Rwanda : Pourquoi le président Kagame ne peut-il être que violent ?

Parmi les Chefs d’Etats modernes, le général Paul Kagame du Rwanda se distingue par sa violence tant verbale, psychologique et même physique d’une rare intensité. Son passé de garçon de rue, de mercenaire dans l’armée ougandaise et de maquisard peut expliquer son comportement pathologique.

Violence verbale

Dans tous ses discours, Kagame s’en prend à ses opposants ou même aux étrangers dans des termes indignes d’un Chef d’Etat.
Le 31 mars 2003, à Bwisige, il a juré de « broyer », d’« écarteler » quiconque va se dresser sur son chemin. Aloys Ruyenzi, un officier de sa garde rapprochée, ne croyait pas si bien dire. Il a accusé le général Paul Kagame, d’être monté sur une jeep de son escorte, à Muhura (Byumba) et d’avoir tiré sur une foule paisible de paysans rassemblés sur un marché.

Le 07/04/2008, dans son discours, Kagame a qualifié de « prostitués » les juges français J.L. Bruguière et espagnol Fernando Merelles car ils avaient lancé des mandats d’arrêts contre un certain nombre d’officiers rwandais pour leur rôle présumé dans des crimes contre l’humanité. Après la fuite du Colonel Patrick Karegeya, qui était en charge des services de renseignements extérieurs, Paul Kagame l’a qualifié, en novembre 2007, de « nothing » et de « useless ». En avril 2010, il a qualifié son opposante Victoire Ingabire de « hooligan ». Le 20/12/2010, dans son discours d’ouverture aux Assises du Dialogue national à Kigali, il a qualifié ses opposants politiques et les pays qui les soutiennent de « vauriens ». Et il a été applaudi !

Depuis 2010, après la défection de certains de ses anciens compagnons à savoir le général Kayumba Nyamwasa, le colonel Patrick Karegeya, Dr Rudasingwa Théogène et Gerald Gahima, il est monté au créneau pour les insulter et a ainsi introduit dans le vocabulaire rwandais un terme actuellement prisé à Kigali : « Ibigarasha » (des gens sans valeur), et les a même qualifiés publiquement « d’excréments humains » sous les applaudissements nourris des membres du gouvernement et du parlement soumis à lui.

Violence psychologique

Sur ce chapitre où il excelle, peu d’anecdotes sont connues du public mais celles qui ont filtré sont assez significatives. A une député membre d’une commission parlementaire qui lui rapportait que la situation des détenus était catastrophique, Kagame, qui ne voulait pas entendre ce langage et qui avait déjà décidé du sort de cette parlementaire lui a lancé « …c’est connu que vous avez été mal éduqué… ». La malheureuse n’a eu d’autre solution que de s’exiler. Lors d’une réunion des officiers, il n’a pas hésité à menacer publiquement le major Gérard Ntashamaje en ces termes : « Ton ventre bedonnant est comme un ballon. Il suffit d’y enfoncer une petite aiguille pour le dégonfler ! ».  Le malheureux comprit et prit fuite. Une dame haut placée déjà sur la sellette a eu la malheureuse inspiration de répliquer à une remarque de Kagame envers ses propos en disant : « Monsieur le président, vous m’avez mal compris ». Kagame a alors explosé en déclarant que pour la première fois de sa vie quelqu’un ose lui dire qu’il ne saisit pas bien ce qu’on lui dit. Et d’ajouter que même sa mère ne lui avait jamais dit cela. Ainsi la tentative de la pauvre dame de préciser son idéé fut transformée en crime abominable. Le lendemain elle s’exila. On se souviendra aussi des paroles que Kagame a prononcées à l’adresse de Kayumba-Nyamwasa en disant que ce dernier était un crapaud et que lui, Kagame, était un camion. Ainsi, le camion est appelé à écraser le crapaud et poursuivre sa route.

Violence physique

La presse rapporte que l’ex-ambassadeur en Afrique du Sud Mr Karegyesa a été giflé publiquement en février 2011 à Gisenyi avant d’être limogé. Tous ceux qui ont connu le pouvoir de Kagame de l’intérieur savent que tous ses collaborateurs, du ministre au garde du corps en passant par les officiers de l’armée, sont tous régulièrement soumis à la claque ou à la bastonnade par Kagame lui-même. Il paraît que le seul officier qui ait osé lui dire qu’il ne se laisserait pas frapper par lui est Kayumba Nyamwasa d’où son limogeage et la mise à prix de sa tête.

D’où lui vient cette violence ?

Kagame a grandi en Ouganda où il a vécu misérablement comme garçon de rue avant de s’enrôler dans la rébellion de Yoweri Museveni début des années 80. Comme tel, pour lui, la violence physique (arracher un sac à une vieille dame et s’en fuir, tuer un membre d’un gang rival,…) fait partie de ses valeurs. Il a ensuite passé la plus grande partie de sa jeunesse dans le maquis. D’abord en Ouganda  de 1982 à 1986, où il a participé à la prise du pouvoir dans ce pays par Museveni. Il a ensuite participé à la campagne de répression contre les populations du Nord de l’Ouganda jusqu’en 1989. Il était qualifié de « Pilato » (Ponce Pilate) allusion à sa méchanceté et à ses condamnations suivies immédiatement d’exécutions sans état d’âme quand il était chef des renseignements militaires de l’armée ougandaise.

Le cas « Kagame » est donc un cas pathologique qui malheureusement vient encore noircir le tableau des dirigeants malades que l’Afrique ne devrait pas mériter.

Jane Mugeni
EdA Press

 

 

 

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