la mesure du possible, les points de vue de Kigali.

Emmanuel Neretse

Peut-on établir un parallèle entre les Forces Armées Rwandaises et Rwanda Defense Forces?

livre d'Emmanuel Neretse

A l’occasion du 49è anniversaire de l’indépendance du Rwanda, Léon De Paeuw et Emmanuel Neretse ont tenu ce vendredi 01 juillet 2011 une conférence sur le thème : « De la garde Nationale (GN) à la défaite des Forces Armées rwandaise (FAR) : 1960-1994 ».

Léon De Paeuw, qui fut le tout premier Commandant de l’Ecole d’Officiers de Kigali de 1960 à 1963, a parlé du contexte dans lequel la Garde Nationale fut créée et spécialement du recrutement et de la formation des premiers officiers rwandais.  Emmanuel Neretse a, quant à lui, en tant qu’ancien officier des FAR, passé en revue l’action de la Garde Nationale dans la consolidation des acquis de la révolution de 1959, les événements qui ont précédé et qui ont suivi le coup d’Etat de 1973 jusqu’au début de la guerre déclenchée par les éléments rwandais de l’armée régulière ougandaise en octobre 1990. Cette guerre, qui a duré presque quatre ans, se soldera par la défaite des FAR et la reconquête militaire du pays par les descendants des réfugiés de 1959 qui entre temps s’étaient engagés dans l’armée régulière ougandaise.

Cette armée de conquête a mené les opérations sous l’appellation de « Armée Patriotique Rwandaise : APR ». Après la prise de Kigali en juillet 1994 et la défaite totale des FAR, elle devint de facto l’armée nationale du Rwanda. Quelques années plus tard, après la consolidation du pouvoir politique émanant de lui, ce corps expéditionnaire se donnera le nom de « Rwanda Defense Forces : RDF ».

Les débats au cours de la conférence ont mis en exergue deux interrogations qui restent récurrentes dans bon nombre de discussions sur ce thème. D’abord, il s’agit d’expliquer le pourquoi du déséquilibre régional en faveur du Nord qui a été observé dès les premiers recrutements au sein de la Garde Nationale et qui se serait maintenu au sein des FAR jusqu’à leur défaite, tout comme l’accusation d’avoir été une armée « mono ethnique hutu ». Ensuite, comment expliquer que les FAR, qui avaient toujours eu la confiance et l’admiration du peuple, furent subitement vaincues par une armée d’invasion venue d’Ouganda ? Quelles furent les raisons de cette défaite ?

En ce qui concerne le déséquilibre régional dans le recrutements des premiers éléments, Léon De Paeuw a bien expliqué qu’il a eu toute les peines du monde pour avoir 7 candidats officiers qui remplissaient les conditions pour entrer à l’Ecole d’Officiers. A la première annonce, trois se sont présentés spontanément. Il a dû aller dans une école à Nyanza où il a eu deux candidats et à Astrida où il a déniché deux autres. Le hasard a fait que sur les 7 candidats officiers, 5 étaient originaires du Nord (Ruhengeri, Gisenyi) et deux de Kigali dont un Tutsi. La deuxième promotion fut recrutée plus facilement grâce à la rencontre que le Commandant De Paeuw avait faite avec un religieux, l’abbé Naveau.  Celui-ci organisait, pendant les grandes vacances, des congrès des étudiants du supérieur et des finalistes du secondaire. Il profita donc du congrès qui se tenait à Nemba (Ruhengeri) pour aller recruter et 10 candidats se présentèrent pour la 2° promotion en 1961. La 3° promotion fut recrutée dans les mêmes circonstances en 1962. Cette fois-ci, ce furent 13 jeunes qui acceptèrent d’embrasser la carrière des armes.

En complément, le colonel Laurent Serubuga, ancien chef d’Etat-major de l’Armée et lui même recruté dans la deuxième promotion, souligna que l’effet d’entraînement peut expliquer le fait que les jeunes originaires du nord ont été plus intéressés à la carrière d’officiers mais qu’il n’y avait aucune volonté politique.

Contrairement aux idées reçues, il n’y avait aucune directive qui interdisait le recrutement des Tutsi dans l’armée et d’ailleurs ils y étaient en nombre. Ici, il y a lieu de citer les statistiques établies par l’ancien ministre de la Défense James Gasana dans son livre « Du Partri Etat à l’Etat Garnison, Paris, l’Harmattan, 2002″.  On y lit à la page 33 : « …les FAR comptaient parmi elles plusieurs officiers tutsi :1 colonel, 2 lieutenant- colonels, 7 majors dont 2 gendarmes et un pilote, 1 commandant, 6 capitaines dont 2 gendarmes, plus ou moins 20 lieutenants et sous-lieutenants ».

Pour expliquer les raisons possibles de la défaite des FAR, Emmanuel Neretse revint sur ce qu’il avait écrit dans son livre « Grandeur et décadence des Forces Armées Rwandaise » (Ed. Sources du Nil, Lille, 2010). Il a d’abord fait remarquer que la guerre englobe plusieurs secteurs de la vie nationale et qu’il ne faut pas seulement se focaliser sur les opérations militaires. Pour gagner la guerre, les domaines comme la diplomatie, l’économie, la politique, les médias, etc. doivent y contribuer énormément. La défaite (ou la victoire) est donc la résultante de tous ces vecteurs qui ont un rôle à jouer.

En ce qui concerne les FAR, il a estimé que celles-ci n’étaient pas préparées pour mener une guerre moderne contre une puissance comme l’Ouganda et ne s’étaient donc pas développées et équipées en conséquence. De plus, quelques erreurs dans le management du personnel se révéleront des tendons d’Achille des FAR. Enfin, sur le plan de la motivation et de la morale, une armée classique créée le plus régulièrement du monde par les autorités politiques d’un pays est toujours plus vulnérable à la démoralisation et à la démotivation qu’une armée issue d’une guérilla. En effet, dans le premier cas, l’armée est constituée et est mise à la disposition du pouvoir politique qui doit lui donner des missions souvent adaptables selon les situations. Dans le cas de l’armée d’une guérilla, il y a d’abord une cause, et un objectif politique à atteindre et ceux qui en décident en donnent les moyes pour l’atteindre dont un outil militaire : l’armée. Celui qui y entre est donc avant tout un militant d’une cause politique contrairement à un soldat d’une armée classique qui est un citoyen ordinaire à la disposition des instances politiques pour des tâches particulières.

Il est tentant de faire un parallélisme entre les FAR et leurs tombeurs, les RDF.

Les FAR ont été accusées, en leur temps, d’être « mono ethnique » car elles n’étaient constituées que de Hutu. Ceci n’est pas tout à fait vrai puisque la proportion des Tutsi au sein des FAR dépassait de loin celle généralement observée dans les autres secteurs d’activités (Fonction Publique, enseignement, secteur privé, …) à savoir plus de 30%. Au contraire, les RDF sont par essence « monoethniques » même si cela peut s’expliquer par l’histoire. En effet, les éléments rwandais de l’armée régulière de l’Ouganda qui ont envahi le Rwanda en 1990 étaient presque tous tutsi. Ceci explique pourquoi sur la centaine de généraux, on ne compte que 2 ou 3 hutu eux aussi récupérés à grande peine chez les ex-FAR. Chez les hommes de troupes aussi, les RDF rechignent à incorporer des Hutu pour ne pas  « se faire doubler ». Conséquence : une armée dont le commandement est exclusivement tutsi, une troupe à 80% tutsi. On ne peut pas trouver d’équivalent en matière de déséquilibre ethnique dans le monde.

Une autre accusation  « phare » contre les FAR est qu’elles étaient dominées par les gens du Nord, notamment de Gisenyi et Ruhengeri. C’est un slogan politique et un cliché qui a la vie dure comme tous les clichés. Certes les premiers officiers étaient en majorité originaire du nord comme on l’a vu, mais la tendance avait était inversée dès le début des années 80. Chez les RDF, la notion de région se traduit par les pays d’où sont venus les anciens réfugiés tutsi. Ainsi cinq principales régions sont considérées : l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya, le Burundi, la RDC et enfin ceux qui étaient au Rwanda avant 1990. C’est dans cet ordre que ces régions sont cotées en importance. Ainsi, un officier venu d’Ouganda sera toujours plus important que celui venu du Burundi tandis que celui-ci sera quand même plus grand que celui qui n’a vécu qu’au Rwanda avant de regagner le maquis. Sur ce point, les RDF sont nettement minées par le régionalisme que les FAR.

Cette conférence aura permis de tordre le coup aux allégations selon lesquelles le recrutement des premiers officiers rwandais s’est fait sur base régionale, ce qui aurait jeté les bases de l’une des plaies qui continue de gangrener la société rwandaise. Ceux qui se sont déplacés pour écouter Léon De Paeuw et Emmanuel Neretse n’ont pas perdu leur temps : ils sont rentrés ravis.

Gaspard Musabyimana
Echos d’Afrique

 

Rwanda : Tom Ndahiro pratique le terrorisme plus que ceux dont il l’accuse.

Tom Ndahiro - photo The New Times /Kigali

Tom Ndahiro est le Conseiller en communication du président Paul Kagame. Comme journaliste, il veille à mettre au pas la presse locale et à manipuler ou acheter la presse internationale. Comme écrivain, il a pour mission de faire une critique littéraire sans concession des parutions critiquant le régime et au besoin à publier des livres reprenant la propagande du régime. Mais comme membre du petit cercle au sein du FPR qui détient tous les pouvoirs au Rwanda, il s’emploie régulièrement à accuser de tous les maux les opposants ou les journalistes jugés trop critiques au régime ou tout simplement ceux qui osent dénoncer ouvertement la nature dictatoriale du régime Kagame.

C’est ainsi que dernièrement il a violement attaqué deux prêtres catholiques les pères Thomas Nahimana et Fortunatus Rudakemwa en les qualifiant de « divisionistes », des nouveaux « CDR », etc. parce que ces religieux avaient osé mettre au grand jour la souffrance de la population rwandaise infligée par le FPR à travers leur site web www.leprophete.fr. Tom Ndahiro a, pas la même occasion demandé à l’Evêque de Cyangungu dont dépendent ces prêtres de se désolidariser publiquement d’eux.

Le 5 mai 2011, Tom Ndahiro a récidivé en publiant une liste de ceux qu’il souhaiterait que le monde considère comme des « terroristes ». Voulant rebondir sur l’exécution d’Oussama Bin Laden, Tom Ndahiro a publié dans le journal pro-FPR  « The New Times » du 5 mai 2011 un article intitulé : « Rwanda : Al « Qaeda Boss Dead, As Rwanda Terrorists And Genocidaires Enjoy Impunity ». Se félicitant da la disparition de l’ennemi public numéro un des USA, Tom Ndahiro regrettait que les « Bin Laden du Rwanda » courraient toujours. Autrement dit que tous ceux qu’il allait donner des noms devraient subir le même son que le chef d’Al Qaeda.

C’est alors que dans une amalgame incroyable il a cité des personnes recherchées par le TPIR et encore en cavale, des personnes recherchées par le FPR mais qui sont décédées, un détenu qui attend son procès en France, un commandant d’un groupe armé basé en RDC, un des leaders d’un parti d’opposition vivant en Europe et deux dirigeants d’un parti d’opposition vivant aux Etats Unis. Et au milieu, Tom Nbahiro a glissé le nom d’un écrivain et journaliste indépendant vivant en Belgique depuis plusieurs années : Emmanuel Neretse. Rien sauf la mauvaise foi et une tentative d’intimidation ne peut expliquer comment Emmanuel Neretse pourrait être associé à l’une ou l’autre de ces catégories que Tom Ndahiro vise.

  1. Personnes recherchées par le TPIR : La liste des personnes encore recherchées par le TPIR est publique et Emmanurel Neretse n’y figure pas. En plus, il a été à Arusha à plusieurs reprises pour témoigner dans différents procès. Il a toujours témoigné à visage découvert et en son véritable nom. Comment Tom Ndahiro peut-il l’inclure parmi les personnes recherchées par le même TPIR ?
  2. Les groupes armés en RDC : Emmanuel Neretse a quitté l’ex-Zaïre en décembre 1994 et n’y a jamais remis les pieds. De même il n’a entretenu aucun contact de quelque nature que ce soit avec quiconque vivrait en RDC. Comme Tom Ndahiro peut-il oser coller son nom à côté du Commandant d’un groupe armé basé en RDC ?
  3. Les partis politiques en exil : Emmanuel Neretse vit en Belgique depuis plus de13 ans où il partage son temps libre entre l’écriture et l’animation socio-culturelle. Il n’a jamais adhéré à aucun parti politique parmi ceux qui sont nés en exil et ne milite dans aucune association à caractère politique. Comment Tom Ndahiro peut-il se permettre de juxtaposer son nom à ceux des leaders des partis ayant pignon sur rue comme le RUD ou les FDU ?

La seule explication

Depuis quelques années, Emmanuel Neretse, comme journaliste indépendant, publie des articles sur plusieurs supports médiatiques et dans des périodiques spécialisés. Ces articles, qui sont souvent des analyses de la situation socio-politique du Rwanda, ne sont pas toujours du goût du régime, et d’ailleurs il n’a pas hésité à le lui faire savoir. En effet E. Neretse a reçu plusieurs menaces, directes ou indirectes, comme quoi il devait cesser de publier des articles critiques au régime. Le régime, incarné dans ce domaine par Tom Ndahiro, semble être sorti de ses gonds après la sortie du dernier livre d’Emmanuel Neretse « Grandeur et décadence des Forces Armées Rwandaises » (Editions Sources du Nil, avril 2010). Les écrits de Tom Ndahiro devraient être pris pour ce qu’ils sont : des mensonges et calomnies destinés à déstabiliser ceux qui n’épousent pas les causes du régime dictatorial. En sortant le nom d’Emmanuel Neretse parmi les « terroristes » selon Saint Tom, et cela après plusieurs tentatives de le faire taire par des intimidations exercées auprès des siens encore au Rwanda ou directement sur lui, Ndahiro entendait abattre sa dernière carte pour que Neretse se résout à casser sa plume ! C’est sans compter avec la ténacité de ce vieux routier qui ne se sent aussi fort que dans la diversité. Neretse continuera donc à écrire sur la situation politique de son pays et mettra désormais un point d’honneur à dénoncer, en temps réel, les manœuvres du vrai « terroriste » Tom Ndahiro. Qu’il le tienne pour dit.
Jane Mugeni
EdA Press